NOUVEAU QUESTIONNAIRE: DE L’ESPOIR OU DU VIDE?

NOUVEAU QUESTIONNAIRE: DE L’ESPOIR OU DU VIDE?

NOUVEAU QUESTIONNAIRE :

DE L’ESPOIR OU DU VIDE ?





© iStock


Article rédigé par Maxime REPPERT, secrétaire national chargé des conditions de travail et du climat scolaire
Paru dans la Quinzaine universitaire n°1439
Le 20 mars 2020




Après l’enquête menée l’an dernier qui nous avait laissés perplexes (article QU 1428, mai 2019) et que nous avions qualifiée de « non-événement » (article du 21 janvier dernier), voici un nouveau questionnaire lancé par notre Ministre (3 mars - 17 mars). Au programme ? Plus d’une quarantaine de questions destinées aux 850 000 professeurs du public et du privé qui peuvent ainsi exprimer leurs « attentes », leurs « préconisations » et leurs « volontés pour l’avenir ».


De (très) loin, c’est beau, c’est louable de consulter ainsi, mais de plus près, le SNALC pointe un tableau moins idyllique :

En premier lieu, à l’heure où ces lignes sont rédigées, il est possible de répondre plusieurs fois d’affilée à ce questionnaire ; d’autre part, le lien du questionnaire est très facilement accessible à tous sur internet. Des personnes non enseignantes peuvent donc le remplir, ce qui peut avoir un impact sur les décisions prises ensuite. Pour la fiabilité donc, on repassera.

Ensuite, à quoi sert ce questionnaire après une enquête lancée il y a un an et qui avait déjà dénoncé plusieurs maux (isolement, dégradation des conditions de travail…) ? Est-ce pour remplir du vide ?

Enfin, nombreux sont ceux qui sont sans illusion, déçus ou en colère contre cette initiative. Pourquoi ? Car entre les suicides, les manifestations et les demandes syndicales (comme celles du SNALC sur la question des salaires et conditions de travail), ce questionnaire apparaît inutile. En effet, le ministère connaît les attentes mais n’écoute pas les revendications des personnels. Du coup, le Ministre démontre à nouveau qu’il est à côté de la réalité et des enjeux. Et c’est sans compter sur les résultats (fiables?) qui ne nous apprendront rien de plus que ce que nous savons déjà : à savoir l e naufrage de l’école et la noyade de ses professeurs qui ont en marre de boire chaque jour un peu plus la tasse…

Reste-t-il une raison de le remplir ? Des résultats sans appel à certaines questions pourraient conforter les positions du SNALC dans les négociations. Le SNALC attend donc de voir ce qui découlera des résultats de l’enquête, prévus pour les 30 et 31 mars.



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