CHEF-D’OEUVRE ET CO-INTERVENTION : N’AYEZ CRAINTE

CHEF-D’OEUVRE ET CO-INTERVENTION : N’AYEZ CRAINTE

CHEF-D’OEUVRE ET CO-INTERVENTION : N’AYEZ CRAINTE





Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1460, juin 2019
Par Guillaume LEFEVRE, secrétaire national à l’enseignement professionnel
et Gilbert BOURBOUL, PLP SNALC Rennes


Le Ministère à travers le corps d’inspection propose à la va-vite des journées de formation de bassin à un nombre limité de PLP sur les heures de co-intervention et le chef-d’oeuvre, fleurons de la réforme de la voie professionnelle. Cela malgré les différents guides, vade-mecum et parcours de formation, finalement jugés insuffisants, qui ont été élaborés pour permettre aux équipes pédagogiques de lycées professionnels et de centres de formation d’apprentis de mieux s’approprier ces « axes et leviers » de la transformation de la voie pro. L’aveu de faiblesse et la preuve d’un échec retentissant de cette réforme inappropriée sont ainsi évidents.

Ces deux dispositifs souffrent d’une incompréhension des chefs d’établissement qui utilisent ces heures comme variables d’ajustement, à l’instar de l’AP, pour répartir et compenser les heures disciplinaires perdues par la réforme. La mise en œuvre peut donner lieu à des regroupements ponctuels des horaires de l’ensemble des enseignants impliqués dans le chef-d’œuvre. Aucune heure n’est dédiée à la concertation des enseignants engagés dans ces dispositifs alors que le suivi doit se faire sur les années de formation et à différentes étapes de l’avancée des projets chef-d’œuvre en créant des outils de suivi et d’évaluation. Pareillement pour la co-intervention qui suppose une préparation en amont des collègues des disciplines professionnelles et générales et une maîtrise des nouveaux référentiels dénués de sens et non aboutis.

La surcharge de travail pourrait être la prochaine « bombe à retardement » des risques psycho-sociaux avec des heures non dédoublées alors que les grilles horaires le stipulent clairement. Sans dotation horaire dédiée, quel pourra être le caractère pluridisciplinaire du chef-d’oeuvre en bac pro ? C’est la porte ouverte à une concurrence exacerbée entre collègues. Le plus grand danger pour les PLP est l’annualisation de ces heures et le travail en barrettes avec des EDT évoluant pendant l’année et intégrant des réunions non rémunérées.

Le SNALC appelle les PLP à la plus grande vigilance et les défendra face à la flexibilisation du temps de travail et à la perte progressive de la liberté pédagogique.

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