À PARTIR DU 11, ENCORE PLUS RISQUÉ POUR LES AESH !

À PARTIR DU 11, ENCORE PLUS RISQUÉ POUR LES AESH !

À PARTIR DU 11, ENCORE PLUS RISQUÉ POUR LES AESH !


Par Danielle ARNAUD,
secrétaire nationale chargée des contractuels,
aesh-avs@snalc.fr,
Le 13 mai 2020


Vous avez été des milliers à répondre à notre enquête « AESH : Le 11, avec ou sans nous ? » diffusée dans notre précédente lettre électronique et nous vous en remercions sincèrement. Le SNALC s’est livré à une analyse de vos réponses et les premiers résultats montrent de manière très significative l’angoisse voire la peur de reprendre le travail en présentiel pour la plupart d’entre vous.
Mais cela s’explique aisément par la spécificité de vos missions et donc l’immense difficulté à exercer votre fonction sans risque face au coronavirus.

Seuls 20% des AESH ont déclaré être prêts à reprendre le travail en présentiel et 91% sont stressés (« Beaucoup » pour 62,6% et « Un peu » pour 28,7%) par la réouverture des établissements scolaires.
Si autant d’AESH sont réticents à reprendre le travail en présentiel, ce n’est pas parce qu’ils refusent de retourner travailler dans les établissements scolaires, c’est parce qu’ils veulent, à très juste titre, ne pas s’exposer, ni exposer leurs proches à un danger, nommé COVID-19.

En effet, pour 88% des AESH, les masques grand public et le gel hydro alcoolique apparaissent indispensables pour reprendre en toute sécurité. Or, seront-ils à disposition des élèves et des personnels en quantité suffisante ? Pour 86%, la désinfection des locaux et des matériels doit être régulière. Compte tenu du nombre d’agents à mobiliser pour réaliser cette désinfection régulière, comment peut-on être assuré qu’elle sera bien effective et efficace ? De même, 77% estiment qu’il doit y avoir possibilité de se laver les mains plusieurs fois par jour. Quand on lit dans le protocole sanitaire des écoles maternelles et élémentaires que le lavage des mains doit être réalisé, a minima à l’arrivée dans l’école ; avant de rentrer en classe, notamment après les récréations ; avant et après chaque repas ; avant d’aller aux toilettes et après y être allé ; après s’être mouché, avoir toussé, avoir éternué ; le soir avant de rentrer chez soi, et bien ça risque de bouchonner sérieusement… Enfin, 73% jugent qu’il faut avoir été testé(e) avant de retourner dans les établissements scolaires. On sait désormais que ce ne sera pas le cas.

Ceci dit, même si on lève les interrogations mentionnées ci-dessus sur les masques, le gel, la désinfection…, vous savez que les élèves en situation de handicap que vous suivez ne pourront pas appliquer les gestes barrières, ni respecter la distanciation physique d’un mètre minimum. 84% d’entre vous en font état.

Par ailleurs, un peu plus de 25% des AESH sont des personnes vulnérables, 32% vivent avec au moins une personne vulnérable et enfin 28% s’occupent d’une ou plusieurs personnes vulnérables, renforçant bien légitimement leur anxiété. Par contre, plus de 50% des AESH pensent ne pas être contactés par leur employeur en cas de vulnérabilité ou au contact de personnes vulnérables. Si on rajoute ceux qui ne savent pas, on n’a plus que 8% des AESH qui pensent être contactés par leur employeur. Par conséquent, il y a encore du chemin à parcourir pour que les AESH fassent enfin partie à part entière de l’équipe éducative…

Pour toutes ces raisons, 85% des AESH étaient favorables à une reprise de l’école uniquement au 1er septembre 2020. D’autant plus que 64% des AESH ne font absolument pas confiance au ministre de l’Éducation nationale pour reprendre le travail en présentiel en toute sécurité. Et le SNALC ne peut que partager leur ressenti.

En effet, depuis l’annonce de la réouverture des écoles, le SNALC n’a cessé d’alerter le Ministère sur la situation très singulière et problématique des AESH. Le SNALC a démontré au ministre que les AESH étaient en incapacité totale de respecter la distanciation physique et les gestes barrières dans l’exercice de leurs missions et qu’en l’occurrence les AESH avaient besoin d’éléments écrits concrets sur ce que doit être leur travail, pour savoir s’ils devaient ou non retourner dans les écoles et établissements.
Le Ministre a signalé que les élèves en situation de handicap étaient prioritaires. Or, le SNALC n’a trouvé qu’une seule mention de ces élèves dans le protocole, indiquant seulement qu’il fallait y apporter une « attention particulière ». Et rien de plus ! Pour le SNALC, si l’on veut s’occuper des élèves en situation de handicap, il faut commencer par éclaircir la situation des AESH.
Le SNALC demandait entre autres un protocole national spécifique pour les AESH. Or, le Ministre s’est contenté de nous répéter qu’il avait le sujet à l’esprit et que l’appartenance des AESH à la communauté éducative devait se voir particulièrement dans cette période. De plus, le Ministre a indiqué qu’à partir du 11 mai, les AESH pourront s’occuper d’autres enfants s’il n’y a pas d’enfants en situation de handicap.
Par conséquent, si on ajoute les risques de dérives de cette nouvelle mission, le combat du SNALC pour la défense des droits et la professionnalisation des AESH est bien loin de toucher à sa fin !

SNALC © 2018
Association déclarée - Syndicat de salariés
N°SIREN 784 312 282
4, rue de Trévise 75009 Paris
Hébergement : ovh.com
Site optimisé pour Chrome et Firefox