SALE TEMPS POUR LES PLP

SALE TEMPS POUR LES PLP

SALE TEMPS POUR LES PLP


Valérie Lejeune-Lambert,
Responsable PLP Snalc versailles
plp@snalc.fr
Le 22 octobre 2020

La publication courant septembre 2020 du rapport « Conséquences financières de la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle »[1] de IGAS-IGF éclaire crument les conséquences attendues de cette réforme sur le nombre de postes de PLP. Ces préconisations sont à mettre en perspective avec les réformes engagées par le ministère de l’éducation nationale : inclusion de l’apprentissage dans les missions du Greta et création d’Unité de Formation des Apprentis dans chaque LP. Plus récemment, la formule « tout ou partie à distance » qui s’applique, depuis la loi « Liberté de choisir son avenir professionnel », à l’apprentissage et à la formation continue, concerne également la voie scolaire.
 
1 850 postes de PLP supprimés.
 
L’’Inspection Générale des Affaires Sociales et l’Inspection Générale des Finances proposent de redéployer une partie du budget de l’Éducation nationale vers l’apprentissage. Sur la base d’un déport vers l’apprentissage d’une partie des effectifs attendus dans les lycées professionnels, elles chiffrent les moyens économisés à 1 850 ETP.
Enfin, un rapport officiel, expose clairement les effets attendus du développement de l’apprentissage dans les EPLE. Depuis mai 2018, le Snalc n’a eu de cesse d’interpeller le ministère sur les conditions concrètes de mise en œuvre de la mixité des publics et son impact sur les emplois et le statut des PLP. À ce jour, aucune réponse n’a été apportée par le ministère et le vrai faux Vademecum « Développer l’apprentissage dans les EPLE » [2] de juillet 2019 a été retiré à la hâte par la Dgesco qui s’est bien gardée d’en publier un nouveau.

Et pour ceux qui restent, ils auront à gérer un public sans limite d’âge ni d’effectifs.

Comme toujours, c’est l’apprentissage jugé positif par l’opinion publique et paré de toutes les vertus qui sert de cheval de Troie. Peu importe que le déport vers l’apprentissage des jeunes se concrétise par la signature de contrats d’apprentissage. Le statut fourre-tout de stagiaire de la formation professionnelle, prendra le relais.

Notre ministère, depuis le lancement de la Transformation de la Voie Professionnelle en mai 2018, adopte la politique des petits pas. La mixité des parcours scolaire et apprentissage est devenue la mixité de tous les publics, pudiquement dénommée par Jean Michel Blanquer « décloisonnement », lors de la réunion de clôture du Comité de Suivi de la TVP, en juin 2020. Le « pas de cloison entre les différents modes d’alternance » du ministre résonne encore plus fortement avec l’apparition du terme hybridation apparu dans les hypothèses de continuité pédagogique liées à la crise sanitaire actuelle qui abat cette fois-ci les cloisons de la salle classe et qui bien qu’apparue sous couvert de la Covid 19 semble bien devoir s’installer définitivement pour la voie scolaire[3].

Enfin, l’individualisation, the last but not the least, élément de langage de notre ministère, permet non seulement de rendre cohérent le raisonnement fallacieux de notre employeur mais renvoie, dès à présent, aux PLP l’entière responsabilité de la piètre qualité des formations délivrées dans ces conditions qui font fi des caractéristiques spécifiques des « apprenants » en voie professionnelle. Nos publics en LP ne sont pas des séniors avides de savoirs inscrits volontairement aux universités du troisième âge. La Dgesco pousse même le concept d’individualisation jusqu’à l’organisation des PFMP[4] qui pourraient se faire « au fil de l’eau »… au mépris de nos statuts[5].
 
Sans aucune compensation financière.
 
De plus, le rapport de l’IGAS-IGF, cite une seconde source d’économie substantielle : la mise en œuvre de la minoration des coûts contrat, lorsqu’il existe d’autres sources de financement public comme le prévoit la loi « Liberté de choisir son avenir professionnel ». La minoration envisagée serait de 50 % voire de 75 %. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur la surémunération proposées actuellement uniquement par certaines académies (voir article sur la mixité des publics dans l’académie d’Amiens) en cas de mixité des publics. Pour cette question aussi notre ministère est resté sourd à nos demandes de cadrage national.
 
Les revendications du Snalc
 
Le Snalc s’est toujours opposée à la mixité des publics. Mais à présent, couplée à l’hybridation et la pseudo individualisation, il est temps que le ministère réponde clairement à la question « Combien d’apprenants maximum doit-on suivre individuellement par heure de service ? ».
 
[1] Conséquences financières de la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle 
[2] Vademecum « Développer l’apprentissage dans les EPLE »
[3] L’enseignement hybride
[4] FAQ Informations complémentaires pour la scolarité des élèves de la voie professionnelle en 2020/21
[5] Communiqué Intersyndical FAQ PMFP https://www.snalc.fr/national/article/6003/


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