NON AUX LENDEMAINS DE CONCOURS QUI DÉCHANTENT !

NON AUX LENDEMAINS DE CONCOURS QUI DÉCHANTENT !

PROFESSEURS AGRÉGÉS.
NON AUX LENDEMAINS
DE CONCOURS
QUI DÉCHANTENT !


Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1428, mai 2019
Par Frédéric SEITZ, commissaire paritaire agrégé
et Président du SNALC Versailles


Rémunérer les agrégés à la hauteur de ce qu’ils méritent n’est pas un sujet tabou. Si l’État donne aux agrégés une formation complète et exigeante, c’est parce que la République leur assigne pour mission d’être les fers de lance de la bataille pour la formation. Ils doivent donc bénéficier de la reconnaissance matérielle correspondante.


L’agrégation n’est pas une anomalie curieuse venue du passé, mais une chance pour notre système éducatif. Un agrégé n’est pas un érudit mais un étudiant, qui a acquis par sa force de travail de solides connaissances, des méthodes d’analyse, de réflexion et réussi, en temps limité, donc en travaillant vite, une traduction, un problème, une leçon. La République a besoin de ces professeurs pour enseigner dans les quartiers difficiles comme dans les classes préparatoires et les grandes écoles, où les étudiants s’approprient les méthodes grâce auxquelles ils excelleront dans leur spécialité.

L’agrégation est moderne. Depuis sa création, elle répond aux nouveaux besoins d’enseignement : aujourd’hui les langues de France (ex-langues régionales), peut-être prochainement l’informatique, la documentation.

L’agrégation est attractive, représente une promotion de carrière pour les enseignants qui tentent le concours par la voie interne ou sollicitent la liste d’aptitude.

Mais en comparant la rémunération des agrégés à celle d’autres corps de niveaux ou de diplômes équivalents, on voit que l’État ne traite pas les agrégés à la hauteur des ambitions qu’il place en eux en leur donnant une formation complète et coûteuse (université, souvent classe préparatoire et scolarité en grande école) et en leur appliquant une sélection impitoyable.

On prétend que les agrégés ne doivent pas se plaindre, gagnant plus que les autres professeurs, en faisant moins d’heures de cours et en enseignant dans des classes les plus faciles. Pourtant ils subissent la même dévalorisation morale et financière que tous les personnels.

En revalorisant l’écart indiciaire entre les autres personnels enseignants et les agrégés, la République montrera qu’après avoir fortement investi dans la formation des agrégés, elle continue de miser sur eux, comme elle le fait pour les autres corps prestigieux de l’État.
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