VOIE PROFESSIONNELLE : LA FUNESTE RÉFORMATION CONFIRMÉE

VOIE PROFESSIONNELLE : LA FUNESTE RÉFORMATION CONFIRMÉE

VOIE PROFESSIONNELLE


LA FUNESTE RÉFORMATION CONFIRMÉE



Par Guillaume LEFEVRE
secrétaire national du SNALC chargé de l'enseignement professionnel, plp@snalc.fr

Article paru dans la Quinzaine universitaire n°1420




Le SNALC avait demandé au ministre des précisions après lecture de son dossier de presse au sujet de la réforme de la voie professionnelle. Il nous a répondu par le biais d’une lettre début août en laissant encore beaucoup de zones d’ombre et des doutes sur la réelle motivation de ce projet révolutionnant l’enseignement professionnel.

Notre questionnement reposait notamment sur les moyens affectés pour permettre aux PLP de mener à bien leurs missions en répondant aux objectifs annoncés que sont l’insertion immédiate ou la poursuite d’études des bacheliers professionnels et la valorisation, en visant l’excellence de la voie pro.

Ces deux objectifs ont été réaffirmés et conditionnés à une transformation de la voie pro pour la réussite des élèves et leur insertion professionnelle.

Mais, nos interrogations perdurent car mis à part le renouvellement de sa confiance ainsi que le rappel de l’innovation pédagogique dont font preuve les PLP pour prendre en charge l’hétérogénéité des publics scolaires et apprentis, le ministre ne nous a pas éclairés davantage.

Ainsi, l’attractivité attendue des nouvelles formations sera le résultat d’une proposition conjointe des branches professionnelles et des Régions en mixant les métiers d’avenir et les métiers traditionnels. D’où la rapide et insistante création des familles de métiers dès la rentrée 2019, basées sur les compétences communes qui implique des suppressions évidentes de postes et d’heures d’enseignement. Les PLP seront destinataires dès cette année de documents ressources pour préparer ce changement structurel visant à préparer l’apprentissage.

Toujours dès la 2nde pro, le renforcement de l’accompagnement des élèves se fera par de l’AP en français et maths avec les tests de positionnement dès l’entrée en seconde de tronc commun. L’AP servira aussi pour préparer les élèves à l’orientation. Mais, les moyens en heures déclarés pour l’AP ne sont pas détaillés. Il n’est pas précisé non plus s’ils seront prélevés ou pas sur le volume horaire jusqu’à présent affecté aux français et maths. Là aussi, il faut s’attendre à une diminution du nombre d’heures de cours dans ces 2 matières. C’est l’amorce de la destruction de l’enseignement disciplinaire pour la co-intervention et la formation par compétences.

Pour la classe de Terminale bac pro, nous avons maintenant la certitude qu’elle sera un sas de sélection entre les élèves qui auront un certain niveau pour la poursuite d’études et ceux qui seront jugés uniquement aptes pour l’insertion professionnelle.

Ceux qui iront vers l’enseignement post bac dénommé « enseignement supérieur » suivront des modules spécifiques pour la poursuite d’études. Quant aux autres, ils seront déterminés on ne sait encore bien comment à la vie active, envoyés sur le marché du travail en fonction des besoins des entreprises qui auront au préalable défini les compétences de base requises. Donc, un bac pro à 2 vitesses avec un diplôme totalement dévalorisé qui ne sera qu’un passe-partout pour sortir de la scolarité obligatoire.

Au sujet du CAP, la flexibilité déclarée sur la formation possible en 1, 2 ou 3 ans n’est que le moyen de former en spécialisant selon les compétences et les besoins du marché du travail de la future main d’oeuvre spécialisée. En aucun cas la qualité du CAP qui autrefois était reconnue n’est préservée. De même, cette souplesse de formation n’est pas synonyme de création de postes mais au contraire confirme bien la volonté de diminuer les heures disciplinaires avec le mixage des temps de formation.

Enfin, le ministre a clairement défini la place de l’Éducation nationale dans la voie professionnelle, celle de développer l’apprentissage et de faire coexister une formation scolaire et une formation continue avec cette expérimentation officielle et réglementaire de l’intégration des apprentis dans les classes en LP. La mixité des publics et la formation par compétences au détriment de la qualité, de la connaissance et de la pédagogie efficace.

Le SNALC n’est pas dupe et restera vigilant pour défendre la formation professionnelle de qualité ainsi que les conditions d’enseignement des PLP.

Les élections professionnelles sont l’occasion de permettre au SNALC de faire cesser cette mise à mort de la voie professionnelle.


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