CONTRACTUELS ENSEIGNANTS : PLUS OU MOINS MAL RÉMUNÉRÉS

CONTRACTUELS ENSEIGNANTS : PLUS OU MOINS MAL RÉMUNÉRÉS

CONTRACTUELS ENSEIGNANTS : PLUS OU MOINS MAL RÉMUNÉRÉS


© iStock - calvste

Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1431, juillet 2019
Par Danielle ARNAUD, secrétaire nationale chargée des contractuels


Si en pleine crise des gilets jaunes, Emmanuel MACRON remet au goût du jour le « Travailler plus pour gagner plus », si cher à Nicolas SARKOZY, les contractuels enseignants continuent à « Travailler autant pour gagner moins ».

Beaucoup considèrent que n’ayant pas réussi un concours de recrutement, souvent très sélectif, il est légitime qu’ils soient moins rémunérés. Un contractuel enseignant de première catégorie (licence minimum) débute à l’indice 367, soit 1 720 euros bruts mensuels et un certifié stagiaire commence à l’indice 383, soit 1 795 euros mensuels bruts. Si la différence de 75 euros peut apparaître assez faible, l’écart ne cessera de se creuser au fil des années.

En effet, au bout de 20 ans, le certifié percevra 2 765 euros bruts mensuels. Quant au contractuel, en admettant qu’il soit revalorisé tous les 3 ans, ce qui est très rare, il percevra 2 334 euros, soit un écart de 431 euros.

Si le contractuel exerce dans une académie « généreuse » en termes de rémunération parce que les conditions de travail y sont particulièrement difficiles (à Créteil ou à Lille, par exemple), ou si son expérience professionnelle ou la rareté de la discipline enseignée le justifie, il peut espérer à titre dérogatoire débuter à un indice supérieur à 367. Quant à la progression, elle ne se fera pas nécessairement à un rythme plus rapide.

Alors, oui, les contractuels n’ont pas le concours, mais ils exercent majoritairement dans les territoires délaissés par les titulaires, ne connaissent leur affectation qu’au dernier moment, souvent à temps incomplet … Pire encore, ils doivent être capables de remplacer n’importe quel collègue au pied levé, changent parfois d’établissement plusieurs fois dans l’année scolaire, alternent périodes d’emploi et périodes de chômage, ce qui implique non seulement des revenus plus faibles, mais aussi aléatoires. Enfin, contrairement aux titulaires, le niveau et le rythme de progression de leurs rémunérations sont très disparates selon les académies, puisque les modalités d’avancement ont été définies par les Comités Techniques Académiques (décret 2016-1171), alors qu’ils ont les mêmes obligations de service.

Les contractuels paient donc l’absence de concours au prix fort.■

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