Vers un assouplissement des règles sanitaires à l'école

Vers un assouplissement des règles sanitaires à l'école





Vers un assouplissement


des règles sanitaires


à l'école en France





Par Florent Guignard • Publié le : 08/06/2020 sur RFI.fr







80 % des écoles en France ont rouvert leurs portes. Mais seulement 20 % des élèves ont retrouvé leurs professeurs et leurs camarades, souvent pour quelques jours par semaine uniquement. Les règles sanitaires à l’école pourraient être allégées d’ici fin juin, notamment pour « les repas, les récréations ou le sport », estime dans le Journal du dimanche le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. Une mesure qui serait la bienvenue, selon les associations de parents d'élèves. Si l'assouplissement est envisageable, c'est parce que le virus circule moins, mais aussi parce qu'on sait maintenant que les enfants sont moins contaminants que les adultes.

Avec Jean-Rémi Girard, professeur de français au lycée et président du syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC).



Citation:

RFI : Partagez-vous la recommandations de Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, pour alléger les règles sanitaires maintenant sans attendre la rentrée de septembre ?
SNALC : Vous avez bien fait de préciser que cette proposition vient du "président" du Conseil scientifique ; le Conseil scientifique lui-même a rendu un avis écrit qui n'envisageait d'alléger le protocole qu'à la rentrée de septembre et non d'ici la fin de l'année scolaire, ce qui montre bien qu'on est toujours dans une période extrêmement compliquée, pour les personnels, pour les parents et les élèves. D'un jour à l'autre, on entend tout et son contraire, ordre et contre ordre. Il est difficile de savoir à quel saint se vouer, savoir si ce q'on a mis en place avec beaucoup de travail une semaine sera valable la suivante. Je rappelle qu'il ne reste au mieux que 4 semaines de cours...

RFI : ...donc ça ne sert à rien de changer maintenant ?
SNALC : ça n'a pas d'intérêt majeur. ça a pris du temps et demandé des échanges de mettre en place les protocoles d'accueil dans les établissements. Quel intérêt de tout refaire à présent ? ça montre en revanche que le problème de départ repose que le volontariat des familles qui fait qu'on ne peut accueillir les élèves qu'un jour sur deux, voire sur trois. Si on avait mis des critères de priorisation d'accueil très clairs, on accueillerait certains enfants tous les jours, et d'autres pas du tout, mais ce serait plus simple que de vouloir accueillir tout le monde un peu mais qui ne présente aucun intérêt pédagogique.

RFI : vous parlez de "volontariat" des familles : n'y a-t-il aussi le "volontariat" des professeurs ? On rapporte le cas d'écoles fermées par décisions du directeur ou de la directrice...
SNALC : Le directeur n'a pas le droit de fermer une école, donc c'est faux. Il n'en a pas le pouvoir. Éventuellement l’inspecteur. Et encore, c'est plutôt le directeur des services départementaux qui pourrait le faire. En revanche, ce que l'on voit, c'est que les taux de reprise en présence des enseignants, comparés à ceux des élèves qui reviennent, sont supérieurs. Le taux d'encadrement est bien meilleur qu'en temps normal : on a plus de professeurs par élèves en présence, qui sont là pour accueillir uniquement 22% des élèves.

RFI : à quoi ressemble une journée type pour ces élèves qui viennent à l'école ? est-ce que les enseignants ont les moyens de vérifier que les règles sont respectées ?
SNALC : je ne vais pas vous résumer les 60 pages du protocole sanitaire - que les enseignants n'ont pas choisi mais tentent d'appliquer au mieux. Globalement on y arrive à peu près car justement il n'y a pas trop d'élèves. C'est difficile avec le respect des distances physiques dans tous les lieux de l'école et à tous les moments. Mais le problème aujourd'hui, c'est que la majeure partie des élèves restent à distance et du coup, on a beaucoup moins d'enseignants disponibles à distance pour s'occuper d'eux. On a d'un côté des parents qui voudraient que les enfants reprennent mais ne peuvent pas et cela n'est pas dû à une "mauvaise volonté" des enseignants qui n'y sont pour rien : c'est une application normale du protocole. Et d'un autre côté, il y a beaucoup d'enfant à distance qui finalement disposent d'une continuité pédagogique assez inférieure à celle qu'ils avaient en période de confinement.

RFI : avez-vous des nouvelles de ces élèves ?
SNALC : on a perdu trace d'un certain % d'élèves pendant le confinement : les décrocheurs sont très rarement ceux qui ont raccroché et sont revenus en présence. Ce sont des élèves très encadrés par leur famille qui reviennent. On a toujours une difficulté à avoir le contact avec ces élèves. Un décrochage est lié à beaucoup de raisons en temps normal et l'école n'arrivera pas à le faire raccrocher au mois de juin.

RFI : quel regard portez-vous sur la gestion de cette crise par votre ministre Jean-Michel Blanquer ?
SNALC : ça a été très compliqué, on a eu beaucoup d’annonces et de contre annonces, on a eu une communication très forte du ministre, qui s'est parfois accroché sur des points mineurs, tel que l'oral de l'épreuve de français du baccalauréat : ça a pris un temps infini avant de se rendre compte que les élèves n'étaient pas prêts pour le présenter. Là-dessus, dans le dialogue en amont avec les organisations syndicales unanimes qui étaient plutôt dans une démarche constructives de propositions pour trouver des solutions, s'est retrouvé en porte-à-faux face à une communication très forte, changeante, difficile à suivre.






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