RÉFORME DU LYCÉE : SURPRISE, LE SNALC AVAIT RAISON !

RÉFORME DU LYCÉE : SURPRISE, LE SNALC AVAIT RAISON !

RÉFORME DU LYCÉE : SURPRISE, LE SNALC AVAIT RAISON !


© iStock - AaronAmat
Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1435,
Par Jean-Rémi GIRARD, Président du SNALC
11 décembre 2019


Nous avions écrit au ministre pour demander à pouvoir participer aux visites du comité de suivi de la réforme du lycée GT. Cela nous ayant été accordé, j’ai accompagné le co-président du comité lors de sa visite à Nantes le 8 novembre. Aucun autre membre du comité de suivi n’est venu. La matinée au rectorat a permis de rencontrer de nombreux responsables, les IA-IPR, mais aussi les vice-présidents d’universités. L’après-midi, nous sommes allés dans un lycée « contestataire » pour entendre équipe de direction, professeurs, parents et élèves. Voici le compte rendu d’une journée riche, et un peu déprimante : bizarrement, les analyses du SNALC se vérifient à tous les échelons du système.


DEUX CONSTATS PARTAGÉS PAR TOUS


  • Un grand manque d’information (attendus du supérieur, E3C…). Des IPR qui ne peuvent répondre aux professeurs, des professeurs qui ne peuvent répondre aux élèves.

  • Personne ne comprend l’abandon de la troisième spécialité en fin de première : problèmes de TRMD, risque de disparition pour des spécialités comme le théâtre, « tensions » dans les équipes, « compétition entre collègues », envie des élèves de continuer les trois.

RESPONSABLE PÉDAGOGIQUE, DOYENNE DES IA-IPR, CSAIO


  • Décalage de calendrier entre le TRMD et le choix des élèves d’abandonner la 3ᵉ spécialité.

  • Problème de la spécialité mathématiques de première (trop hétérogène), et du financement de l’option complémentaire en terminale.

  • Question des spécialités qui auraient peu d’élèves en terminale : comment tenir un financement de 6h par groupe ?

  • Nécessité d’une enquête d’intention auprès des élèves en fin de 1ᵉʳ trimestre sur la spécialité qu’ils envisagent d’abandonner (NDSNALC : bonjour l’ambiance !).


VICE-PRÉSIDENTS DES UNIVERSITÉS


  • Évolution nécessaire de la L1, plus « modulaire », pour permettre des remises à niveau (notamment poiur les élèves n’ayant pas gardé les mêmes deux spécialités en terminale).

  • Question des IUT qui vont devoir recruter + de bacheliers technologiques, alors qu’ils ne sont pas forcément demandeurs.

  • Un sérieux manque de moyens pour organiser tout cela.


COLLÈGE DES IA-IPR (ENVIRON 40 INSPECTEURS)


  • IPR de lettres et de STI très inquiets pour les collègues (« drame », « grande souffrance », « perte de sens », « anxiogène »). En STI2D, 18% d’élèves en moins par rapport à l’an dernier (13% au national).

  • Des suppressions de postes en SVT partout dans l’académie.

  • Saturation sur la réalisation des sujets d’E3C.

  • Des difficultés à recruter des formateurs.

  • Des demandes : moratoire sur le changement des oeuvres en lettres, proposer d’autres mathématiques en première (option, autre spécialité davantage « ES »).

ÉQUIPE DE DIRECTION DU LYCÉE


  • Les emplois du temps ont été bien anticipés.

  • Préoccupations sur l’organisation des conseils de classe.

  • Inquiétudes quant aux séries technologiques : une STI2D et une STL ont fermé.

  • Des classes de première sans professeurs principaux.

PROFESSEURS DU LYCÉE (CONSEIL PÉDAGOGIQUE)


  • Densité des programmes (à peu près partout, et davantage pointée encore en enseignement scientifique, histoire-géographie, SES).

  • Disparition des heures d’accompagnement personnalisé.

PROFESSEURS DU LYCÉE (CONSEIL D’ADMINISTRATION) ET PARENTS DU CA


  • « Flou complet ». Familles démunies.

  • Disparition des heures de vie de classe.

  • Refus d’être professeur principal au vu de la charge de travail et de l’incapacité à le faire bien.

  • Remise en cause de l’intérêt des E3C. Élèves de STI2D « paniqués » sur l’E3C de physique et mathématiques.

ÉLÈVES


  • « Surcharge mentale », ressemble à une année de fac (pas de groupe de référence, pas possible de faire des travaux de groupe).

  • Intérêt d’avoir pu choisir ses spécialités (mais alors pourquoi en abandonner une ?).

  • « Le bac devait être allégé, mais on a l’impression que c’est pire qu’avant ».

contact :
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