LE SNALC ET LE PREMIER DEGRE

LE SNALC ET LE PREMIER DEGRE

Publié le 12-07-2018

LE SNALC ET

LE PREMIER DEGRE




Par Christophe GRUSON et Xavier PERINET-MARQUET, responsables SNALC premier degré
Article publié dans la Quinzaine universitaire n°1419 de juillet/août 2018




C’est au travers de valeurs d’égalité, de fraternité et de laïcité que le SNALC défend les collègues et leur métier au quotidien. Préserver la liberté pédagogique, soutenir l’avis des conseils des maîtres et des conseils d’école, veiller à l’équité de traitement, défendre le métier au ministère sont des préoccupations permanentes du SNALC.


L’INDÉPENDANCE

Le SNALC est totalement indépendant de toute appartenance politique. Le SNALC ne vit que des cotisations de ses adhérents. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les comptes des organisations syndicales sont publics et publiés au journal officiel.

Que penser d’un syndicat financé par plusieurs centaines de milliers d’euros de subventions ? L’indépendance financière du SNALC et sa neutralité politique lui confèrent une légitimité et une objectivité dans les discussions. Le SNALC est libre dans ses prises de position et n’a de comptes à rendre qu’à ses adhérents.


LA COHÉRENCE

Le SNALC représente les personnels de la maternelle au supérieur. Chaque nouvelle mesure impacte systématiquement tous les niveaux de notre système scolaire : la politique éducative de la maternelle a des conséquences sur l’élémentaire voire le collège ou le lycée. Inversement, les orientations prises pour le collège ont tôt ou tard une incidence sur les choix faits en élémentaire.

Le SNALC reste ainsi cohérent dans l’approche des problématiques du système éducatif et dans l’analyse des propositions ministérielles. Le SNALC veille à défendre un projet sensé avec les personnels administratifs, techniques, médicaux, d’encadrement et les AESH, en respectant l’identité des différents corps. En effet, il ne saurait être question d’opposer les différentes catégories de personnels, attitude tragique que la profession a déjà trop souvent tendance à adopter toute seule. Le SNALC entend par son champ de syndicalisation assurer une meilleure cohésion afin d’éviter à notre hiérarchie et aux politiques l’utilisation du classique « diviser pour mieux régner ».


LES 4 JOURS

Le SNALC peut se targuer de n’avoir jamais renoncé à la défense d’un rythme scolaire décent pour les élèves et pour les collègues, à savoir la semaine de 4 jours.

Le SNALC a été un des rares syndicats à ne pas avoir signé l’appel de Bobigny de 2010 en faveur de la semaine de 4,5 jours. Il n’a donc, contrairement à d’autres, pas eu besoin de s’en cacher et de retourner discrètement sa veste au moment où les rythmes scolaires commençaient à être décriés.

À la rentrée 2019, une grande majorité des écoles auront fait le choix du retour à la semaine des 4 jours. Le SNALC, très attaché au respect des décisions des conseils des maîtres et conseils d’école, milite pour que les avis des équipes enseignantes soient prépondérants en ce qui concerne les décisions d’aménagement du temps scolaire mais aussi pour tout ce qui touche au fonctionnement de l’école.


LA LAÏCITÉ

Depuis toujours, le SNALC est très attentif au respect des règles de la laïcité dans les écoles. Le SNALC, par la voix de Jean- Pierre GAVRILOVIC, avait interpellé à deux reprises le président de la République dans une lettre ouverte en 2015 : [b]≪ La laïcité ne consiste pas a combattre les religions, mais bien à empêcher avec lucidité leur influence dans le cadre éducatif ou les convictions religieuses doivent rester dans le domaine exclusif de la conscience individuelle et de la liberté d’opinion ≫.

Si, par comparaison avec le second degré, le premier degré reste relativement épargné par les écarts de comportement des élèves relatifs au respect de la laïcité, l’école élémentaire n’est pas moins concernée par de nombreuses situations litigieuses. Le SNALC est et restera déterminé : toute atteinte au respect de la laïcité au sein de nos écoles doit être condamnés.


LA LIBERTÉ PÉDAGOGIQUE

Le SNALC défend fermement la liberté pédagogique. Ce qui semble être une évidence ne va pas de soi et n’est inscrit dans la loi que depuis 2005. Au nom d’une prétendue conformité aux instructions officielles, les centres de formation ne cessent depuis des années d’imposer les dernières lubies idéologiques à la mode, privant ainsi la profession de solutions pédagogiques efficaces et reconnues. Il serait préférable de présenter toutes les pédagogies existantes en formation initiale (et continue) et de proposer aux enseignants un panel de méthodes et d’outils à utiliser.

