LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ET EXEMPLARITÉ ?

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ET EXEMPLARITÉ ?

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ET EXEMPLARITÉ ?




Maxime Reppert
Secrétaire national chargé des conditions de travail et du climat scolaire
conditionsdetravail@snalc.fr


Quand on devient fonctionnaire de l’Éducation nationale, on se dit que l’État, tant dans sa gestion des personnels que pour la question des conditions de travail, se montrera exemplaire. Après tout, n’est-ce pas ce que l’Institution attend des professeurs vis-à-vis des élèves dont ils ont la responsabilité ? Le désenchantement, ou plutôt la chute, est sévère quand la réalité se présente à nous : pas de médecine du travail avec des visites médicales régulières comme dans le privé, pas de valorisation des salaires à la hauteur des missions des personnels, pas de dispositif de protection des personnels, pas de politique de prévention efficace des RPS, pas de sécurisation des personnels au sein de leur établissements, une multiplication des missions mais sans formation…

Tout est paradoxe dans notre Institution. Nous sommes porteurs des valeurs républicaines mais ces dernières ne semblent pas suffisamment s’appliquer à nous :

  • Notre « liberté » (expression, pédagogique…) est de plus en plus grignotée

  • Notre « égalité » est de plus en plus illusoire ; il en est ainsi dans la gestion des personnels mais également vis-à-vis des élèves où on confond volontiers, via les réformes, égalité et égalitarisme

  • Notre « fraternité » se heurte à une déshumanisation progressive du fonctionnement de l’Ecole républicaine (beaucoup se sentent utilisés comme des pions)

Ce paradoxe/ décalage entre ce que l’Institution attend de nous, ce que nous sommes censés être, et ce que nous attendons d’elle, est énorme. Cela se retrouve d’ailleurs dans les propos du Ministre : ce dernier, le 26 août affirmait devant nous, les yeux dans les yeux, reconnaître le temps de travail des professeurs : mais alors, pourquoi imposer une 2ᵉ heure supplémentaire ?

De la même façon, puisqu’il reconnaît qu’il y a de la souffrance chez les personnels, pourquoi ne pas lancer une étude nationale sur les burnout et les suicides ? Pourquoi ne pas définir une politique de prévention des Risques Psycho-sociaux ? Pourquoi ne pas revaloriser notre salaire et nos conditions de travail ?

Dans le quotidien, on nous demande d’être bienveillant avec les élèves mais est-ce que l’Institution l’est avec nous ? Cruelle injustice !
Il y a même un mépris évident, à plusieurs échelles, pour reprendre les propos de cette déclaration liminaire du SNALC à l’occasion des dernières FPMA en juin 2019 dans l’académie de Strasbourg.

Nous tendons à nous comporter de façon exemplaire avec les élèves. Nous exigeons d’eux le meilleur d’eux-mêmes, tout en nous montrant bienveillants. Nous attendons de l’Institution qu’elle soit à la hauteur, vis-à-vis de ses personnels. De l’exemplarité. En attendant, puisque notre Ministère ne réagit pas, le SNALC se voit obligé de se substituer à l’Etat en proposant des outils visant à apporter plus de sérénité aux collègues. Cela passe par de l’écoute, des conseils, des recommandations, une protection juridique pénale (GMF) et bien entendu par Mobi-SNALC.
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