RECRUTEMENTS RÉSERVÉS : UN BILAN DÉCEVANT

RECRUTEMENTS RÉSERVÉS : UN BILAN DÉCEVANT

Le dispositif Sauvadet avait pour objectifs de favoriser l’accès des agents contractuels de la Fonction publique au statut de fonctionnaire (titularisation), et la transformation des contrats à durée déterminée en contrats à durée indéterminée.

Sur l'ensemble des six sessions (tableaux ci-dessous), de 2013 à 2018,

  • 164 postes furent proposés pour le premier degré, pour 63 postes pourvus

  • 15103 postes ouverts pour le second degré, pour 8163 postes pourvus

Sur la période 2013-2018, le taux admis/postes ouverts aux concours est de 53,9%, autrement dit la moitié des postes ouverts aux concours n'a pas été pourvue. Si l'on restreint la période aux 4 dernières sessions (de 2015 à 2018), ce taux tombe à 40,4% (3905 candidats admis pour 9664 postes ouverts aux concours).

De nombreux facteurs expliquent ce faible rendement.

Assez curieusement, le premier d'entre eux relève du comportement des contractuels. En effet, de nombreux contractuels éligibles aux concours n'ont pas candidaté (on estime qu’au moins 30% des éligibles ne se sont jamais présentés), soit par oubli, soit par peur de devoir muter dans une région éloignée, en cas de titularisation, soit par crainte d’avoir une rémunération inférieure à celle qu’ils avaient en tant que non titulaires.

Par ailleurs, les conditions très restrictives à l'inscription ont également été un frein à la réussite aux concours. Beaucoup de candidats inscrits ont vu leur dossier rejeté (dossier incomplet, dossier remis hors délai, non-respect des consignes imposées lors de l’inscription, oubli de remettre le dossier, etc.).

Enfin, sur les candidats admissibles, trop peu ont été admis (le taux d'échec est d'environ 50% sur les dernières sessions). Ce taux d'échec est inacceptable, car là où les candidats attendaient une validation de leurs acquis professionnels, ils ont trop souvent eu le sentiment de passer une épreuve académique de contrôle des connaissances, ce qui n'était pas l'esprit du dispositif Sauvadet. Plus inquiétant et surprenant encore, des contractuels, lauréats d’un concours, n’ont pas été titularisés à l’issue de leur année de stage, alors qu’ils avaient souvent enseigné pendant de nombreuses années auparavant.

Dès 2015, le SNALC avait alerté le ministère sur la nécessité de faire des campagnes d'information et de mettre en place de véritables formations aux recrutements réservés pour améliorer sensiblement les taux de réussite aux concours. Malheureusement, le SNALC n'a pas été entendu.

Finalement, le « stock » de contractuels, qui aurait dû être résorbé par le plan de 2012, non seulement se reconstitue inéluctablement, mais est même en expansion du fait des « flux entrants » (les recrutements) toujours plus importants que les « flux sortants » (les titularisés). Ainsi, à l’heure du bilan, force est de constater que les résultats du plan de titularisation Sauvadet sont bien en deçà de nos attentes, et que l’objectif qui lui était assigné, à savoir la déprécarisation des contractuels, n’est pas atteint.

Pour le SNALC, il importe de lutter contre la fragilité des contrats et la précarité de la fonction, non seulement en améliorant les conditions d'emploi et de rémunération des contractuels, mais également en leur garantissant un accès à la Fonction Publique qui tienne compte de la validation de leurs acquis professionnels.





Philippe FREY, vice-président du SNALC, contractuels@snalc.fr
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