RÉFORME DES RETRAITES : UN IMPACT OUTREPASSANT L’EFFET FINANCIER

RÉFORME DES RETRAITES : UN IMPACT OUTREPASSANT L’EFFET FINANCIER

RÉFORME DES RETRAITES : UN IMPACT OUTREPASSANT L’EFFET FINANCIER





Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1434, novembre 2019
Par Frédéric SEITZ, commissaire paritaire national agrégé et président du SNALC Versailles




Pour la totalité des personnels de l’Éducation nationale, le projet de réforme des retraites se traduira par une diminution du montant de leur pension. Pour les professeurs, il risque en plus de changer radicalement la manière dont ils devront concevoir et pratiquer leur enseignement.


Le projet impose aux agents du secteur public une retraite par capitalisation de points, comme pour les salariés du secteur privé. Ainsi, le calcul de la retraite des fonctionnaires ne reposerait plus sur la rémunération des six derniers mois d’exercice, période où ils perçoivent la rémunération la plus élevée. La base de calcul des points-retraite serait étendue à la rémunération (primes et HSA comprises) perçue sur toute leur carrière, et inclurait des périodes où le traitement est inférieur à celui de fin de carrière.

C’est une des raisons pour lesquelles le SNALC réclame à cor et à cri pour les personnels de l’Éducation nationale une revalorisation forte et immédiate de leurs rémunérations et de leurs primes.

Cependant, constatant leur déclassement financier croissant, persuadés qu’il leur faudra toujours gagner plus pour accumuler un maximum de points-retraite, les professeurs pourraient se sentir contraints de consacrer plus de leur temps personnel à des activités rémunératrices.

Or, tous les professeurs le savent : quand on leur impose trop d’heures ou de classes, au-delà d’une certaine limite, il est impossible de dispenser un enseignement digne de ce nom.

Mais l’inquiétude sur le montant à venir de la pension risque de l’emporter et d’entraîner tous les enseignants à accroître leurs tâches, au détriment de leur temps de formation, de préparation des cours, de correction des copies.

L’institution, qui réclame des professeurs taillables et corvéables, exige d’eux de la bienveillance, les somme de baisser leurs exigences, vilipende le cours magistral car savant et élitiste, en fera ses choux gras. Comme les pédagogistes prônant une école où l’élève apprenne moins pour y vivre mieux.

Mais comment nos collègues scrupuleux, attachés au contenu et à la valeur de ce qu’ils transmettent, vivront-ils leur nouvelle condition ?■



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