CHOIX DES SPÉCIALITÉS: QUELLE TACTIQUE CONSEILLER ?

CHOIX DES SPÉCIALITÉS: QUELLE TACTIQUE CONSEILLER ?

CHOIX DES SPÉCIALITÉS EN FIN DE 2DE ET 1ÈRE :

QUELLE TACTIQUE CONSEILLER ?





Article paru dans la Lettre pédagogique n°4,
Par Sylvie Chiariglione, , secrétaire académique du SNALC Corse
28 février 2020





Il est très difficile pour un lycéen de choisir ses enseignements de spécialités en fin de 2de ou de 1ère sans se poser un minimum de questions sur la stratégie à envisager pour rester dans les attendus des poursuites d’études régis par la plateforme Parcoursup ou – pour certaines voies comme les IEP, les écoles de commerces etc..– accessibles selon des systèmes d’admission privés. Faut-il privilégier les notes obtenues dans certaines matières et orienter ses choix de spécialités en fonction, quitte à sacrifier une ou des options de parcours post-bac pourtant envisagés à la base ? Doit-on à l’inverse considérer les disciplines escomptées dans ces mêmes parcours en occultant la faiblesse de certains résultats scolaires ?


Les professeurs principaux sont bien en peine de donner un avis tranché sur la question, d’autant que les décisions finales reviennent aux familles qui ont souvent des stratégies toutes personnelles : les enseignants n’ont plus qu’un rôle consultatif dans le processus d’orientation. Les élèves et parents les interrogent en un premier temps car ce sont leurs interlocuteurs de proximité avec les Psy-EN mais ils s’orientent ensuite de plus en plus vers des diseurs de bonne aventure privés autoproclamés experts en matière d’évaluation des aptitudes des élèves qui proposent des tests de compétences afin d’aider les lycéens à se diriger vers telle ou telle carrière. Les bulletins sont dans ce cas occultés, les considérations scolaires jugées inopportunes voire nuisibles dans un contexte dit de « diagnostic du profil du futur étudiant » ! Enfin, beaucoup d’élèves visitent des forums d’orientation, assistent à des conférences ou des journées portes-ouvertes, contactent directement les écoles ou universités qui retiennent leur attention pour en connaitre les desideratas.

Le portail Horizon 2021 de l’Onisep qui propose des combinaisons de spécialités et des poursuites d’études aide aussi les lycéens dans leurs choix. Les retours – y compris chez les enseignants- semblent être satisfaisants.

Inutile de dire qu’entre tout, la parole de l’enseignant en classe n’est plus qu’un maillon de la chaîne d’orientation qui va permettre à l’élève de construire son projet, tout seul au final, avec les recettes qui sont les siennes, partant de la prise en compte de ses copies en passant par l’appréciation de sa motivation à réaliser ses objectifs pour finir par une séance de lecture d’une boule de cristal ou des incantations en remplissant les fiches de vœux internes aux établissements.

De fait, émergent deux profils d’élèves : ceux qui préfèrent assurer leur moyenne, obtenir leur bac, postuler pour certains cursus et s’en remettre à leurs décisions d’intégration quitte à ne pas obtenir ce qu’ils escomptaient; et ceux qui misent tout sur leur choix de spécialités, sacrifient quelques bons résultats dans des matières dans lesquelles ils auraient été plus à l’aise, pour choisir celles qui sont vivement conseillées, ainsi collant aux exigences des formations postbac et de fait agissant en futurs étudiants et non en actuels lycéens, sans être sûrs non plus d’être admis, compte tenu de leurs carences dans ces disciplines exigées dans les filières envisagées.

L’état d’esprit en 1ère où il s’agit d’abandonner une spécialité sur les trois choisies est exactement le même que celui de fin de 2nde : « Am Stram Gram » peut être une technique retenue – l’Education Nationale doit-elle s’en réjouir ? – au même titre que la pratique plus raisonnée de la logique de choix au vu des nécessités disciplinaires en études supérieures…

L’affaire du « choix » demeure clairement insoluble en ce sens qu’aucune recette miracle n’existe même si des tendances se dessinent qui consistent à restaurer, comme on le sait, les anciennes filières du lycée : les élèves ont besoin de se rassurer en retrouvant des profils types d’étudiants, des cohérences de combinaisons de spécialités, des voies toutes tracées…

Comment peut-on les blâmer de refuser de profiter d’une pseudo-liberté de choix qui n’a d’autre conséquence que de les angoisser, de les laisser dans l’expectative s’ils privilégient plus leurs goûts que les connaissances disciplinaires attendues en postbac ?

Comment peut-on leur reprocher de s’en tenir majoritairement à la considération de leurs notes de bulletins, seules valeurs sûres dans un système qui peut ressembler à la Roue de la Fortune ?

La logique de l’instant présent est humaine. L’avenir reste toujours si incertain, surtout dans le monde dans lequel nous vivons, surtout pour des adolescents.






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