LETTRES CLASSIQUES ET LCA

LETTRES CLASSIQUES ET LCA

LETTRES CLASSIQUES ET LCA

Cécile DIENER-FROELICHER
Responsable lettres classiques
pedagogie@snalc.fr
8 octobre 2019

Ce n’est pas encore en cette rentrée 2019 que les professeurs de Lettres classiques connaîtront la sérénité. Plusieurs problèmes, nouveaux ou récurrents, ont été signalés au SNALC.

➤ En Lycée :

  • La fin de l’année a été marquée par des difficultés à mettre en place la spécialité LLCA dans certaines académies. En effet, certains proviseurs se sont crus permis de ne pas ouvrir la spécialité alors même que le rectorat leur avait attribué la dotation spécifique pour cela, évoquant un nombre insuffisant d’élèves inscrits. Dans l’académie de Limoges, le SNALC a alerté l’Inspection Générale sur le refus du chef d’établissement du lycée Limosin d’ouvrir la spécialité, alors qu’il était le seul établissement de l’académie à la proposer. Une solution d’organisation des groupes avec l’option a été trouvée avec l’aide du SNALC. Malheureusement, ailleurs, comme dans l’académie de Montpellier, c’est la rectrice elle-même qui a exigé un nombre minimum d’élèves, jouant sur l’absence de texte réglementaire. Il n’y a donc pas eu d’ouverture à Carcassonne, et elle reste virtuelle à Béziers. Nous vous invitons à contacter le SNALC si vous rencontrez des difficultés similaires pour l’ouverture (ou le maintien l’an prochain) de la spécialité LLCA.

  • Les horaires des options et spécialité dans l’emploi du temps des élèves, déjà souvent peu engageants avant la réforme, deviennent franchement dissuasifs dans de nombreux cas avec la réforme du lycée. Ce n’est pas ainsi que l’on pourra favoriser l’apprentissage des LCA !

  • La seule bonne nouvelle de la rentrée en lycée, c’est le projet d’épreuve de spécialité LLCA en Terminale. Le SNALC félicite les concepteurs, qui ont créé une véritable épreuve de langues anciennes, équilibrée entre langue, analyse et culture. Mais combien d’élèves poursuivront la spécialité en Terminale, quand il faudra en abandonner une en fin de 1ère ?...

➤ En collège :

  • Les collègues nous font remonter leurs emplois du temps, qui ne respectent absolument pas la circulaire de janvier 2018 (2.2) : alors que « L'enseignement facultatif de LCA ne doit pas, dans la mesure du possible, être positionné systématiquement en début ou fin de journée, ni pendant la pause méridienne : son attractivité pourrait être remise en cause alors même que des efforts sont accomplis pour son développement. », les LCA se retrouvent dans de trop nombreux cas aux horaires dissuasifs, première et dernière heures de la journée, pause méridienne. Les chefs d’établissement semblent avoir bel et bien enterré cette circulaire, puisque, rappelons-le, elle n’est en rien contraignante, même si elle reste notre texte réglementaire de référence.

  • Il en va de même pour les autorisations à arrêter le latin après la 5° : les chefs d’établissement acceptent des demandes totalement injustifiées sans tenir compte de la logique de cycle qui préside aussi à l’enseignement des LCA. Or cette autorisation ne doit être qu’exceptionnellement accordée : « Les élèves intéressés par l'enseignement facultatif de LCA et leur famille prennent l'engagement de suivre cet enseignement sur toute la durée du cycle à partir de leur intégration (celle-ci pouvant intervenir à tout moment du cycle). » (Ibid., 2.2)

  • Dans certains établissements, des heures de latin ont été attribuées à des professeurs de Lettres modernes (détenteurs ou non de la certification) alors même qu’un professeur de Lettres classiques était en poste ou venait d’y être nommé, et ce alors que celui-ci pouvait parfaitement assurer toutes les heures de LCA de l’établissement, et sans son accord, le chef d’établissement le mettant devant le fait accompli. Cela est tout à fait inacceptable. Le SNALC rappelle que l’attribution d’heures de LCA à un professeur de LM ne peut se faire qu’en l’absence de LC dans l’établissement, ou dans le cas où celui-ci ne pourrait assurer toutes les heures (temps partiel…) : « Conformément aux textes en vigueur, le chef d'établissement confie les heures d'enseignement de LCA aux enseignants de lettres classiques qui ont tous reçu la formation nécessaire pour dispenser l'enseignement du français, du latin et du grec. Si l'établissement ne dispose pas d'enseignant de lettres classiques, ces heures peuvent être confiées à un enseignant de lettres modernes, dans la mesure où il a suivi une formation dûment validée dans la/les langue(s) ancienne(s) qu'il doit enseigner et où cette prise en charge a reçu l'accord de l'inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional de lettres en charge de l'enseignement de LCA. » (Ibid., 4.1) Si vous êtes dans ce cas, nous vous invitons à contacter d’urgence le SNALC afin que cela ne se reproduise pas l’an prochain.

  • Le problème des VS (ventilations de service) mentionnant un service de Lettres classiques avec complément de service en Lettres modernes persiste, particulièrement dans certains académies (Dijon, La Réunion). Nous vous invitons à vous reporter à notre article consacré à ce sujet pour connaître la marche à suivre pour faire rectifier vos VS et à nous signaler tout obstacle rencontré.

  • Enfin, que ce soit en lycée ou en collège, on constate que les professeurs de Lettres classiques ont de plus en plus de difficultés à muter : fermetures de poste de LC, transformations en postes LM, professeurs de LM effectuant déjà les heures de LCA et en conséquence, chefs d’établissements ne demandant pas de poste de LC… Les postes LC ouverts au mouvement sont de plus en plus rares. Or, dans le même temps, on constate que les rectorats n’ont aucun problème pour affecter un collègue LM sur un poste LC en l’absence de candidat, mais refusent d’affecter un collègue LC sur un poste LM, quitte à laisser celui-ci non pourvu ! Un poids, deux mesures, et toujours au détriment des professeurs de Lettres classiques ! Il serait temps d’harmoniser les pratiques : soit on respecte les valences et un professeur de LM ne peut être affecté sur un poste LC, soit on accepte qu’en l’absence de candidat sur un poste LM, un professeur de LC qui le demande puisse être affecté. Le SNALC portera ce problème en groupe de travail ministériel cet automne.

Le SNALC a mené une enquête auprès de ses adhérents Lettres classiques en cette rentrée pour faire le point sur ces situations. Dans tous les cas, si vous rencontrez un des problèmes ci-dessus (ou un autre), nous vous invitons à contacter vos responsables SNALC en académie, et au niveau national : cdiener.snalc@gmail.com.
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