CAPN 2020: ACCÈS À LA CHAIRE SUPÉRIEURE et à l'échelon spécial

CAPN 2020: ACCÈS À LA CHAIRE SUPÉRIEURE et à l'échelon spécial

PROFESSEURS DE CHAIRE SUPÉRIEURE



ACCÈS À LA CHAIRE SUPÉRIEURE

ACCÈS À L’ÉCHELON SPÉCIAL




COMPTE RENDU DES CAPN

des 24 et 25 juin 2020





© iStock - Lisa-Blue

Article à paraître dans la Quinzaine universitaire n°1443,
Par Christophe REPPLINGER, commissaire paritaire national chaire supérieure
29 juin 2020



ACCÈS À LA CHAIRE SUPÉRIEURE


Cette CAPN a été particulièrement marquée par des interrogations sur l’attractivité du corps de chaires supérieures. De plus en plus de collègues, en effet, refusent cette promotion, préférant accéder à la classe exceptionnelle des agrégés. Il est statistiquement plus probable d’atteindre la hors échelle B en restant dans le corps des agrégés qu’en étant dans le corps des chaires supérieures. Dans ce contexte, dans certaines disciplines, les Inspecteurs Généraux ont décidé de revoir leurs critères : ainsi en allemand, où il était de tradition de ne nommer que des collègues au dernier échelon de la hors classe, des collègues aux échelons 9, 10 et 11 ont été proposés en liste complémentaire.

Il y avait cette année 3695 promouvables pour 141 proposés et 51 sur liste complémentaire. L’âge moyen des promouvables est de 44 ans, celui des proposés 47 ans (avec de très fortes disparités entre disciplines : 39 ans en économie-gestion, 56 ans en allemand). Les femmes représentent 40% des proposés, contre 38,7% des promouvables.

Les critères sont assez semblables d’une discipline à l’autre, même s’il peut y avoir quelques spécificités : l’excellence scientifique et pédagogique attestée par des rendez-vous de carrière ou des visites conseil, le rayonnement et l’investissement à toutes les échelles du système éducatif (investissement dans l’établissement, dans la promotion de la discipline au niveau académique ou national, participation à des actions de formation, publications), l’ancienneté dans la fonction (au moins 10 ans en anglais, au moins 4 ans en économie-gestion) et/ou dans le corps (dans la plupart des disciplines, il faut être au moins au 9e échelon). Il faut ajouter à cela des critères plus globaux ou collectifs : équilibre homme / femme, équilibre territorial, équilibre interne pour les disciplines plurielles (histoire-géographie, physique-chimie, lettres modernes et classiques).

Les collègues proposés en liste complémentaires peuvent être nommés en cours d’année si des collègues proposés en liste principale renoncent à leur promotion. Sinon, ils remontent logiquement tout en haut de la liste principale l’année suivante, sauf en philosophie, où les cartes sont totalement rebattues chaque année




ACCÈS À L’ÉCHELON SPÉCIAL


Les promotions à l’échelon spécial sont toujours extrêmement peu nombreuses. Il y avait cette année 1239 promouvables pour 109 proposés. L’âge moyen des promouvables est de 58 ans, celui des proposés 62,7 ans.

Les critères retenus par l’ensemble des disciplines sont : l’excellence du parcours et la qualité de l’investissement, l’ancienneté, l’équilibre homme / femme (le ratio est de 64 /36 parmi les promouvables, 59,5 : 40,5 parmi les promus), l’équilibre entre les différentes disciplines.
L’Inspection Générale indique que les collègues ont intérêt à se manifester auprès d’elle au moins deux ans en amont de la date envisagée pour un départ à la retraite. Un rendez-vous pourra être proposé pour faire le point



Citation:

Commission d’accès au corps des professeurs de chaire supérieure

Déclaration du SNALC
24 juin 2020

Le SNALC réaffirme son attachement au corps des professeurs de chaire supérieure et continue d’être opposé à l’accès au corps selon un barème. Même si parfois le choix fait par l’Inspection Générale ne nous paraît pas être le meilleur, nous nous en remettons à sa compétence spécifique dans le domaine d’évaluation des collègues et nous reconnaissons que l’accès à la chaire supérieure récompense un investissement significatif en CPGE qui ne serait pas forcément reconnu par les critères d'un barème, notamment quand un collègue assure un remplacement au pied levé, voit son service redéfini pour le bon fonctionnement des classes au niveau local, relève une classe en difficulté, assume l'enseignement de l'informatique ou d'autres fonctions dans l'établissement, ainsi que les activités de participation aux jurys de concours ou le fait de faire rayonner sa matière d’enseignement. Ces critères, explicités depuis de nombreuses années par l’Inspection Générale, présentent le double avantage de la clarté et de la stabilité. Au contraire, un barème semblable à celui qui est pratiqué pour l’accès à la classe exceptionnelle des agrégés conférerait un pouvoir important aux recteurs, au détriment de l’expertise de l’Inspection Générale qui inspecte, nomme et promeut ainsi de façon homogène l’ensemble des collègues et ce, de leur recrutement en CPGE à leur promotion dans le corps des professeurs de chaire supérieure. Nous continuons de penser que l’évaluation et la promotion des collègues en CPGE doivent reposer davantage sur des critères pédagogiques et académiques que sur un barème extrinsèque aux compétences appréciées par l’Inspection Générale.

