OÙ PLACER LES CONCOURS ENSEIGNANTS

OÙ PLACER LES CONCOURS ENSEIGNANTS

OÙ PLACER LES CONCOURS ENSEIGNANTS ?



Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1427, avril 2019
Par Jean-Rémi GIRARD, président du SNALC




Le ministre a remis des sous dans la machine en indiquant qu’il fallait changer la place du concours. Est-ce bien nécessaire ?

Suite à la déclaration de Jean-Michel BLANQUER devant la représentation nationale, le concours va devoir passer en fin de M2 à l’horizon 2021. C’est sa « vocation », selon le ministre. Le SNALC en a été fort surpris, car nous nous trouvions dans une séquence de travail constructive avec la DGRH1 sur la formation initiale, avec des améliorations significatives : taux minimum imposé de formateurs en service partagé dans les ESPE (au moins 1/3) et cadrage national des contenus de la formation. Pourquoi donc rouvrir le dossier de la place du concours ?

Pour le moment, rien n’est arrêté au ministère, qui nous a néanmoins présenté les pistes suivantes :
• aucune remise en question des concours (dont l’agrégation) ;
• épreuves en fin de M2 ;
• contenus « plus professionnels » des épreuves ;
• éviter de « faire bachoter » les étudiants.

Le SNALC a signifié qu’il n’était pas demandeur d’une modification de la place du concours et que le bachotage concernait surtout les épreuves dites « professionnelles », généralement très déconnectées de la réalité de l’acte d’enseigner à des élèves non virtuels. Nous sommes attachés à ce que le concours certifie la maîtrise dis ciplinaire, tant dans le primaire que dans le secondaire. Nous sommes opposés à une entrée plus tardive dans le métier, qui réduira encore le vivier de recrutement. Enfin, l’argument selon lequel l’année de M1 est trop chargée se retourne assez vite contre lui : on risque de voir une année de M2 où il faudra préparer le concours, obtenir le master pour beaucoup de collègues… et possiblement enseigner à temps partiel en tant que contractuel !

Les échanges vont se poursuivre, mais on admirera à quel point le ministère parvient à gâcher des mesures améliorant la formation par un énième coup de com’, qui oblige à tout remettre à plat pour, in fine, suivre une idéologie que l’on ne connaît que trop bien… L’idéologie selon laquelle la maîtrise disciplinaire est secondaire devant la « posture d’enseignant », évaluée par des épreuves bidon valorisant le conformisme à une unique façon d’enseigner.

1) DGRH : Direction Générale des Ressources Humaines


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