DE L’IMPORTANCE DE PARVENIR À « LÂCHER PRISE »

DE L’IMPORTANCE DE PARVENIR À « LÂCHER PRISE »

DE L’IMPORTANCE DE PARVENIR À « LÂCHER PRISE »


Laurine Mondon REPPERT,
sophrologue Mobi-SNALC
conditionsdetravail@snalc.fr
Le 21 janvier 2020

Bien souvent, chez les personnes qui rapportent du travail à la maison – c’est donc le cas des enseignants -, les difficultés rencontrées dans le cadre professionnel viennent également s’insinuer dans le cadre personnel, familial. Bien difficile en effet de s’accorder de vraies pauses, de déconnecter pleinement lorsque l’on doit préparer ses séances, corriger les copies, remplir les bulletins, répondre aux notes d’infos et mails en tous genres. D’ailleurs, depuis l’arrivée de Pronote, Liberscol ou autre Eclat, nous sommes sans cesse sollicités à des horaires parfois incongrus par l’administration, les collègues ou les parents d’élèves. Or, vous n’avez pas à répondre dans la seconde à tous ces messages. Pour information, dans le privé, la loi travail promulguée le 8 août 2016 a instauré le droit à la déconnexion depuis le 1er janvier 2017. Celui-ci doit s’entendre comme le droit pour tout salarié de ne pas être en permanence joignable par son employeur, en dehors de ses heures de travail, pour des motifs liés à l'exécution de son travail, afin de protéger son temps de repos et d’assurer le respect de la vie personnelle et familiale. Si, en tant que fonctionnaires, nous ne dépendons pas de cette législation, nous ne devons pas non plus nous sentir corvéables à merci et soumis à la pression des sollicitations incessantes par mails et autres plateformes et applications.

Par conséquent, vous n’avez pas à vous culpabiliser de ne pas répondre à un mail à 23h ! Et c’est justement là qu’il faut savoir poser les limites pour se protéger et faire respecter sa vie privée. Savoir lâcher prise et prendre de la distance par rapport à son métier, c’est savoir prendre du temps pour soi, ne pas penser en permanence au travail, ne pas être perméables aux situations potentiellement stressantes rencontrées au cours de la journée et faire la distinction entre votre fonction et vous en tant que personne.

Si vous sentez à un moment que ce n’est plus possible, si vous vous sentez submergés, constamment sous pression en ayant l’impression que le travail vous rattrape jusque dans votre intimité – avant de vous endormir notamment -, c’est qu’il est plus que temps de vous recentrer sur vous et d’apprendre à poser des limites. Certaines personnes culpabilisent de le faire en se disant que si elles prennent moins de temps pour leur métier alors elles le feront moins bien. C’est faux ! On ne peut, en effet, pas être pleinement « performant » lorsque l’on est épuisé physiquement et psychiquement. C’est la raison pour laquelle il est essentiel de pouvoir se créer des moments pour soi, pour sa famille, sans penser à la prochaine série de copies ou au conseil de classe à préparer. Car à force de remplir la coupe, elle finit par déborder et c’est le burn-out assuré. Prendre de la distance, ce n’est pas mal faire ou ne pas prendre à cœur son métier. C’est le faire en conscience, avec les capacités qui sont les nôtres, en ayant confiance en nous et en dressant une frontière entre la personne que l’on est et la fonction que l’on occupe. Cela permet de ne pas se laisser atteindre lorsque l’on rencontre des situations difficiles.

Voici quelques pistes pour prendre soin de vous.

En effet, s’occuper de soi, être en accord avec sa personne est indispensable pour vivre au mieux sa profession. Trop souvent, nous avons tendance à culpabiliser de nous octroyer du temps pour nous, de nous accorder un moment de repos, de pause dans un emploi du temps bien souvent surchargé entre les préparations de cours, les cours, les corrections, les réunions en tout genre, les dossiers à compléter, les trajets et j’en passe ! Que ce soit sur le lieu de travail ou à la maison, nous avons l’impression de ne jamais pouvoir véritablement souffler, d’avoir toujours la tête dans le guidon, toujours quelque chose à faire.

Pourtant, savoir s’accorder de vraies pauses est important et même indispensable pour tenir le rythme, ne pas se laisser déborder et surtout garder le moral et la santé. C’est bien simple, si l’on tire trop fort sur un élastique il finit par rompre. C’est exactement ce qu’il se passe si l’on pousse trop loin nos limites. Le corps ou/et l’esprit finissent par lâcher et ce qui est au départ une simple accumulation de stress peut aboutir à l’épuisement professionnel plus connu sous le terme de burn-out. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, il se caractérise par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ». Alors avant d’en arriver là, voici quelques mesures de prévention :

  • Reconnaître les tâches vraiment nécessaires et les considérer les unes après les autres plutôt que toutes à la fois,

  • Être moins perfectionniste (ne pas reprendre un cours pendant des heures), laisser place à un peu d’improvisation,

  • Savoir déléguer,

  • Apprendre à dire « non »,

  • Apprendre à mettre de la distance avec son travail : un temps pour travailler et un temps pour la vie personnelle,

  • Instaurer une heure limite pour la consultation des mails professionnels (ce n’est pas parce que vous recevez un message d’un parent, d’un collègue ou de votre chef d’établissement à 23h que vous êtes obligé d’y répondre !) et même couper les écrans au plus tôt le soir,

  • Avoir des loisirs et les vivre pleinement,

  • Vivre le moment présent, respirer, ne pas être dans la remémoration du travail ou dans l’anticipation,

  • Ne pas rester isoler : échanger avec vos collègues, consulter votre médecin pour faire un bilan,

  • Avoir une bonne hygiène de vie (l’alimentation, la pratique d’exercices physiques et un sommeil réparateur).


Le SNALC, syndicat humaniste, soucieux du bien-être des personnels, a créé un dispositif unique pour répondre à la question du mal-être au travail ainsi qu’à celle de la mobilité.

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