QUE DIT LE CONSEIL SCIENTIFIQUE COVID-19 SUR LES PERSONNELS ADMINISTRATIFS DE SANTE ET SOCIAUX EN RELATION AVEC LES INSTRUCTIONS

QUE DIT LE CONSEIL SCIENTIFIQUE COVID-19 SUR LES PERSONNELS ADMINISTRATIFS DE SANTE ET SOCIAUX EN RELATION AVEC LES INSTRUCTIONS

QUE DIT LE CONSEIL SCIENTIFIQUE COVID-19 SUR LES PERSONNELS ADMINISTRATIFS DE SANTE ET SOCIAUX EN RELATION AVEC LES INSTRUCTIONS DU PREMIER MINISTRE


Frédéric ELEUCHE,
Secrétaire national du SNALC
Chargé des personnels administratifs,
techniques, de santé et sociaux
administratifs@snalc.fr
Le 6 mai 2020

D’abord et ce sera très simple, le Premier ministre n’a pas prononcé une seule fois mardi 28 avril 2020 les mots « personnels administratifs, sociaux et de santé » pas même celui d’infirmières. Pourtant, on eût pu penser que ces personnels jouent un rôle non négligeable dans l’éducation nationale au point qu’on peut dire sans exagération que sans eux, notre ministère fonctionnerait moins bien.

Ensuite, la lecture des onze pages de la « note du conseil scientifique COVD-19 » est presque aussi décevante.

En effet, ce conseil a pris le temps et le soin de trouver le nombre des élèves, des écoles, des collèges et des lycées en détaillant même le nombre des élèves du premier degré, des collégiens et des lycéens. Il a été capable de donner le nombre des « enseignants » en distinguant même ceux qui travaillent dans l’enseignement privé sous contrat.

Il cite quand même les ATSEM, les agents d’entretien, les surveillants (un corps qui a disparu il y a 17 ans) et les agents administratifs et ose dire et écrire que le nombre total de ces agents n’est pas connu du conseil scientifique. C’est dire qu’il ne l’a pas cherché, car il eût pu aussi facilement accéder au nombre de ces personnels qu’il a pu le faire pour les autres catégories. Manifestement, il ne s’y est pas intéressé. Après tout, cela ne représente que 32 000 adjoints d’administration, 19 000 secrétaires d’administration, 12 000 attachés, 7500 infirmières, 1200 médecins, soit 71 500 personnes, sans oublier les 100 000 agents techniques territoriaux des établissements d’enseignement qui préparent les repas des cantines, nettoient, désinfectent et réparent. Cela ne fait jamais que 171 000 personnes ! Quantité négligeable que ces 15 % du total des personnels ?

Toutefois, on note (page 4) que le conseil scientifique préconise que les agents des établissements scolaires soient formés aux mesures barrières, aux règles de distanciation sociale et au port de masques pour eux-mêmes et les enfants dont ils ont la charge le cas échéant.

Sans pour autant les nommer, le conseil scientifique préconise clairement un « bionettoyage de l’établissement » en insistant sur les poignées de portes, les interrupteurs, l’aération des classes lors des récréations, du déjeuner et du changement des salles de classe, ce qui intéresse les ATTEE. Il va jusqu’à préconiser que les élèves déjeunent dans leurs salles de classe, ce qui montre à l’évidence son ignorance : on ne peut envisager la chose à la rigueur qu’à l’école maternelle et peut-être élémentaire, mais dans les collèges et les lycées, l’on a partout étendu depuis longtemps le libre-service. La recommandation du conseil scientifique est inapplicable sauf à faire apporter des assiettes et des plateaux par les ATTEE dans chaque salle, quitte à nettoyer toutes les tables ensuite !

Page 6 : le conseil souligne pour l’école élémentaire le rôle essentiel des parents, en oubliant complètement le rôle des ATSEM.

Page 7 : le conseil scientifique évoque le problème des personnels présentant des risques graves. Il préconise qu’une évaluation individuelle du risque soit réalisée par « le médecin traitant avant le 11 mai pour ces personnels en ALD ». Et il ne pense qu’à la médecine du travail, en « oubliant » complètement les médecins scolaires dont on va vite redécouvrir le nombre dangereusement insuffisant (1200 au maximum pour toute la France) et les médecins de prévention et en ignorant que les fonctionnaires de l’éducation nationale ne relèvent justement pas de la médecine du travail.

L’évocation des internats omet totalement les CPE, les AED.

Et surtout à aucun moment, le conseil scientifique n’évoque le nom et encore moins le rôle des infirmières même lorsqu’il parle des situations nées de la découverte d’un cas positif chez un élève.

En conclusion, cet avis est extrêmement décevant :

Il écarte implicitement les personnels administratifs et surtout les personnels de santé et les assistantes sociales dont les noms et qualités ne sont jamais cités, alors qu’il décrit des situations médicales, des cas de handicap où l’on pense spontanément à ces personnels.
Il ignore manifestement une partie des réalités de l’éducation nationale : il est d’ailleurs significatif que l’on ne compte aucun spécialiste de notre ministère parmi les 14 membres du conseil alors qu’on y rencontre un sociologue, un modélisateur, une experte en milieu associatif et un expert en numérique et un seul médecin de ville ! On se serait attendu à une infirmière scolaire ou un médecin scolaire au moins !
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