Toujours en ce qui concerne l’accès au corps, le SNALC est opposé à ce que l'inscription sur la liste d'aptitude se fasse sur acte de candidature, car cela favoriserait les collègues initiés à la bonne gestion de leur carrière par rapport à d’autres qui pensent avant tout à travailler pour le bien de leurs étudiants. En revanche, étant donnés les problèmes induits par la création de l’échelon spécial, trop difficile d’accès par rapport à la classe exceptionnelle des professeurs agrégés et au contingentement trop restreint, le SNALC fait observer que certains collègues ont déjà refusé d’accéder au corps pour ces raisons et s’étonne qu’une promotion s’accompagne ainsi, pour certains collègues, d’un préjudice financier. C’est pourquoi le SNALC souhaiterait que le contingentement de l’accès à l’échelon spécial soit augmenté et que les collègues puissent continuer à pouvoir refuser leur accès au corps et soient informés des conséquences en termes de carrière, à savoir les grilles de rémunération et les accès à la classe exceptionnelle et à l'échelon spécial avec à chaque fois les pourcentages d'accès par rapport à l’ensemble des promouvables. Le but est que les collègues puissent décider en connaissance de cause si, au regard de leur âge, de leur discipline, de leur ancienneté en CPGE, de leur nombre d’heures complémentaires, l’accès à la chaire supérieure est avantageux pour eux ou non. Le seul fait que cette question se pose depuis la création laborieuse de cet échelon spécial est la preuve manifeste que le corps des professeurs de chaire supérieure a été fragilisé par le manque de considération du ministère à son égard durant ces dernières années.

Le SNALC souhaite également rappeler le cas des professeurs d’économie-gestion nommés en classe de DCG, qui n’ont toujours pas accès à la chaire supérieure et qui ne font plus partie du 1er vivier pour l’accès à la classe exceptionnelle des agrégés. Les collègues de DCG devraient pouvoir avoir accès aux mêmes promotions et dans les mêmes conditions que leurs collègues aux qualifications comparables exerçant en classes préparatoires ECT, D1 ou D2.

En ce qui concerne l’échelon spécial, le SNALC réclame la constitution d’une liste complémentaire dans chaque discipline car des possibilités de promotion sont perdues chaque année. En effet, en ne nommant que des collègues proches de la retraite, avec des départs en retraite le 1er septembre la proportion réelle de collègue en HeB resterait bien inférieure au taux de 10% en routine. En effet, dans le cas extrême où 100 % des collègues sont nommés au 1er septembre de l'année n et prennent leur retraite au 1er septembre de l'année n + 1, ils bénéficient de leur promotion pour une année mais la gèlent en réalité pour deux. Il faudrait, pour donner plus de consistance au corps, à la fois nommer des collègues bien avant la retraite et établir une liste complémentaire pour une promotion aux 1er octobre, 1er novembre et 1er décembre. Enfin le SNALC s’étonne de voir parmi les promus des collègues ayant déclaré leur départ en retraite et n’ayant pas l’intention de rester en poste les 6 mois nécessaires pour que cette promotion ait une incidence sur leur pension. Quelques rares collègues font valoir qu’ils attendent leur promotion pour faire valoir leurs droits à pension, d’autres qu’ils prolongeront exceptionnellement de 6 mois leur activité en cas de promotion, tous se plaignent du manque de visibilité où ils se trouvent. Nous attirons simplement l’attention de l’Inspection Générale sur les difficultés de gestion du mouvement qu’induiraient des demandes de départs en retraite annulées au dernier moment pour ces raisons.

Depuis la disparition du groupe de travail consacré au mouvement spécifique en CPGE, nous n’avons plus que ce contact avec les Inspections Générales. Nous profitons de cette commission pour faire observer que les collègues se plaignent de ne pas avoir de retour au sujet de leur demande de nomination en CPGE : certaines Inspections ont même fait savoir aux collègues persévérants que les conseils donnés par le SNALC n’étaient pas raisonnables et que l’Inspection ne pouvait pas répondre nominativement à tous. Ces réponses, ainsi que les silences laissés pour toute réponse à de très nombreux les collègues, sont en totale contradiction avec l’assurance qui nous avait été donnée, dans cette même commission, que l’Inspection Générale prendrait la mesure de ses nouvelles responsabilités dans l’information des collègues. Le SNALC depuis de nombreuses années essaie de tenir une position qu’il estime raisonnable en exerçant une fonction de représentation, de vigilance et de proposition constructive. Les propos que nous rapportons ici ne nous semblent ni raisonnables ni dignes de l’institution en laquelle nous croyons. Semblablement, de nombreux collègues écrivent à l’Inspection Générale pour être inspectés en vue de faire le point sur leur dossier et avoir une visibilité sur le déroulement de leur carrière : ils n’ont trop souvent ni réponse ni même d’accusé de réception de leur demande. Est-ce là une demande déraisonnable ? Sans parler des rendez-vous de carrière que les Inspecteurs Généraux n’honorent pas systématiquement en personne – y compris pour des personnels déjà en poste en CPGE – qu’en est-il du souhait légitime des collègues d’être inspectés pour avoir un retour compétent et circonstancié sur leur demande à enseigner en CPGE ? Est-ce là encore déraisonnable ? On le voit, d’un bout à l’autre de la carrière, de la nomination en CPGE à la promotion à l’échelon spécial de la chaire supérieure, c’est l’opacité qui semble désormais prévaloir et nous le regrettons vivement.







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