POUR LE MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE L’ÉLOIGNEMENT EST UN GAGE DE PROXIMITÉ

POUR LE MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE L’ÉLOIGNEMENT EST UN GAGE DE PROXIMITÉ

POUR LE MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE
L’ÉLOIGNEMENT EST UN GAGE
DE PROXIMITÉ


Le SNALC a suffisamment montré que l’alignement de la carte des académies sur la carte des nouvelles régions serait préjudiciable aux personnels, qu’ils soient enseignants ou non, le ministère de l’éducation nationale n’en a cure : les deux ministres ont clairement fait savoir leur intention de procéder à cet alignement, oh ! certes de façon progressive, mais dès 2020.

Pourtant, le Premier ministre, alors M. Valls le 10 septembre 2014, avait chargé trois inspecteurs généraux, MM. Cytermann, Alfandari et Christmann, de lui faire un rapport sur les conséquences d’une telle décision, avec le « triple objectif de simplicité administrative, de proximité de l’action publique et d’efficience »

Or, qu’avaient conclu ces augustes personnages à l’issue de leurs travaux en avril 2015 ?

D’abord, et en caractères gras que « l’éducation est un domaine où la proximité est considérée comme essentielle » et souligné « la crainte d’une distance accrue entre les élus et les citoyens » que « c’est l’étendue des territoires, leur éloignement de la « capitale » régionale et leur diversité qui suscitent le plus d’appréhensions »

Ensuite, les trois inspecteurs généraux avaient montré l’inutilité de cet alignement car « une grande partie des enjeux du système éducatif parce qu’ils sont d’abord pédagogiques n’entre pas dans le champ des compétences régionales […] plus de 90 % de l’activité des services rectoraux est consacré à des missions ne relevant pas ou très indirectement des compétences régionales » et ils concluaient déjà que « la nécessaire collaboration entre académies et régions ne saurait justifier à elle seule l’alignement des académies sur le périmètre des nouvelles régions »

Enfin, ils soulignaient que le « mouvement intra-académique risque de s’avérer difficilement compatible avec des territoires élargis. L’accusation de mutation à l’aveugle serait renforcée avec quelque raison : l’enseignant qui aura par exemple demandé la grande académie de Bordeaux-Limoges-Poitiers en espérant rejoindre le Pays basque pourra se voir affecté dans le cadre du mouvement intra-académique à Guéret »

Bref, le rapport de l’inspection générale était très clair ; il avait perçu tous les aspects du problème et comme le SNALC l’avait déjà dit au ministère, il concluait déjà que « la réflexion doit partir des besoins des équipes pédagogiques, des écoles et des établissements à qui on ne doit pas donner l’impression d’une réforme technocratique n’intéressant qu’une superstructure très éloignée des réalités »

Plus que jamais, l’intention ministérielle fait fi des réflexions et de la réalité : le souci de proximité avait présidé à la création des nouvelles académies après 1962, le souci de l’éloignement administratif préside à leur suppression.

Décidément notre ministère se moque bien du pragmatisme, de la proximité et de l’intérêt de ses personnels.

Frédéric Eleuche
Secrétaire national du SNALC
Chargé des personnels administratifs, de santé et sociaux
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