HOMME AVEC UN GRAND « H » ET FEMME AVEC UN GRAND « F »

HOMME AVEC UN GRAND « H » ET FEMME AVEC UN GRAND « F »

HOMME AVEC UN GRAND « H »

ET FEMME AVEC UN GRAND « F »





© iStock


Article rédigé par Guy DESBIENS, membre du Bureau SNALC de Lille
Paru dans la Quinzaine universitaire n°1439
Le 20 mars 2020




Suite à l’article dénonçant l’intrusion de l’écriture inclusive (1) au sein de l’institution scolaire, nous aimerions présenter une analyse, complémentaire, de ce souci de féminiser la langue française.

Il y a bien eu, depuis quelques années, une évolution dans les habitudes de langage de nos élèves, conduisant à un usage inadéquat des majuscules et du féminin. Les réactions sont même parfois véhémentes – avec l’accusation de sexisme – lorsqu’on ose s’affranchir de ces pratiques.

Rappelons d’abord que l’usage de la majuscule en français, pour désigner « l’Homme », ne se justifie pas par l’intention d’inclure les femmes (la minuscule suffit pour renvoyer à « l’humanité »). Cela correspond, en langage scientifique, au genre (nous parlons ici du concept taxinomique) : « Homo » sapiens, erectus, neanderthalensis, etc. Un autre usage possible est celui du respect, pour exprimer solennellement la grandeur.

On en trouvera une illustration chez St Exupéry dans Terre des hommes ! Soit deux citations : « L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle » (l’auteur n’exclut pas, évidemment, les femmes) ; et « Seul l’Esprit, s’il souffle sur la gloire, peut créer l’Homme » (cette fois c’est la majuscule du respect). Aucun auteur, en littérature et en philosophie, au cours des siècles, n’a jamais fait usage de la majuscule pour exprimer l’humanité.

Ensuite, s’agissant de la féminisation de la langue, nous rappelons que l’absence de neutre en français est suppléée par le masculin. On le sait par comparaison avec d’autres langues : comme dans « il pleut », en anglais « it’s raining » et en allemand « Es regnet ». Nous rappelons aussi que la 3ème personne du singulier « on » (comme dans « on peut… ») provient du latin… homo ! Faudra-t-il le bannir ?

Certains mots sont « épicènes » (invariables selon le genre, ex. « habile »), d’autres sont féminins mais peuvent s’appliquer à un homme (qui peut être « une personne importante », « une victime ») ou inversement (une femme peut être « un génie »). Les mots vivent avec leur genre : il n’y a rien de sexiste en cela.


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