LE DÉCROCHAGE PROFESSIONNEL

LE DÉCROCHAGE PROFESSIONNEL

VOIE PROFESSIONNELLE



LE DÉCROCHAGE PROFESSIONNEL







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Par Guillaume Lefèvre, secrétaire national chargé de l'enseignement professionnel. Article publié le 3 juillet 2020, paru dans la QU1443 du 10 juillet 2020.


La crise sanitaire et le confinement ont pénalisé durement les élèves de la voie professionnelle. Ce constat est unanime et exprimé par le ministre lui même. La continuité pédagogique et le professionnalisme des PLP n’ont pas suffi pour lutter contre le décrochage scolaire.

En effet, ces élèves déjà en difficulté, victimes de la réforme de la voie professionnelle par la perte d’heures de pratiques et de disciplinaires, ont subi la fracture numérique renforçant les inégalités.

Le ministre a déclaré que la voie professionnelle et la lutte contre le décrochage scolaire étaient la priorité. Le SNALC demande que les actes suivent le discours officiel. Jusqu’à présent, rien n’est fait pour permettre aux élèves de lycée professionnel de réussir.

Le constat de la première année de l’application de la réforme est catastrophique !

La cointervention et le chef d’œuvre ont imputé des heures qui servaient à former efficacement et diminuer le décrochage scolaire des élèves avec du suivi pédagogique, de la pratique et de l’aide individualisée. Ces deux dispositifs sont une contrainte qui déprofessionnalise la formation (classe entière et peu de pratique). Cette évolution est amplifiée par les familles de métiers. Les spécificités des formations sont vidées de leur sens en regroupant des compétences de métiers différents abordées superficiellement. Cette logique de famille de métiers démotive les élèves qui sont davantage orientés par défaut. Lorsqu’un élève veut faire de la maçonnerie, il ne veut pas faire de la peinture en bâtiment.

Ainsi, supprimer les dispositifs introduits par la réforme de la voie professionnelle, remettre en question les familles de métiers et redonner du temps à l’enseignement disciplinaire avec des classes dédoublées sont la solution.

Afin de garantir une solution à tous les élèves, il est obligatoire d’augmenter les capacités d’accueil dans de nombreuses filières. Mais cette augmentation nécessite des créations de postes qui permettront aux nombreux contractuels expérimentés dans la voie pro d’être titularisés, ce que la réforme de la voie pro ne permet pas.

C’est pourquoi le SNALC exige du ministre pour la rentrée un engagement et des moyens pour la voie professionnelle qui confirmeraient qu’elle est "sa priorité".
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