PROFESSEUR, UNE VIE DE PATACHON ?

PROFESSEUR, UNE VIE DE PATACHON ?

PROFESSEUR, UNE VIE DE PATACHON ?


Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1437
Par Dominique SCHILTZ,
ancien commissaire paritaire national pour les chaires supérieures,
Le 28 janvier 2020


© iStock - Baona

Personne n’a oublié le « Vous patachonnez dans la tête » lancé en décembre à Pau par Emmanuel Macron à un de nos collègues, lui reprochant de mélanger la réforme des retraites et la légion d’honneur attribuée au président de Blackrock France. Mais n’y a-t-il vraiment aucun rapport ? Le système par points est formaté pour faire les choux gras des établissements financiers : il y a deux mois, l’UFC Que Choisir nous apprenait que Natixis Asset Management avait été condamné à une amende record de 35 millions d’euros pour avoir prélevé des frais indus sur certains comptes, en particulier celui qu’elle gérait pour l’Agirc-Arrco, qui comme chacun sait est un système de retraite complémentaire par points. Qui peut jurer qu’il ne se passera rien de tel avec le système de retraite universel prévu par le gouvernement ?

Heureusement, notre ministre a pris conscience du retard important de nos salaires et de l’urgence qu’il y a à le combler : cela commencera donc dans un an si tout va bien. Des réunions sont déjà prévues, mais le SNALC est abasourdi devant le contenu de l’agenda : elles doivent porter, entre autres, sur les « missions », la « continuité du service public », la « gestion des parcours professionnels » ou encore l’« amélioration du fonctionnement des collectifs pédagogiques ». Pas un mot sur les rémunérations ou les retraites. Y en aurait-il qui patachonnent dans leur tête ?

Quoi qu’il en soit, il en faudra beaucoup pour rattraper la perte de pension consécutive à la réforme, et plus encore pour remonter la perte de différentiel avec le SMIC comme l’a amplement démontré le SNALC ces jours-ci. Plus encore, la prise en compte de la totalité de la carrière est sans pitié pour les mères de famille, les collègues de santé fragile, ceux en charge d’un enfant handicapé ou d’un parent âgé, qui sont amenés à renoncer à des heures supplémentaires voire se mettre à temps partiel. Ce seront eux, et surtout elles, les grands perdants d’une réforme où chaque euro gagné comptera, et chaque euro non gagné comptera en moins. Pas plus qu’en activité auront-ils de quoi pouvoir mener une vie de patachon.

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