TEMPS DE SERVICE DES AGRÉGÉS : TRAVAILLER MOINS ET GAGNER PLUS ?

TEMPS DE SERVICE DES AGRÉGÉS : TRAVAILLER MOINS ET GAGNER PLUS ?

TEMPS DE SERVICE DES AGRÉGÉS :

TRAVAILLER MOINS ET GAGNER PLUS ?






Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1460, juin 2019
Par Frédéric SEITZ, commissaire paritaire agrégé et président du SNALC Versailles


Á ceux qui prétendent que les professeurs ont plus de temps libre que les autres agents du public et les cadres du privé, les agrégés, avec des maxima de service hebdomadaire inférieurs à ceux des autres catégories d’enseignants et une rémunération indiciaire supérieure paraissent jouir d’un privilège exorbitant. En réalité, touchés plus que les autres corps par la surcharge de travail et les activités chronophages, en raison du niveau des classes où ils sont engagés, les agrégés subissent une érosion plus forte de leur temps libre.

La durée de travail réelle hebdomadaire d’un agrégé dépasse largement les 15 heures ou les 17 heures (pour les agrégés d’EPS). Il faut y ajouter le temps consacré à la préparation des cours. Or, un professeur qui enseigne en lycée, en classe préparatoire ou dans le supérieur, comme c’est la vocation d’un agrégé, est dans l’obligation d’avoir des connaissances particulièrement précises et mises à jour régulièrement, ce qui exige beaucoup de vigilance et de temps.

Á cela s’ajoutent la correction des copies, le travail supplémentaire induit par les changements de programmes au fil des réformes, la réduction des horaires disciplinaires qui augmentent les services d’un ou deux niveaux supplémentaires, les réunions multiples et souvent inutiles, l’organisation de projets pris sur le temps libre personnel ou familial rémunérés en HSE ridicules ou en IMP. Les grandes vacances, elles, sont amputées par les jurys, les surveillances et les corrections, les oraux d’examens et de concours. Cette diminution du temps libre affecte encore davantage les agrégés qui sont engagés dans des classes au niveau particulièrement exigeant, leur imposant des tâches encore plus lourdes et plus chronophages.

En outre, à la différence des cadres du privé, dont le degré de formation et d’étude leur est égal ou même inférieur, des autres professeurs des pays de l’OCDE comparables à la France par le niveau de vie, les agrégés, du fait de la dégradation de leur traitement indiciaire, ne peuvent profiter de leur temps libre, autant qu’ils le souhaiteraient, pour de longues lectures, des voyages ou des séjours en France et à l’étranger, pour tous les loisirs culturels qui répondraient à leur formation intellectuelle de haut niveau, et contribueraient tout au long de leur carrière à l’approfondissement et à l’enrichissement de leur culture.

Que ce constat ne nous empêche pas néanmoins de passer de bonnes vacances !■

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