POUR EN FINIR AVEC LES MENSONGES SUR LES ENSEIGNANTS ALLEMANDS

POUR EN FINIR AVEC LES MENSONGES SUR LES ENSEIGNANTS ALLEMANDS

POUR EN FINIR AVEC LES MENSONGES SUR LES ENSEIGNANTS ALLEMANDS


Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1436,
Par Rodolphe DUMOUCH, Membre du SNALC de Reims
Le 09 janvier 2020




© iStock - sezer ozger

Le 2 septembre 2019, sur LCI, D. Cohn-Bendit a débattu face à B. Amar qui évoque les salaires élevés des enseignants allemands. Cohn-Bendit affirme alors : « Ma femme est enseignante en Allemagne, elle fait 6 ou 7 heures de plus qu’un prof français ».

Le mensonge de Cohn-Bendit tient en un détail : les enseignants allemands de Gymnasium donnent, le plus souvent, 24 séances hebdomadaires mais 24 séances de… 45 minutes, soit exactement 18h00. Le nombre peut toutefois varier selon les Länder, de 21 à 26. La confusion est d’autant plus aisée que ces séances sont nommées « Stunden », littéralement « heures ». Pour les élèves de plus de 14 ans, censés se concentrer plus longtemps, ce sont des doubles séances de 1h30, les enseignants en donnent 12. En heures annuelles dispensées, c’est 714 à 750 en Allemagne contre environ 650 en France pour le secondaire. Mais un débutant allemand gagne à peu près autant, à l’heure, qu’un agrégé hors-classe français.

Évoquons les tâches annexes. Première fausse nouvelle à démentir : non, les professeurs allemands ne font pas 35h sur place.

Il y a bien, en revanche, la surveillance de la cantine mais c’est un service minimaliste en Allemagne ; les enseignants se partagent cette tâche, en général, une fois par semaine. Quant à la surveillance des récréations et à la vie scolaire, les désinformateurs éludent un point capital : l’autonomie des élèves.

La surveillance existe dans les Gymnasium qui regroupent des élèves de 11 à 18 ans, incluant des petits. Mais les lycéens allemands sont traités comme des étudiants dès l’âge de 14 ans : les parents s’effacent de leur scolarité. L’orientation scolaire est décidée, juridiquement, par les jeunes gens seuls, qui signent eux-mêmes leurs documents administratifs ; par exemple, les parents ne peuvent ni les contraindre, ni les empêcher de suivre des cours de religion, ni les inscrire contre leur gré dans un établissement confessionnel.

Enfin, il n’y a pas de surveillants en Allemagne. C’était une revendication des adolescents allemands, datant de la Jugendbewegung des années 1880 à 1920, donc une réponse à une demande d’autonomie des jeunes. Ce n’était pas pour transformer les enseignants en surveillants ! Exit donc les motifs gestionnaires invoqués par les pseudo-experts qui rêvent de voir disparaître les CPE pour faire des économies.

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