faut-il repousser la date de la rentrée ?

faut-il repousser la date de la rentrée ?





RENTRÉE 2020


faut-il repousser la date de la rentrée ?





Entretien réalisé par François Clauss • Le 20 août 2020 dans l'émission "Votre grand journal du soir" (18-19h) sur EUROPE 1


Jean-Rémi Girard, président du SNALC, intervient à partir de 30:30 :






A 10 jours de la rentrée scolaire, sur fond de l’accélération du virus : faut-il repousser la date de la rentrée ?

Avec Jean-Rémi Girard, professeur de français au lycée et président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC) et Rodrigo Arenas, président de la FCPE, fédération de parents d'élèves




EXTRAITS

Citation:

Europe 1: Qu’attendez-vous du ministre de l’EN qui s’exprime ce soir à propos de la rentrée ?
SNALC : On attend des annonces fortes sur l’adaptation du protocole sanitaire à la situation au regard des derniers éléments du Conseil scientifique et du Haut Conseil de Santé publique qui disent des choses très précises sur les aérosols et la nécessité des masques, ce qui n’est pas le cas pour le moment.

Europe 1: Qu’attendez-vous comme corrections ? est-ce que le protocole actuel est obsolète ?
SNALC : Actuellement, le principe du protocole suppose de respecter la distanciation sociale quand on le peut, ce qui est impossible dans la plupart des classes si on accueille tout le monde : dans ces cas-là, on doit porter le masque, sauf l’enseignant s’il est à plus d’un mètre des élèves. Ça, c’est obsolète et le protocole doit évoluer. Avec le ministère du travail, les mesures sont fortes et contraignantes ; on comprendrait mal que des parents se retrouvent à porter le masque dans des open-spaces au travail et que leurs enfants en collège ou lycée ne le portent pas dans les salles de classe.

Europe 1: Sentez-vous la « machine » de l’EN se mettre en branle pour une sorte de plan Marshall dans les jours qui viennent avant la rentrée ?
SNALC : Pas du tout. Tout ce qu’on a proposé, par exemple la mise à disposition des lieux autres que les salles de classe ou les domiciles, n’a pas avancé. On n’a pas non plus recruté d’enseignants en plus dans le second degré, on a même dégradé le taux d’accueil. On n’a pas mis un centime de plus dans cette rentrée scolaire : pas de plan de recrutement non plus alors que des contractuels étaient admissibles et qu’on aurait pu tous les embaucher… Mais ça coûtait de l’argent et dès que quelque chose a un coût, cela devient infaisable.

Europe 1: Faut-il repousser cette rentrée ?
SNALC : Non. On a entendu cette proposition mais le SNALC n’est pas d’accord. On a perdu de vue certains élèves depuis très longtemps. Ce n’est pas une semaine à discuter les uns avec les autres sans avoir les moyens humains et matériels qui va permettre de faire évoluer la situation. Les enfants ont envie de retourner à l’école et les professeurs ont envie de leur faire cours.

Europe 1: Si on arrive à une solution de bon sens : par exemple, on accueille la moitié des classes, que fait-on de l’autre moitié ? A-t-on les moyens pour une telle solution ?
SNALC : On n’a pas les moyens. La solution « mixte » (moitié en présence, moitié à distance, dans le même temps) est celle que l’on a le plus de mal à organiser. On peut faire « tous les élèves présents en même temps », mais ce n’est probablement pas raisonnable sanitairement ; on peut faire « tous à distance », on l’a fait pendant deux mois, ce qui n’est pas idéal et parfois éprouvant pour les parents quand ils sont à la maison. Mais on ne peut pas faire de solution mixte : un professeur des écoles sera lui toute la semaine en classe, alors qui s’occupera des enfants à la maison ? On n’a pas tant de remplaçants qui seraient désœuvrés : on aurait besoin de 60 ou 70% de professeurs en plus pour réaliser ça. On va « se débrouiller », « bricoler » …

Europe 1: Qu’attendez-vous prioritairement du ministre ce soir à la TV ?
SNALC : On attend des moyens financiers et humains pour pouvoir faire éventuellement de l’enseignement à distance dans de bonnes conditions, un protocole à la hauteur de ce qui se fait partout ailleurs, une clarification sur la situation des personnels « à risques », très inquiets quand ils sont au contact des enfants comme les AESH par exemple.






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Ecouter le podcast en ligne sur le site d'Europe 1
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