REP et REP+ : sans prime je déprime

REP et REP+ : sans prime je déprime

REP et REP+

Sans prime je déprime !




Par Frédéric ELEUCHE, secrétaire national chargé des personnels administratifs, de santé et sociaux,
& Séverine MANGIN, membre du Bureau académique de Strasbourg
Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1423 du 14 décembre 2018







En 2015, un nouveau régime indemnitaire spécifique a été créé à destination des personnels affectés en REP et REP+ pour reconnaitre leur implication auprès des élèves et accroitre l’attractivité des postes de l’enseignement prioritaire. Mais certains personnels comme les assistants de service social (ASS) n’ont pas accès au niveau d’indemnisation le plus élevé. Le SNALC se mobilise pour défendre les droits de ces collègues.

Il faut croire que certains personnels sont plus égaux que d’autres car la prime REP+ n’est pas versée à tous les collègues qui pourraient y prétendre. Ainsi les assistants de service social en sont tout bonnement exclus. Même s’ils exercent en REP+, ces personnels doivent se contenter du montant de la prime REP, soit 1 734€ au lieu de 2 312€, alors que les problématiques auxquelles ils sont confrontés en REP+ se posent à eux avec autant d’acuité qu’à leurs collègues infirmiers, enseignants ou administratifs qui, eux, bénéficient de cette reconnaissance financière maximale.

La raison de cette discrimination que le SNALC juge totalement inique ? Elle est à chercher dans la manière dont est lu le décret n°2015-1087 du 28 août 2015 : pour les comptables qui sévissent dans les rectorats, il faudrait comprendre que ce texte fait la distinction entre les personnels affectés en établissement scolaire et les autres personnels, qui dépendent d’autres structures. Dans cette lecture, on s’appuie sur l’idée que les ASS sont avant tout rattachés à la DSDEN et qu’ils ne sont nommés dans un ou plusieurs établissements de leur département que dans un second temps : c’est ainsi que l’on justifie qu’ils ne puissent prétendre à la prime la plus élevée.

Cette distinction parait très artificielle parce qu’elle interdit sans raison réellement valable l’accès à une gratification qui, dans les faits, s’avère pleinement méritée. En effet si l’on compare l’indemnisation des infirmiers scolaires et celle des assistants de service social de l’Éducation nationale, on s’aperçoit qu’à niveau de qualification égal (même nombre d’années d’étude, même obligation de se présenter à un concours), les premiers ont droit à l’indemnité REP+ quand ils exercent effectivement leurs missions en REP+, tandis que les seconds n’ont droit qu’à l’indemnité REP même s’ils exercent, pour tout ou partie de leur service, en REP+. Mais comme les ASS sont placés sous la responsabilité d’un DASEN et non sous celle d’un principal ou d’un proviseur – comme c’est le cas pour les infirmiers –, ils perdent le droit à l’indemnité REP+. Autrement dit, à un niveau de formation équivalent, pour un travail comparable et des problématiques identiques à traiter au quotidien, les infirmiers bénéficient d’une indemnité maximale, tandis que les ASS doivent se contenter d’une indemnité moindre. Première injustice.

Et comme si cela ne suffisait pas, le ministère en rajoute une couche au moment de la rentrée 2019 : une nouvelle disposition règlementaire sur l’indemnité REP+ est venue creuser davantage l’écart entre les uns et les autres, avec la prime annoncée de 3 000€ sur les trois années scolaires qui viennent (1 000€ pour l’année scolaire 2018-2019, puis autant en 2019 et 2020), majorée d’une prime aux résultats qui doit être prochainement négociée avec les syndicats.

Le SNALC s’est livré à quelques petits calculs : depuis 2015, date de l’entrée en vigueur de la règlementation sur les primes REP et REP+, jusqu’en 2020, dernière date programmée pour la revalorisation de la prime REP+, la différence de rémunération entre les deux catégories de personnel s’élèvera à 6 468€ au minimum ! On peut y ajouter la revalorisation salariale perdue par le report d’une année du PPCR chez les ASS : les augmentations sont très variables d’une personne à l’autre, mais ces douze mois de retard viennent grossir la somme de ce manque à gagner. Nous parlons, au bas mot, d’environ 7 000€. Ce n’est pas rien…

Il s’agit donc de faire reconnaitre en haut lieu l’iniquité de la situation, et de mettre à profit la prochaine revalorisation des statuts qui aura lieu le 1er février 2019 pour rééquilibrer les choses. C’est en effet à ce moment que les ASS vont bénéficier des effets du PPCR (passage de la catégorie B à la catégorie A, et légère augmentation des salaires – mais progression de carrière peu enthousiasmante, comme c’est désormais le cas pour tous les fonctionnaires).

Le SNALC défend tous les personnels qui font appel à lui. C’est le moment de rappeler au souvenir de notre Ministre que l’engagement des ASS, lorsqu’ils exercent aux côtés de leurs collègues de REP+, exige une reconnaissance qui ne se contente pas que de mots !


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Lire aussi : Mon quotidien en REP+
Témoignage de Carole WOEHRLE, assistante sociale exerçant dans l’académie de Strasbourg et adhérente du SNALC, par Séverine MANGIN, responsable départemental SNALC Haut-Rhin.
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