ÊTRE OU NE PAS ÊTRE, LÀ N’EST MÊME PLUS LA QUESTION !

ÊTRE OU NE PAS ÊTRE, LÀ N’EST MÊME PLUS LA QUESTION !

ÊTRE OU NE PAS ÊTRE, LÀ N’EST MÊME PLUS LA QUESTION !

ou comment l’enseignant de LV est victime de violence pédagogique larvée




Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1460, juin 2019
Par Sylvie CHIARIGLIONE, membre du Bureau national du SNALC


Je suis professeure d’anglais en lycée depuis 25 ans. Mon parcours est modèle : je me suis lancée dans le professorat avec passion. J’ai toujours évolué correctement, enseigné dans des établissements aux conditions de travail et public favorables. Je suis reconnue par ma hiérarchie… que demander de plus ?


Pourtant, mon quotidien n’est plus aussi plaisant qu’avant. Je ne ressens plus la même motivation. Quelque chose me gêne.

Lassitude de l’enseignement et besoin de reconversion aux 2/3 du mandat ?

Pas du tout ! Je souffre d’exposition à ce que j’appellerais « la violence pédagogique », source de maux physiques et psychologiques. En cause :

  • L’obligation de rendement face à des programmes qui deviennent soudain très ambitieux pour certains (en spé LV) ou carrément vides de tout pour d’autres, créant ainsi un stress de la mise en oeuvre et un surcroît de travail.

  • L’automaticité des activités de classe qui n’est pas près de cesser si j’en crois un stage récent auquel j’ai assisté sur les nouvelles façons de concevoir des séquences pédagogiques en LV dans le cadre de la Réforme du Lycée : séquences de 4 ou 5 heures, choix systématique d’au moins 3 documents supports, amener les élèves à dresser une synthèse et répéter l’expérience en l’état dans toute séquence jusqu’à ce que sans doute une tendinite cérébrale s’ensuive !

  • Les évaluations critériées qui n’en sont pas car peu précises, nous mettent en porte à faux face à toute la communauté scolaire car il faut sans cesse se justifier de leur pertinence tant les notes obtenues ne sont pas le reflet d’un niveau réel en LV.

  • L’incitation forcée, nerveusement pénible, de certains supérieurs à la mise en place de projets palliatifs type ERASMUS qui prétendent résoudre des carences éducatives locales en allant chercher ailleurs des solutions que nos propres hiérarchies n’ont jamais été capables d’initier sur place faute de propositions de travail sensées.

Le SNALC demande que l’angle pédagogique ne soit pas occulté dans la réflexion sur les conditions de travail.■

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