TÉMOIGNAGE 1

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TÉMOIGNAGE 1


Par une attachée d’administration,
adjoint gestionnaire,
administratifs@snalc.fr
Le 6 mai 2020

Nos collègues nous font souvent une description concrète de leurs conditions de travail. Nous avons décidé de publier quelques-uns de leurs témoignages. La tâche des adjoints gestionnaires n’est pas aussi facile et rose que l’on pourrait le croire, surtout si l’on n’est pas soi-même « intendant » comme on les appelle encore souvent, bien que le corps des intendants ait disparu depuis plus de vingt-cinq ans. Pour être honnête, le SNALC a participé à plusieurs réunions au ministère portant sur le rôle et le sort des attachés. Le ministère reconnaît les difficultés du métier des attachés et s’inquiète de voir les sortant des I.R.A. (instituts régionaux d’administration) dédaigner l’éducation nationale et des attachés en poste quitter notre ministère pour d’autres plus attrayants et …mieux rémunérés. Toutefois, aucune réforme de fond n’a encore été engagée. Certes, le ministre a notifié en janvier 2020 son intention de revaloriser les personnels administratifs, mais ses paroles sont restées imprécises. En outre, le COVID-19 est venu bouleverser toutes les priorités et l’on ne voit pas très bien comment le ministère pourra mettre ses promesses à exécution face aux énormes déficits déjà engendrés et à la réduction catastrophique du P.I.B. annoncés. Ne parle-t-on pas de plusieurs années nécessaires au relèvement de la richesse de la France ?


Une fois de plus, les "administratifs" sont les grands oubliés face à leur dévouement et leur efficacité sur le terrain à assurer le service public.

En prenant connaissance des divers mails contenant les consignes, je constate que ce soit de la part de la DAF, du rectorat ou de la collectivité territoriale, les "Adjoints-gestionnaires" sont sollicités pour rester en 1ère ligne (logés ou non logés).

Par exemple, il est interdit d'accéder à distance à GFC, le paiement des bourses et autres salaires est impératif (ce qui se comprend) donc l'adjoint-gestionnaire est présent sur son lieu de travail.

On nous rappelle sans cesse que l'on fait partie de l'équipe de direction (c'est vrai et nous l'assumons pleinement) sans avoir le statut de personnel de direction.

Là, on voit clairement la différence : pour la charge de travail, les risques encourus (je prends 3 assurances pour couvrir les risques du métier) on nous impose une charge de travail accrue avec souvent des délais plus que restreints (c'est simple, quasiment tout est urgent que ce soit pour notre ministère, notre rectorat, notre DSDEN, nos enseignants ou nos relations avec les usagers et il en va de même pour notre collectivité territoriale (qui a juste oublié que l'on était personnel d'Etat et non personnel territorial) qui exige le traitement de leurs demandes comme prioritaires. Et pourtant, dans chaque collège et dans chaque lycée il n'y a qu'UN SEUL adjoint-gestionnaire en EPLE mais quand il s'agit de notre reconnaissance (ex : base de données du personnel, on est qualifié de "sans spécialité") plus rien : aucune reconnaissance au niveau de la retraite (et pourtant des heures, on en fait et sans être payé en plus avec l'octroi d'heures sup. donc cela reste parfaitement invisible, comme c'est malin !), aucune au niveau de l'avancement de carrière (sauf si on passe un concours pour booster sa carrière et que l'on réussit), aucune au niveau de la paye et encore moins au niveau de la prime CIA. En fait, si je calcule le nombre d'heures travaillées par rapport au salaire versé et bien je touche en taux horaire moins qu'un personnel en contrat CUI.

Et pourtant, cela fait des années que nous sommes aussi confrontés à la mise en place de nouvelles réformes "administratives" (en plus de celles pédagogiques qui nous impactent aussi) et le résultat de notre travail "administratif" collectif au niveau opérationnel fonctionne bien malgré les divers désordres que nous avons vaincus car non prévus à l'origine par les services centraux du MEN : on sait évoluer et s'adapter. Quelques exemples parlants : RCBC = réussite, DEMACT = réussite, ChorusPro = réussite, TIPI = réussite, Documents PPMS = réussite, Mise en place PNS = réussite…. sans compter la perpétuelle évolution de la réglementation que dis-je des règlementations (scolaire, maintenance, sécurité, hygiène, restauration…) et la gestion au quotidien du personnel ATTEE et des contractuels techniques (23 personnes me concernant / collège de 950 élèves / une cuisine centrale de 1700 repas/jour). Et on nous sollicite et on répond "présent" : s'occuper d'un apprenti de la Fonction Publique (présente), aider par le tutorat une nouvelle adjointe-gestionnaire (présente), tester la mise en place de l'extourne (présente), postuler comme GRH de proximité (présente)... Lorsque je détaille les répertoires des métiers ETAT ou EDUCATION NATIONALE, je m'aperçois que notre grande polyvalence (surtout dans le répertoire des métiers de l'état) donc nos compétences sont totalement non reconnues (en fait on correspond à plusieurs fiches de postes) ou mésestimées.

Alors pour la première fois de ma vie, je demande que notre travail soit réellement reconnu à sa juste valeur et que nous soyons réellement défendus par le syndicat car cela fait des années que les avancées profitent aux chefs d'établissements, aux enseignants, aux agents comptables, aux administratifs catégorie C (tant mieux pour eux)… mais jamais aux adjoints-gestionnaires.
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