PFMP ET CRISE SANITAIRE, C'EST LA FOIRE !

PFMP ET CRISE SANITAIRE, C'EST LA FOIRE !

PFMP ET CRISE SANITAIRE, C'EST LA FOIRE !


Aïssam Krouna,
Responsable PLP Snalc Créteil
plp@snalc.fr
Le 22 octobre 2020

Après le communiqué de l’intersyndical à propos des organisations des PFMP, le SNALC insiste sur plusieurs points évoqués dans cette FAQ ministérielle.
Ces nouvelles dispositions, avec des solutions prétendues pragmatiques face aux difficultés économiques liées au contexte sanitaire, ne sont en réalité que de basses manœuvres visant à déstructurer le lycée professionnel, s’inscrivant dans un projet de réformes plus global.
 
Si le constat économique et social est bien réel, il n’en reste pas moins un état de fait inacceptable. Les propositions viennent entériner cet état de fait par une demande d’adaptation toujours croissante et sans contrepartie des élèves et des professeurs. Or le premier devoir du gouvernement est de combattre cette situation, non de s’en accommoder.
Au plus fort de la crise, le président Macron annonça que des aides allaient être mises en place pour les entreprises. Si des aides ont bien été proposées, force est de constater qu’elles n’ont pas été suffisantes pour maintenir l’activité économique dans toutes les zones du territoire. Cette question de l’organisation des PFMP, doit s’inscrire dans une politique de relance économique du gouvernement.
Le SNALC ne peut qu'encourager ces aides afin que ces entreprises d’accueil de nos élèves en stage continuent leur activité. L’Etat et les collectivités territoriales doivent accompagner et aider les entreprises qui effectuent des missions de service public.
Ce problème des PFMP ne doit donc pas être circonscrit aux simples établissements, il doit faire l’objet d’une politique économique, sociale et éducative coordonnée et globale.
Le SNALC rappelle que les modalités des PFMP doivent être déterminées et votées en CA. C’est à ce moment que l’on officialise les propositions d’organisation, de calendrier et d’encadrement des stages et non pas le conseil pédagogique ni le DDFPT seul.
 
Aprés enquête, le SNALC constate qu'encore des établissements ne possèdent aucun fichier recensant tous les différents organismes d’accueil pour les élèves.
Le SNALC propose un référencement systématique des lieux de PFMP et leur conservation, au niveau académique. Ceci permettrait à tous les élèves, années après années, de trouver des lieux de stages plus aisément et un lien privilégié LP-entreprises.
La difficulté de trouver un stage, activités et distance géographique s’accrut en cette période sanitaire. Alors une généralisation des remboursements des transports et des repas durant la PFMP. faciliterait la recherche de stages ou PFMP pour les élèves.
 
Les velléités gouvernementales centrées uniquement sur une flexibilité de l’emploi du temps mettent à mal le dispositif des PFMP. 
La « souplesse » évoquée est en réalité une désorganisation totale des enseignements au sein de l’établissement.
Le départ « au fil de l’eau » ne pourra pas être compensé, et toute absence d’un élève ne sera en réalité pas rattrapée. Les enseignements au sein de l’établissement suivent une progression impossible à respecter si des élèves partent successivement, seuls ou en petit groupe, sur de nombreuses semaines.
Ces périodes de PFMP nécessitent également des préparations, puis des suivis, Les visites de suivi de stages et d’évaluations formatives concernent tous les enseignants référents de la division. Seules les visites d’évaluations certificatives sont réalisées par le PLP de spécialité.
Avec la réforme de la voie pro il n’y a plus de visites certificatives en 1ère année de formation. La visite de stage ne peut être faite que si un ordre de mission a été fourni aux enseignants référents de la division. Ce qui ne pourra pas être effectué si l’enseignant référent est lui-même en service auprès d’autres élèves à poursuivre son programme. Des compétences doivent être acquises par les élèves avant de se rendre en milieu professionnel. Celles-ci peuvent ne pas l’avoir été si les périodes de stage ne sont pas clairement définies.
Nos élèves ont également besoin d’un cadre, surtout pour les plus fragiles. Donner la possibilité de partir à tout moment est impossible pour ces élèves qui ont besoin de repères et de rituels après une longue période d’inactivité scolaire.
Le SNALC défend les ORS des PLP en matière de suivi de stage de tous les élèves d’une même classe en même temps et surtout pas en demi groupe.

La demande d’adaptation à un contexte économique difficile est en réalité un mouvement de fond qui impose à l’école une soumission toujours plus grande aux contraintes du marché.
Les nombreuses réformes et les différents changements opérés ces dernières années dans l’éducation nationale, mais également dans les services publics en général, ne sont qu’une mise en conformité de l’institution scolaire avec la demande des entreprises et la contrainte d’une économie capitaliste mondialisée.
Il faut être rentable et efficace, l’école ne peut pas échapper à ce mouvement. Tous les savoirs qui ne seraient pas directement profitables sur le marché de l’emploi sont peu à peu évacués. C’est le cas notamment avec la diminution du nombre d’heures d’enseignement général en lycée professionnel.
Cette école à la carte promue par ces propositions « d’aménagement » en FAQ, n’est en réalité qu’une volonté discrète mais bien à l’œuvre de détruire le lycée professionnel, pour le restructurer sur le modèle des CFA.
Le SNALC refuse toute privatisation rampante de la voie professionnelle et du système scolaire en général.
Il est temps que les professeurs de LP rejoignent le SNALC, syndicat qui défend le métier de professeur de lycée professionnel en faisant abstraction de toute idéologie politique.
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