LE SNALC DÉFEND L'AGRÉGATION ET LES AGRÉGÉS

LE SNALC DÉFEND L'AGRÉGATION ET LES AGRÉGÉS

LE SNALC DÉFEND L'AGRÉGATION ET LES AGRÉGÉS


Par Frantz Johann VOR DES BRÜGGE
Professeur agrégé de Sciences de la Vie et de la Terre,
Commissaire paritaire national agrégé SNALC,
gesper@snalc.fr
Le 11 mai 2020


Professeur agrégé des lycées et des universités est le second titre le plus honorifique et prestigieux de France après docteur en droit. Pour preuve, dans l’après-guerre, un agrégé avait un traitement comparable à celui d’autres grands corps de fonctionnaires comme magistrat ou colonel. Si notre statut prévoit 15 h devant élèves, ce n’est pas pour aller cueillir des fraises mais pour faire de la recherche ou suivre les évolutions dans nos disciplines.

Au fur et à mesure des décennies, par absence de revalorisation et par manque de considération de l’agrégation et des professeurs agrégés nos traitements n’ont augmenté que très peu par rapport à la progression de l’inflation et à la hausse du coût de la vie. Nombreux sont les collègues agrégés qui arrivent difficilement à s’en sortir dans les grandes métropoles !

Le PPCR, dont on nous a fait croire qu’il serait une réforme merveilleuse, a aggravé notre situation. Toutes les carrières progressent selon un rythme unique avec, dans le meilleur des cas, une bonification accélérée d’une année pour deux échelons seulement et des durées dans certains échelons plus longues que dans l’ancien système, qui certes n’était pas non plus parfait.

Bouquet final, le 3ᵉ rendez-vous de carrière dans la 2ᵉ année du 9ᵉ échelon, avec une appréciation qui correspond pour l’accès au grade de la hors classe à un avis pérenne, c’est-à-dire irrémédiablement bloqué tant qu’on n’a pas accédé au grade de la hors classe. Quand cet avis n’est pas assez bon, les collègues auront beau faire tous leurs efforts pour mettre en application les conseils qu’ils auront reçus pour progresser dans leur enseignement, ils ne pourront en aucun cas obtenir la modification de cet avis, et verront leur passage au grade de la hors classe retardé.

Quand les commissaires paritaires agrégés nationaux du SNALC examinent en CAPN les dossiers des agrégés qui ont formé un recours contre l’appréciation finale issue de leur rendez-vous de carrière, ils constatent l’incohérence flagrante entre les appréciations des ITEM primaires et l’appréciation finale. Pis encore, dans la plupart des dossiers de recours, il apparaît que cette appréciation correspond souvent à l’ITEM le plus bas, voire même au niveau inférieur !

La situation actuelle est telle que peu de collègues formulent des recours, blessés par le manque de reconnaissance de l’Education nationale, alors qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes à leurs élèves et à leurs étudiants. La lecture des lettres de recours est révélatrice de leur malaise.

Le SNALC demande donc que l’avis du recteur pour la hors classe soit révisable. Comment peut-on évaluer définitivement la pédagogie d’un professeur en 1h, ou celle d’un TZR nommé sur deux ou trois établissements, en osant lui reprocher de n’être pas assez connu et de manquer d’implication ?

Enfin la réforme des retraites (la loi a bien été votée, son application est seulement suspendue), vu l’entrée tardive des agrégés dans le métier puisque le concours est un titre de niveau bac +V, aura pour résultat de repousser le départ des collègues à 65 ou à 67 ans, s’ils veulent percevoir une pension sans trop de décote. Aucune réelle seconde carrière n’est mise en place par l’Education nationale, et on voit mal des collègues à 67 ans continuer de faire cours comme des collègues expérimentés beaucoup plus jeunes.
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