LOI BLANQUER NOS DÉPUTÉS N’ONT-ILS RIEN D’AUTRE À FAIRE ?

LOI BLANQUER NOS DÉPUTÉS N’ONT-ILS RIEN D’AUTRE À FAIRE ?

LOI BLANQUER


NOS DÉPUTÉS N’ONT-ILS RIEN D’AUTRE À FAIRE ?




Par Jean-Rémi GIRARD, président du SNALC
Article publié dans la Quinzaine universitaire n°1426




Au moment où nous écrivons ces lignes, le projet de loi sur l’École de la confiance est à l’étude en première lecture à l’Assemblée nationale. Et c’est déprimant.



Le SNALC a déjà signalé depuis un bon moment que ce projet de loi n’a aucune cohérence interne, et que la « confiance » est un fil directeur bien mince pour relier des choses aussi variées que la scolarisation obligatoire dès 3 ans, la création d’un rectorat à Mayotte ou bien encore l’invention d’établissements publics internationaux ultra-sélectifs (voir QU n°1422, page 11).

Et donc, puisque ce projet est un fourre-tout, la représentation nationale s’est fait un plaisir de déposer plusieurs centaines d’amendements portant sur absolument n’importe quoi. Il est intéressant (mais également très inquiétant) de voir quels amendements sont adoptés. Cela donne un très bon aperçu de la politique réellement menée par le ministère.

D’un côté, les symboles républicains qui ne mangent pas de pain (mais coûtent des sous) : drapeau français, drapeau européen et refrain de la Marseillaise (1) dans toutes les salles de classe ! On entend bien la volonté de réappropriation, mais était-ce vraiment la priorité au vu de l’état de notre École, et de l’état de délabrement d’un grand nombre de ses salles et bâtiments ? On peut aussi y ajouter les belles déclarations la main sur le coeur telles que « le règlement intérieur rappelle le principe de l’école inclusive en précisant les principaux droits et devoirs qui y sont attachés ». Ça sera du plus bel effet à côté de la fausse interdiction du téléphone portable.

De l’autre côté, les véritables évolutions de la politique éducative. La création d’écoles du socle, évidemment. Mais aussi la généralisation des PIAL (2), qui permettent de « mutualiser » les AESH et de les faire même travailler sur plusieurs établissements. Ainsi, on fait de sérieuses économies, puisque le même AESH pourra tranquillement s’occuper de plusieurs élèves en même temps, et changer d’élèves d’une heure de cours sur l’autre ! On mesure à quel point la jolie phrase dans le règlement intérieur est à la limite de la gifle au visage des élèves en situation de handicap… et des personnels qui s’en occupent avec toujours moins de moyens.


(1) Il faudra expliquer aux députés que le refrain de la Marseillaise, ça va uniquement de « Aux armes, citoyens » à « abreuve nos sillons ».
(2) PIAL : Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisés




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