LYCÉES PROFESSIONNELS : UNE RÉFORME D’UNE GRANDE VIOLENCE

LYCÉES PROFESSIONNELS : UNE RÉFORME D’UNE GRANDE VIOLENCE

Publié le 12-07-2018

LYCÉES PROFESSIONNELS :

UNE RÉFORME D’UNE GRANDE VIOLENCE




Par Guillaume LEFEVRE, secrétaire national du SNALC chargé de l’enseignement professionnel et Valérie LEJEUNE-LAMBERT, responsable PLP pour le SNALC de Versailles
Article publié dans la Quinzaine universitaire n°1419 de juillet/août 2018




Le SNALC a pris connaissance des annonces faites par Jean-Michel BLANQUER sur la réforme de la voie professionnelle. Moins de 10 ans après la mise en place du catastrophique Bac Pro 3 ans et au terme d’une concertation menée au pas de charge, nous assistons une fois encore à une réduction des heures.



Pour le SNALC, toute la com’ sur les « campus », les « réseaux », le « co-enseignement » et les « chefs-d’oeuvres » ne parvient pas à dissimuler les pertes horaires. L’horaire élève sur l’ensemble des trois années subit une diminution comprise entre 296 h et 380 h. Contrairement à ce que le ministère a dit au SNALC ces deux dernières semaines, des réductions budgétaires sont au programme. Le SNALC ne peut donc que constater l’absence de sincérité du dialogue social sur ce point.

La baisse horaire n’est pas le seul point de tension. La création de secondes organisées par familles de métiers (dont certaines nous semblent incohérentes) entraînera de fait une dé-professionnalisation du diplôme. L’introduction très peu encadrée de l’apprentissage dans tous les lycées pro, avec des apprentis qui arrivent et repartent en cours d’année, conduira immanquablement à des mélanges de publics ingérables sur le plan pédagogique. Le ministère nous a bien fait comprendre que ce surcroît de travail ne donnerait lieu à aucune compensation pour les personnels, et entraînerait des compléments de service en CFA ou en UFA.

Pour le SNALC, ces annonces sont parfaitement inacceptables et traduisent un mépris certain de l’ensemble des personnels des lycées professionnels et de leurs représentants.


GESTION ADMINISTRATIVE : 50 % DES POSTES PLP SUPPRIMÉS

Les collègues GA une nouvelle fois victimes des errements de leur hiérarchie.

À compter de la rentrée 2019 et à un horizon de cinq ans, 2 500 postes seront supprimés sur les 4 700 postes (dont 450 postes de contractuels) actuellement existants. Le ministère table sur 1 000 départs à la retraite. Il propose donc de reconvertir 1 500 collègues en professeurs des écoles ou dans des carrières administratives. Lors de l’entretien accordé au SNALC, le 24 mai dernier, Madame DUBO, DRH, a précisé que, dans le cadre d’un pilotage national, les collègues auront le choix entre une mobilité géographique et/ou une mobilité métier. Le SNALC a conseillé de solliciter, en priorité, les enseignants volontaires, ce qui n’a malheureusement pas été retenu.

Le SNALC a compris le peu de sincérité du dialogue social dans la transformation du lycée professionnel. Il est donc dubitatif quant à « l’accompagnement » prévu par le ministère. En premier lieu, l’hypothèse de 1 000 départs à la retraite risque fort d’être invalidée par les décisions individuelles des collègues de retarder leur départ à la retraite en raison de l’application du PPCR et de la création de la classe exceptionnelle, mais surtout du fait de la future réforme des retraites qui émerge aujourd’hui et qui pourrait bien être brutalement mise en application.

Le SNALC sera particulièrement vigilant sur « l’accompagnement » des collègues GA qui ont déjà subi, il y a peu, l’inutile et aberrante fusion des Bacs Pro Secrétariat et Comptabilité pour le résultat que l’on connaît…


SUPPRESSION DE POSTES : Bientôt le lot de tous les PLP ?

