PROFESSEURS DE LETTRES CLASSIQUES : VERS UNE ASSIGNATION À RÉSIDENCE ?

PROFESSEURS DE LETTRES CLASSIQUES : VERS UNE ASSIGNATION À RÉSIDENCE ?

PROFESSEURS DE LETTRES CLASSIQUES :

VERS UNE ASSIGNATION À RÉSIDENCE ?




Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1429, mai 2019
Par Cécile DIENER-FROELICHER, responsable SNALC lettres classiques




On parle souvent de la réduction des heures de LCA sous l’angle de la pérennité de cet enseignement pour les élèves. Un autre problème, plus insidieux, est en train d’apparaître, pour le droit à la mobilité des professeurs cette fois.

À l’origine du mal : La réforme du collège 2016 a réduit drastiquement le nombre d’heures de LCA en supprimant le « fléchage » national de celles-ci, désormais prises sur la marge horaire de l’établissement. Et la circulaire de janvier 2018 de M. BLANQUER n’y a rien changé. Dans le même temps, il existe une vraie pénurie de professeurs de LC (postes non pourvus aux concours).

Conséquences :

  • Le nombre de professeurs de Lettres classiques « nécessaires » à l’enseignement des LCA baisse, d’où : fermetures de postes de LC, « gel » temporaire de ces postes par l’affectation de stagiaires, transformation en postes de Lettres modernes, à l’occasion de départs en retraite ou non. Or, c’est oublier un peu vite que les professeurs de LC enseignent autant le français que les LCA ! Il n’y a donc aucune nécessité à transformer ces postes.

  • Le nombre de professeurs de Lettres classiques « nécessaires » à l’enseignement des LCA baisse, d’où : fermetures de postes de LC, « gel » temporaire de ces postes par l’affectation de stagiaires, transformation en postes de Lettres modernes, à l’occasion de départs en retraite ou non. Or, c’est oublier un peu vite que les professeurs de LC enseignent autant le français que les LCA ! Il n’y a donc aucune nécessité à transformer ces postes. En l’absence de professeurs de LC, les rectorats affectent des professeurs de Lettres modernes sur des postes de LC, TZR ou non, détenteurs de la certification ou non. Si le fait de perpétuer l’enseignement des LCA est louable, cela ne l’est plus quand ces postes de LC ne passent plus au mouvement.

Problème : dans certaines académies, il devient quasiment impossible pour les professeurs de LC de muter, ce qui est contraire au droit à la mobilité de chaque travailleur. Les professeurs de LC seront-ils un jour condamnés à rester toute leur carrière dans le même établissement ?

Paradoxe : dans certaines zones, des postes de LC ne sont pas pourvus, alors qu’aucun poste n’est ouvert au mouvement inter-académique !

Pour le SNALC, il est grand temps de mener une véritable politique en faveur des LCA : il ne suffit pas de leur faire des déclarations d’amour, il faut leur rendre toute leur place en collège et en lycée, avec des horaires nationaux garantis pour les options, qui permettront aux collègues d’avoir les mêmes droits et chances de mutation que dans les autres disciplines, et donneront envie aux étudiants de passer les concours.

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