TÉMOIGNAGE SUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL DES INFIRMIÈRES

TÉMOIGNAGE SUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL DES INFIRMIÈRES

TÉMOIGNAGE SUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL DES INFIRMIÈRES


Par Frédéric ELEUCHE
Secrétaire national du SNALC chargé des personnels administratifs,
techniques, sociaux et de santé.
administratifs@snalc.fr
Mis en ligne le 19 novembre 2019


  • Manque de reconnaissance salariale puisque nous sommes en principe des fonctionnaires de catégorie A, mais nos traitements sont bien inférieurs à ceux des autres fonctionnaires de même catégorie.

  • Problèmes des frais de déplacements pas toujours réglés à leur juste valeur (tarif SNCF alors qu'il n'est pas possible de prendre le train, départ du domicile familial ou de la résidence administrative à la faveur de l'administration, on nous demande de souscrire une police d'assurance qui couvre la responsabilité de l'Etat sans nous dédommager de ces frais, forfait intramuros très faible pour la ville alors que certains jours on y fait des km...)

  • Charge de travail qui augmente chaque année et ne nous permet plus d'assurer un suivi correct des élèves de nos secteurs.

  • Pondération des postes calculée avec une année de retard et donc très souvent en dessous de la réalité (c'est mon cas cette année, deux ouvertures de classes ULIS, un changement de carte scolaire avec l'arrivée des élèves d'une autre ville au collège et ajout des écoles de cette commune à mon secteur premier degré, mais pondération de l'an passé sans tout ça ! )

  • dans le département, manque de secrétaires médicales, le travail administratif est à faire et bien souvent au détriment du travail auprès des élèves.

  • On est multitâches et nous devons parer aux manquements (d'assistante sociale par exemple, ou pour faire des constats infirmiers pour lesquels nous ne sommes pas formées et qui n'ont pas de réelle valeur lorsqu'il n'y a pas de médecin disponible dans des situations d'enfance en danger...)

  • Travail morcelé sur de nombreux postes (ex: un jour collège dans la campagne, 1,25 jour 1er degré campagne sur 4 communes, 2,25 jours en collège REP+ pour le même poste), c'est extrêmement difficile de travailler un jour par semaine seulement dans un collège (on perd de nombreuses informations) et l'on essuie des remarques désagréables du type "tu n'es jamais là quand on a besoin de toi"

  • On conseille des bilans ophtalmo ou orthophoniques à des parents pour leurs enfants et on ne sait pas où les adresser en raison du manque de professionnels en libéral. C'est compliqué pour nous de dépister un problème chez un enfant et de savoir qu'il sera très difficile de le bilanter et de le traiter.

  • Un exemple concret, ce matin, je suis arrivée très chargée avec mon matériel dans une école où des dépistages infirmiers étaient organisés depuis avant les vacances de Toussaint. La directrice est en arrêt de travail prévu, elle avait bien organisé les choses, m'avait dit de m'installer dans son bureau pour voir les élèves. J'ai commencé à installer mon matériel quand une directrice remplaçante m'a dit qu'elle resterait dans le bureau avec moi, ce qui n'est pas possible pour des raisons de confidentialité. Elle m'a envoyée en salle informatique où je suis partie avec tout mon matériel, une fois là-bas, une enseignante me fait remarquer qu'il y aura cours de religion toute la journée. Me voilà repartie avec mon matériel sur le dos, prête à partir au collège! Alors la directrice remplaçante m'a proposé la BCD après 10 heures!!! Au cours de la journée, il y a eu du va et vient de professeurs qui avaient des photocopies à faire ou des documents à couper au massicot, interrompant mes consultations à de multiples reprises! Résultat : j'ai perdu 2 heures, eu le sentiment d'enquiquiner tout le monde... Ce genre de situations est quotidien pour nous.


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