LA MISE EN FORME DE RÉFORME ET VOUS

LA MISE EN FORME DE RÉFORME ET VOUS

Au comité de suivi de la réforme du lycée,
le SNALC porte la voix de ses adhérents

Sébastien VIEILLE
Secrétaire national à la pédagogie
pedagogie@snalc.fr
11 octobre 2019

Grâce au questionnaire auquel vous avez répondu, le SNALC a pu défendre les intérêts des collègues face au comité et mettre en avant les risques liés à la réforme. Votre syndicat a pu porter votre voix sur les difficultés de cette rentrée ainsi que sur le problème de l'abandon de la troisième spécialité.

La rentrée

Le comité de suivi est demandeur de retours de terrain. Les représentants des élèves ont montré que les jeunes sont moins inquiets que leurs enseignants quant à la réforme et se plaignent surtout d’un déficit d’information quant au choix de leurs spécialités. L’Inspection Générale a relevé des dysfonctionnements dans la mise en place des emplois du temps. Elle a perçu dans la réforme du lycée un « basculement » menant à une transformation profonde du métier de chef d’établissement, du métier d’enseignant et du « métier » d’élève.
Le SNALC a pu apporter des éléments chiffrés pour corroborer cette analyse. En effet, 40% de nos collègues nous ont signalé une baisse de la dotation globale dans leur établissement. 62% voient leur temps de présence dans l’établissement accru et s’accompagner de plus de « trous » et de moins de demi-journées libérées.
Le SNALC a pu montrer combien les spécialités avaient eu un impact sur ces emplois du temps. Ainsi, si 9% des collègues seulement nous ont fait remonter un positionnement sur le samedi matin, ils sont 28% à nous signaler des spécialités le mercredi après-midi. Nous avons bien sûr présenté les inconvénients de cet état de fait, notamment sur les activités sportives.
Et si dans l’ensemble les vœux des élèves ont été respectés en termes de spécialités, il faut noter des disparités existent. En effet, celles qui n’ont pu être mises en place, principalement pour des questions de moyens, sont majoritairement adossées à des langues B, aux langues anciennes ou aux arts.
Mais le SNALC ne s’est pas contenté de parler des spécialités. Nous avons montré que dans cette réforme, les options et les disciplines du tronc commun avaient souvent servi de variables d’ajustement en termes d’effectifs. En effet, les spécialités n’ont – dans l’ensemble – pas des effectifs surchargés. Mais cela est rendu possible par une hausse de ceux du tronc commun et des options. L’AP, ou plutôt sa disparition dans beaucoup d’établissements, a semble-t-il été une autre variable.
Enfin, le SNALC s’est inquiété des conditions de travail des collègues ainsi que des personnels de direction – principalement des adjoints en charge des emplois du temps – signalant que 67% de ces derniers s’étaient ouverts de leurs difficultés auprès des enseignants.
Sur tous ces points, le comité s’est montré très intéressé par les données communiquées par le SNALC et s’est engagé à mener une réflexion afin de comprendre d’où venait le fait que dans certains établissements la rentrée avait pu se faire dans de bonnes conditions quand dans d’autres elle avait été particulièrement difficile.
Professeurs principaux et conseils de classe
Concernant les professeurs principaux, le SNALC a pu faire remonter les difficultés rencontrées par les établissements pour trouver des volontaires, signe que cette charge n’attire plus vraiment et que les collègues sont mécontents de la réforme.
De même, le SNALC a montré combien la taille des équipes pédagogiques avait évolué. 62% de nos adhérents voient désormais des équipes de plus de seize professeurs sur une même classe.
Le comité était conscient de cette évolution et désire entamer une réflexion sur la notion de professeur principal et sur celle de conseil de classe.
La piste de réflexion que propose le comité s’appuie sur trois axes :
- Des professeurs référents pour des petits groupes d’élèves
- Des professeurs référents des classes, travaillant avec les précédents
- Des professeurs référents en relation avec le supérieur
Bien sûr, cela demanderait des évolutions quant au système indemnitaire, voire des décharges afin de donner du temps à chacun de s’investir.
Le SNALC n’est pas favorable à cette évolution. Nous restons attachés à la notion de conseil de classe et ne voulons pas que des réunions viennent s’empiler et alourdir encore la charge de nos collègues. En revanche, prévoir un temps de décharge pour les professeurs principaux est une piste intéressante, mais va immanquablement se heurter à la politique de suppressions de postes du ministère.
La question de la troisième spécialité
Point crucial : le président du comité a bien spécifié que cet organe n’est pas là pour remettre en cause les fondements de la réforme du lycée, ce qui entre en contradiction avec ce que porte le SNALC. Nous avons défendu l’idée qu’il ne doit pas être là juste pour définir et promouvoir d'illusoires « bonnes pratiques ». Ainsi, nous avons continué de présenter ce qui pour nous va constituer dans l’avenir une importante source de difficultés, venant s’ajouter à celles déjà constatées : le passage de trois spécialités en première à deux en terminale.
Et devant l’insistance du SNALC sur cette thématique, elle a été ajoutée à l’ordre du jour de la prochaine réunion du comité le 11 décembre. Le président a donc fait preuve d’une ouverture que nous saluons. Nous porterons fermement notre mandat de poursuite de la troisième spécialité en classe de terminale.
La prochaine réunion aura donc pour ordre du jour :
- Une réflexion sur la question des professeurs principaux et des conseils de classe à l’aune des pistes de travail proposées
- Une réflexion sur l’organisation des E3C et son efficacité
- Une réflexion sur l'abandon de la troisième spécialité en fin de première
Sur ces trois thèmes, le SNALC fera appel à ses adhérents pour faire avancer les débats et pour que la paroles des collègues qui vivent cette réforme sur le terrain puissent être entendus.
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