Des postes de moins en moins nombreux, étalés sur une zone géographique de plus en plus étendue promettent des mobilités forcées qui impacteront l’ensemble des collègues et leur famille. En effet, la mobilité géographique ou métier, pour reprendre les termes de la RH, a toutes les chances de s’étendre à l’ensemble des PLP.

La réduction du volume horaire des enseignements généraux et professionnels du « nouveau » LP risque fort de s’accentuer. Déjà le ministère évoque une expérimentation qui réduit encore de 20 % le volume horaire présenté pour calquer l’organisation scolaire sur celle de l’apprentissage. Nous avons encore en mémoire le bac pro 3 ans, expérimental lui aussi avant d’être soudainement généralisé. Bac pro 3 ans que le SNALC a rejeté dès le début car il est responsable de la baisse des compétences réellement acquises par les jeunes diplômés de l’enseignement pro et de leur manque de maturité pour s’insérer dans le monde de l’emploi. De plus, le regroupement des formations par familles de métiers modifiera inéluctablement la carte des formations. À quoi s’ajoute la volonté de fusionner les académies. Les PLP seront alors titulaires, au mieux, de morceaux de postes aux 4 coins de l’académie.

Le SNALC poursuit son combat, en dépit des attaques du gouvernement, pour une éducation de qualité délivrée dans des conditions dignes pour les personnels qui permettent à tous de réussir.


L’ESTIME À PEU DE FRAIS DE NOTRE MINISTRE

Tous les PLP ont reçu un message vidéo de Monsieur BLANQUER pour les assurer de son estime. Voilà l’estime que l’on porte aux PLP :

• ISS en voie Pro seulement 400 € contre une pondération jusqu’à 1 HSA, soit en classe normale 1 256 € pour nos collègues en voie générale et technologique.

• Plus de classement en REP ou en REP+ pour les lycées professionnels qui concentrent pourtant toutes les difficultés, soit 1 734 à 2 312 € de manque à gagner voire, bien plus si l’augmentation de 3 000 € de la prime se concrétise.

• La possibilité d’enseigner en STS est censée nous donner du prestige mais pas du pouvoir d’achat (à noter, nous coûtons moins cher qu’un agrégé).

• Pour finir la mixité des publics soigneusement tue dans le long communiqué « Transformer le LP », ingérable pédagogiquement, ne s’accompagnera d’aucune compensation financière pour les efforts supplémentaires que seront amenés à faire les PLP pour que, bon an, mal an, le plus grand nombre de jeunes (ou moins jeunes) qu’ i ls auront en face d’eux réussissent. Cerise sur le gâteau pour notre employeur non content de réduire les coûts en diminuant le nombre d’heures, l’introduction généralisée de l’apprentissage et de la formation continue accompagnés de la mixité des publics dans le lycée pro va nous transformer en centre de profits.

Le SNALC revendique une réelle reconnaissance de la difficulté d’enseigner en lycée professionnel qui ne se limite pas à des mots. De plus, ce qui est annoncé ne permettra en rien à tous de réussir, comme le préconise le SNALC via la transmission des savoirs et non uniquement des compétences réductrices. Il est évident que les campus d’excellence ne concernent qu’un petit nombre. Pour la grande majorité de notre public fragile, ce ne sera pas l’excellence. Nos élèves auront bien du mal à voir l’attractivité de métiers qui cumulent des conditions de travail très dures et une rémunération minimale, quelle que soit la pédagogie innovante que nous soufflera notre hiérarchie de proximité. Cette dernière a déjà démontré, par le passé, son inefficacité sur la question de la maîtrise des fondamentaux… Le SNALC dénonce ce déterminisme social.

Le SNALC combat pour la transmission des savoirs et de la connaissance, seule condition pour permettre à tous de réussir.

Le SNALC défend une instruction nationale de qualité délivrée dans des conditions dignes, avec des personnels respectés par les politiques et les professionnels. Une instruction qui permet à tous de réussir



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