L’ETLV, LA CHIENLIT PÉDAGOGIQUE OU LE PARCOURS DU COMBATTANT

L’ETLV, LA CHIENLIT PÉDAGOGIQUE OU LE PARCOURS DU COMBATTANT

L’ETLV,
LA CHIENLIT PÉDAGOGIQUE
OU LE PARCOURS DU COMBATTANT

Sylvie CHIARIGLIONE
Membre du bureau national
pedagogie@snalc.fr
8 octobre 2019

L’Enseignement Technologique en Langue Vivante a été installé cette année dans toutes les filières technologiques. C’est un enseignement bi-disciplinaire de la LVA anglais appliquée à la spécialité de science et technologie concernée. L’horaire hebdomadaire engage 1h sur l’emploi du temps. Les démarches d’enseignement sont collaboratives et actionnelles, les thématiques sont propres à la spécialité technologique, assorties d’un travail linguistique et culturel traditionnel. Ce co-enseignement sera sanctionné par une épreuve orale au baccalauréat qui reposera sur la présentation d’un cas concret représentatif de la discipline technologique choisie. Il est évalué également dans le cadre de la note de bulletin du contrôle continu.

Le SNALC a constaté la difficile mise en place de cette discipline à bien des niveaux :

  • Le fiasco des emplois du temps : les barretages de disciplines ne sont jamais simples, le problème du positionnement de cet enseignement dans la semaine s’est posé : accolé aux heures d’anglais traditionnelles ? aux cours de spécialité ? totalement dissocié ? chacun fait ce qu’il lui plait…de fait, l’heure unique revêt rapidement un statut de bouche-trou dans les emplois du temps, tellement tout le monde s’en moque. Ajoutons tout de même que l’ETLV est pris sur l’horaire de langue vivante.

  • Une préparation des intervenants enseignants à la cohabitation quasi-inexistante : après le traditionnel engouement de départ pour cette nouvelle matière issue de l’union de 2 savoirs, certains étant plutôt favorables sur le principe à ce concept, force fut de constater qu’en l’absence de formation préparatoire en langue vivante notamment, la mise en route fut plus que burlesque ! Par quel bout l’année devait-elle être attaquée ? Quid du programme exact interdisciplinaire? Comment faire une progression cohérente de fait ? Que doit-on privilégier dans le cours aussi bien au niveau technologique que linguistique ? Comment accorder ses violons avec l’autre collègue ? Sur quelles heures se concerter, le travail de préparation étant conséquent ? Que fait l’autre dans son programme ? Comment dois-je l’appréhender ?

  • Le problème de la stratégie d’enseignement : le souci de la prise en compte de l’autre enseignement et de ses spécificités a clairement émergé. Chaque discipline ne se dispense pas de la même manière.

  • Dans quelle langue doit-on enseigner ? : le barrage de la langue est majeur, tous les collègues issus du technologique étant loin de posséder une habilitation ou une certification en langue. Les inquiétudes naissent et les interrogations quant aux aptitudes à évaluer l’épreuve orale conjointement se font sentir…Le compromis en cours semble être le travail en groupes d’élèves et des enseignants qui se déplacent dans la salle et s’expriment tour à tour en anglais ou en français selon leur spécificité.

  • Comment doit-on évaluer ? : en l’absence de grilles d’évaluation en ce début d’année et de projection sur l’année de terminale, les inquiétudes de passer à côté du sujet en termes d’évaluation surgissent. Chacun devra bricoler des critères circonstanciés en fonction de ce qu’il pense être essentiel dans la transposition de sa spécificité sur le cours.

  • Les moyens logistiques ne suivent pas toujours : l’ETLV suppose l’utilisation des outils numériques de recherche documentaire notamment et de projection. Or, tous les cours ne sont pas nécessairement prévus dans des salles équipées avec poste informatique pour chaque élève ou binômes d’élèves tout au moins. Il faut se battre en début d’année pour trouver une salle adaptée sachant que les d’emplois du temps privilégient les cours à dominante informatique avérée.

  • Les élèves semblent quelque peu perdus : Cette année a démarré dans une semi-confusion pour les élèves aussi, habitués à des situations de cours traditionnelles et peu enclins à l’autonomie en début de 1ère. Le goût de la prise de responsabilités est heureusement vite arrivé pour balayer les craintes ! Les résultats seront-ils probants cela dit, à raison de 1h par semaine dans un cours où il est plus facile de s’éparpiller dans des recherches thématiques que de se concentrer sur un objet d’étude ciblé ?

A l’issue de quelques semaines de galère à tâcher de s’accommoder de conditions de navigation tourmentées et d’un fort sentiment de dérive, les collègues semblent mettre le cap vers l’objectif bien précis de survivre à cette aventure quasi- improvisée, d’autant plus que le système semble à nouveau compter sur eux pour trouver des solutions à tout… « Heureux qui comme Ulysse..»…
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