LES PROMESSES N’ENGAGENT QUE CEUX QUI LES ENTENDENT

LES PROMESSES N’ENGAGENT QUE CEUX QUI LES ENTENDENT

LES PROMESSES N’ENGAGENT QUE CEUX QUI LES ENTENDENT


Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1436,
Par Frédéric ELEUCHE, secrétaire national aux personnels administratifs et de santé
Le 09 janvier 2020




iStock_©Sezeryadigar

En ces temps où le SNALC demande au ministre d’augmenter les traitements et les indemnités qu’il verse aux professeurs, il est utile de jeter un coup d’oeil sur le passé.

Avant 1989, les professeurs recevaient une « indemnité » de 10 Francs par mois pour les adjoints d’enseignement, 13.33 Francs pour les certifiés et 16.66 Francs pour les agrégés. Elle ne correspondait à aucun service, aucune obligation.

Dans les collèges, les professeurs principaux recevaient une indemnité et des adjoints qui recevaient une somme inférieure les aidaient à faire leur travail. Les « autres professeurs » ne touchaient d’indemnité que s’ils participaient au conseil de classe ; c’est pour cela que les principaux de collège leur faisaient signer leur feuille de présence.

Puis on introduisit la mission de professeur principal en classe de seconde mais en supprimant l’indemnité de son adjoint. Ce professeur principal tenait seul la réunion dite « parents professeurs » mais par imitation de la situation faite au collège, les proviseurs faisaient pression pour que les « autres professeurs » participassent à ces réunions. Les années suivantes, le professeur principal fit son apparition en 1re puis en terminale.

Vint la loi Jospin du 10 juillet 1989, la loi qui mit « l’élève au centre » et déposséda les professeurs de leur autorité et de leur mission d’instruction au profit de la bienveillance : il s’agissait de faire arriver 80 % des élèves au niveau du baccalauréat, fût-ce en les surnotant au mépris de leur niveau réel.

Et après une campagne qui vit les professeurs renvoyer au ministre par mandat leurs misérables indemnités (campagne favorisée par le SNALC), le ministre créa l’indemnité de suivi et d’orientation mieux rémunérée que la misérable indemnité précédente.

Le ministre déclara publiquement et devant témoins que l’I.S.O. n’était pas destinée à demander du travail supplémentaire aux professeurs mais bien à leur payer le travail qu’ils faisaient déjà ! On sait ce qu’il en est advenu. Aujourd’hui, l’ISO fait partie de nos obligations au point que ne pas participer au conseil de classe entraîne une perte d’un jour complet de salaire quand bien même on aurait fait tous ses cours de la journée.

Voilà donc un témoignage de plus à l’appui de ceux qui se plaignent de l’aggravation de nos conditions de travail et se méfient des promesses ministérielles.

contact :
info@snalc.fr
SNALC © 2018
Association déclarée - Syndicat de salariés
N°SIREN 784 312 282
4, rue de Trévise 75009 Paris
Hébergement : ovh.com
Site optimisé pour Chrome et Firefox