LANGUES VIVANTES: WE HAVE A PROBLEM !

LANGUES VIVANTES: WE HAVE A PROBLEM !

LANGUES VIVANTES


WE HAVE A PROBLEM !



Par Sébastien VIEILLE, secrétaire national à la pédagogie
Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1423


Les programmes de langues vivantes sont en cours de discussion. Le SNALC est très insatisfait des projets actuels. Et, après un groupe de travail assez houleux, il entend bien tout faire pour obtenir de vrais programmes.


LA LOURDEUR DU VIDE

Le tout premier problème de ces projets, la cause en fait de tous les autres défauts que l’on peut leur trouver, est qu’il s’agit d’un programme unique pour toutes les langues ; et ce, dans la voie générale comme dans la voie technologique.

Il est donc tout à fait naturel qu’ils s’articulent autour du diptyque CECRL /culture, qui est transférable à chacune des langues enseignées. Et pour l’un comme pour l’autre, force est de constater que les concepteurs des programmes ont décidé de charger la mule.

Cinq compétences n’étant pas suffisantes, voilà que l’on nous ajoute la médiation. Il s’agira pour un élève d’être rapporteur des activités de classe, d’identifier les repères culturels inaccessibles à autrui dans un document et les rendre compréhensibles ou encore d’animer les travaux collectifs…

Le programme culturel précédent était jugé lourd ou contraignant, notamment en première avec les quatre notions à travailler. Eh bien, dorénavant ce seront six actes culturels, sur les huit proposés, qui devront être étudiés en deux à trois séquences en seconde et en une ou deux séquences en première. Cela signifie 12 à 18 séquences en seconde. Cela signifie aussi une progression encore plus contrainte qu’avant en première.

Concernant la langue proprement dite : si ce n’est rien, disons… pas grandchose. Les programmes réaffirment qu’il faut travailler le lexique et la grammaire en contexte, que la phonologie est importante, même si l’objectif n’est pas de recréer des locuteurs natifs, et que l’orthographe doit être une préoccupation.

Sur la mise en place de ces intentions ? Du vide. Pas de programme. Aucun attendu. Pas même en fin de cycle.



LE SNALC A TENU UN DISCOURS DE VÉRITÉ

Le SNALC a exposé ces défauts aux inspecteurs généraux venus présenter les programmes lors du groupe de travail organisé au ministère, tout en expliquant que la langue devait être au coeur de l’enseignement, tout spécialement face aux difficultés croissantes des élèves entrant en seconde.

Sur l’absence de contenus grammaticaux, un inspecteur général argua qu’ils étaient implicitement contenus dans le programme culturel. Le SNALC se fit fort de préciser la fonction d’un programme en une formule très simple : « Si c’est dans les programmes, ça existe. Si ce n’est pas dans les programmes, ça n’existe pas. » Nous ajoutâmes que des collègues faisant de la grammaire en classe continueraient de subir le courroux d’IPR venus les inspecter. Une inspectrice générale cria littéralement au délit de « fake news ».

S’ensuivit un moment d’union syndicale rare. Même les syndicats pédagogistes qui refusent tout programme linguistique expliquèrent à cette inspectrice générale que le SNALC venait de faire une « remontée de terrain ». Et l’inspectrice finit par exprimer son étonnement face à de telles pratiques et assura que la grammaire avait toute sa place dans un cours de langue.



LE SNALC NE DÉSARME PAS

Aucune réelle amélioration n’eut lieu lors de ce groupe de travail. Mais, le SNALC n’entend pas laisser passer des programmes aussi lourds en ce qui concerne le CECRL et la culture et aussi creux pour tout ce qui concerne réellement la langue. Nous rencontrerons bientôt le Directeur Général de l’Enseignement SCOlaire (DGESCO). Et si nous ne parvenons pas à faire évoluer ces « non-programmes », nous prendrons nos responsabilités et voterons « contre » lorsqu’ils seront présentés au Conseil Supérieur de l’Éducation.


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