SÉRIES TECHNOLOGIQUES: INCOHÉRENCES ET MALTRAITANCE

SÉRIES TECHNOLOGIQUES: INCOHÉRENCES ET MALTRAITANCE

SÉRIES TECHNOLOGIQUES


INCOHÉRENCES ET MALTRAITANCE



Par Sébastien VIEILLE, secrétaire national à la pédagogie
Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1423


Les nouveaux programmes sont en train de voir le jour. Et au nom d’une étrange conception de l’égalité, ils semblent devoir maltraiter les élèves des séries technologiques. Le SNALC ne partage pas, loin s’en faut, la vision de l’institution


DANS LES SPÉCIALITÉS, PROGRAMMES CORRECTS MAIS UN DANGER


Il y avait de quoi être inquiet face à des regroupements de spécialités pour confectionner des bidules interdisciplinaires, que le SNALC, attaché à l’enseignement disciplinaire, a toujours combattus.

En ce qui concerne les projets de programmes, que ce soit en STI2D, STD2A, STMG, STL ou ST2S, c’est plutôt cohérent. On voit se dessiner des découpages qui peuvent permettre à chacun d’y trouver son compte. Le réel point de vigilance sera bien évidemment sur la manière dont les rectorats et les chefs d’établissement répartiront les heures. Mais, ce sera le cas pour toutes les spécialités interdisciplinaires, que ce soit dans la voie générale ou dans la voie technologique. C’est d’ailleurs pour cela que le SNALC, dans tous les groupes de travail ministériels, n’a eu de cesse de demander des cadrages précis sur la question cruciale du « Qui fait quoi ? ». Nous sommes conscients que derrière toute réforme récente, la volonté de supprimer des postes est là. Il nous faut tout faire pour éviter que tout devienne prétexte à des saignées. Ces dernières ont hélas déjà commencé : dans toutes les séries sauf en STMG, il y a des pertes d’heures (grilles + enveloppe d’autonomie).



DANS LES MATIÈRES « GÉNÉRALES », ON MARCHE SUR LA TÊTE


Pour commencer, notons un point positif. En Mathématiques, du fait qu’en voie technologique cette discipline n’est pas une spécialité, le programme est différent de celui en cours dans la voie générale. On note même des spécificités selon les séries, qui sont en rapport avec les besoins effectifs. L’on ne peut que s’en réjouir.

En Histoire-Géographie, les programmes de la voie générale et de la voie technologique sont différents. Il y a eu une relative prise en compte de la spécificité de cette dernière. Il demeure des lourdeurs cependant – mais elles sont aussi importantes dans la voie générale et dans la voie technologique – et le SNALC fera tout pour obtenir des allègements qui seront nécessaires si l’on veut que les programmes soient traités correctement et intégralement.

Par contre, il nous faut remarquer qu’en EMC, en Langues Vivantes et en Français, il n’y a aucune différence entre les deux voies. Lorsque dans les divers groupes de travail, le SNALC a signalé que cela poserait des problèmes, les inspecteurs généraux des disciplines en question ont tous répondu qu’il ne fallait pas traiter les élèves de la voie technologique différemment de ceux de la voie générale.

Le SNALC ne peut répondre qu’une chose : ces deux parcours sont différents et les profils d’élèves sont différents. A trop vouloir l’égalité, on ne respecte pas l’équité. Si un élève s’oriente ou est orienté vers une série technologique, c’est parce que de par ses appétences ou les capacités dont il fait montre, il sera plus à l’aise dans ce cursus. Lui donner exactement la même chose que s’il était en voie générale confine au non-sens.

Enfin, on notera qu’en Langues Vivantes, le non-sens se transforme en maltraitance tant pour les élèves que pour les professeurs. En effet, non seulement le programme – extrêmement lourd en nombre de séquences à faire par année – est exactement le même, mais les séries technologiques auront moins de temps pour le boucler. En effet, en voie générale, le volume horaire pour les deux langues sera de 4 h 30 alors qu’en voie technologique, il sera de 4 h et comprendra une heure d’enseignement technologique en langue vivante. Si l’on réfléchit en horaire global, cela signifie qu’en trois heures les professeurs de LVA et de LVB devront boucler un programme que d’autres feront en 4 h 30.

Au nom de quoi ? Mais, de l’égalité voyons ! Il ne faudrait pas que les élèves de la voie technologique se sentent différents des autres !

Pour le SNALC, il faut, par souci d’équité, alléger les contenus des programmes de Langues Vivantes en section technologique. Il fera des propositions allant dans ce sens, dans l’intérêt des élèves et des collègues




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