Métier et statuts : qui vous a vraiment défendu ?

Métier et statuts : qui vous a vraiment défendu ?

Métier et statuts : qui vous a vraiment défendu ?



Le 12 février dernier a eu lieu la dernière réunion de négociation sur les métiers des professeurs du second degré, qui vise à aboutir à une réécriture des décrets de 1950.


Fallait-il réécrire les décrets de 1950 ?


Les propositions du ministère, applicables en 2015, présentent de très nombreux points positifs qu'il serait suicidaire de nier. Rappelons que les décrets de 1950, que d'aucuns ont complètement mythifiés, sont en fait très fragiles car ils constituent un cadre complètement dérogatoire au cadre général, et couvrent de nombreuses situations qui n'existent plus et ne disent rien de disciplines, de tâches qui n'existaient pas à l'époque. En fait, il s'est instauré une forme de « droit coutumier », fondé sur l'habitude plutôt que sur la lettre du texte. Autant dire que quiconque de mal intentionné qui voudrait subitement attaquer nos statuts aurait un boulevard juridique qui s'ouvrirait devant lui. Ceux qui prétendent vous défendre sur le seul mot d'ordre de « pas touche aux décrets de 50 » préparent en fait votre enterrement demain, sachez-le. Les nouveaux textes s'inscrivent dans le cadre législatif général, prennent en compte l'ensemble des disciplines et des tâches des professeurs, et seront juridiquement inattaquables.

Pour autant, il ne s'agissait pas de réécrire n'importe comment. Le SNALC, loin des rumeurs propagées par certains (sur l'« annualisation » des services, sur la « territorialisation » du métier, sur le spectre de la « bivalence »), a œuvré sur les textes et négocié pied à pied pour les rendre conforme à vos attentes et pour obtenir toutes les garanties.

Il faut donc le dire clairement :

Les maxima de service hebdomadaires sont maintenus (c'est écrit !),
Tous les statuts nationaux sont conservés,
La monovalence est réaffirmée, et même plus fortement qu'auparavant (ainsi il est clairement écrit que l'on ne pourra faire un complément de service dans une autre discipline que sur la base du volontariat),
• Professeurs de Physique Chimie et de SVT, votre heure de vaisselle est maintenue,
• Professeurs de toutes les disciplines, on vous rémunérera enfin votre travail de coordination,
• Professeurs qui travaillez souvent en groupes à faibles effectifs, la majoration d'une heure est supprimée.


Le SNALC, le seul à s'être battu jusqu'au bout


Tableau idyllique, alors ? Pas exactement. L'action d'un syndicat, selon nous, est de défendre les intérêts matériels et moraux de tous les personnels, et c'est ce que nous avons fait. Car si de nombreux collègues vont bénéficier du nouveau système de pondération (voir encadré), certains vont y perdre. Et c'est pourquoi le SNALC a porté des revendications fortes (voir tableau et encadré ci-dessous) et des demandes précises, ce qu'il a été le seul à faire ! Pour information, sur la question de la pondération, le SNES-FSU a déclaré qu'ils avaient « l'ambition que personne n'y perde », mais qu'on y verrait « plus clair après avoir appliqué la nouvelle disposition » ! Étrange conception de la négociation où l'on accepte la perte de pouvoir d'achat a priori pour éventuellement la signaler une fois le texte gravé dans le marbre ! Le SNALC, lui, défend un syndicalisme de proposition et de protection, et ne joue pas à cogérer le système.



Jean-Rémi Girard
Secrétaire national à la pédagogie







Première chaire : ce qui change, ce qui reste



L'attribution actuelle de l'heure de première chaire donne aujourd'hui de plus en plus souvent lieu à contestation, notamment sur la question des « séries parallèles » (même programme, même horaire et même coefficient) et du statut des heures d'accompagnement personnalisé. Les règles d'attribution ne sont pas toujours les mêmes d'une académie à l'autre, et l'application stricte des décrets de 1950 pourrait bien surprendre en mal un certain nombre de collègues.

Le nouveau système propose une pondération de 1,1 pour chaque heure (y compris les heures d'accompagnement personnalisé, donc) effectuée dans le cycle terminal. Il est difficile à l'heure actuelle de déterminer comment les équipes vont pouvoir optimiser ce nouveau système, mais il est certain qu'il y aura des gagnants et des perdants. Pour cette raison, le SNALC a demandé une pondération de 1,2, qui assurerait qu'aucun collègue ne perdrait d'argent.

Les professeurs d'EPS et ceux exerçant en lycée professionnel ne sont toujours pas concernés. Toutefois, les professeurs d'EPS toucheront désormais une indemnité spécifique s'ils effectuent au moins 6 heures devant les classes de première et terminale générales, technologiques et professionnelles, et les classes de terminale CAP. Quant aux professeurs exerçant dans la voie professionnelle, ils toucheront une indemnité dans les mêmes conditions, qui remplacera l'indemnité relative au Contrôle en Cours de Formation. Le SNALC a demandé qu'ils bénéficient eux aussi de la pondération, car le lycée professionnel n'est pas un sous-lycée.

Une pondération de 1,1 est également prévu pour les professeurs exerçant dans les établissements les plus difficiles (100 établissements dès 2014), sur toutes les heures. Le SNALC a écrit au ministre pour demander que les projets d'inclure des heures de réunions hebdomadaires obligatoires à l'emploi du temps des collègues (au prétexte d'utiliser les heures « libérées » par cette pondération) soient immédiatement abandonnés !


JRG
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