Le SNALC défend une vision intellectuelle du métier qui fait de l’enseignant un concepteur de sa pratique. Davantage que des spécialistes qui n’ont jamais vu un élève ou que des idéologues et des bureaucrates, les enseignants sont les plus à même d’adapter leurs méthodes aux élèves en tenant compte des apports de la recherche scientifique.


LA MATERNELLE À TROIS ANS

Le SNALC a approuvé la mesure d’obligation scolaire à trois ans, même s’il n’est pas dupe concernant l’important coup de com’ de l’annonce du président de la République. Plus de 97 % des enfants sont déjà scolarisés en maternelle. Pour autant, l’école maternelle n’est pas considérée à sa juste valeur. Or, pour le SNALC, la maternelle est une véritable école qui transmet de nombreux apprentissages indispensables et qui pose les bases de la sociabilité et de la vie de groupe. Si les apprentissages ne sont pas toujours perceptibles puisqu’ils précèdent l’acquisition du langage écrit, toutes les recherches, aussi bien sur le plan du développement de l’enfant (cognitif et affectif) que sur les apprentissages, soulignent le rôle fondamental de cette école.

La méconnaissance de la spécificité du travail des collègues de maternelle, le manque de traces du travail des élèves, a amené à porter un jugement souvent dépréciatif et totalement injustifié. Si l’obligation ne règle qu’une petite partie des problèmes, nous ne pouvons que saluer la reconnaissance de l’école maternelle en tant que telle et de son rôle crucial. Le SNALC sera attentif à ce qu’une formation spécifique soit maintenant mise en place et à ce que la hiérarchie témoigne d’une reconnaissance digne de ce nom à l’égard des professeurs de maternelle.


L’INCLUSION ET SES LIMITES

Le concept d’inclusion dans le souci d’améliorer la réussite des élèves handicapés doit être mis en oeuvre de façon sérieuse et non masquer des restrictions budgétaires. Le SNALC défend ainsi le maintien du rôle et de la place des établissements et structures spécialises ainsi que le rétablissement des postes de RASED. Il faut également agir d’urgence en faveur de la médecine scolaire.

Le SNALC dénonce depuis longtemps un mensonge institutionnel qui consiste à faire croire que la différenciation pédagogique serait la réponse miracle à toutes les difficultés dans les classes, et qui a le grand avantage de rejeter sur les seuls enseignants les difficultés rencontrées avec certains élèves. Il a défendu auprès du ministère une réforme de la formation CAPPEI, qu’il juge très insatisfaisante.


LES AESH

Le SNALC oeuvre sur tout le territoire et au niveau ministériel pour une véritable professionnalisation du métier d’AESH, accompagnée d’une revalorisation, de garanties accrues et d’une amélioration des conditions de travail. L’accompagnement à l’inclusion de nos élèves en situation de handicap doit passer par une exigence de diplôme et compétences requises. La précarité à tous les niveaux (salaire, formation, statut et considération…) de nos collègues doit cesser. Le SNALC tire la sonnette d’alarme sur les diminutions des quotités de contrats à 50 % dans de nombreuses académies pour cette rentrée, qui aggravent un peu plus les situations, obligeant bon nombre à prendre un deuxième emploi. Le SNALC multiplie les interventions auprès des DSDEN et des plus hautes instances rectorales pour défendre les dossiers.


LES CONDITIONS DE TRAVAIL

La crise de recrutement qui s’accentue chaque année démontre une désaffection flagrante du métier. Le traitement peu attractif, le manque de valorisation, l’absence de considération des parents, le manque de soutien de la hiérarchie, les situations d’inclusion compliquées de plus en plus nombreuses, les carences de la formation sont des facteurs qui ne favorisent pas l’attrait du métier. Si l’École attire de moins en moins les jeunes professeurs, elle pousse également chaque année de plus en plus de titulaires à démissionner. Aussi, le SNALC condamne toutes les formes de découragement, d’infantilisation, de culpabilisation voire parfois de harcèlement subies par des collègues, qui finissent injustement par abandonner leur métier, suite à un burn-out. De même, les situations anxiogènes liées à l’insécurité face à des parents qui ne respectent ni l’école ni les professeurs ne sont pas tolérables. Le SNALC milite pour que le recours à la protection fonctionnelle soit systématique. Le SNALC apporte des réponses dans son mémorandum sur la souffrance au travail et propose en parallèle avec le dispositif Mobi-SNALC, un accompagnement aux collègues soucieux de trouver la meilleure solution pour une reconversion.


LA DIRECTION D’ÉCOLE

Le directeur d’école est chargé du pilotage pédagogique ; il est garant du bon fonctionnement de l’école ; il est en permanence en relation avec les partenaires et les parents… et il est encore bien souvent en charge d’une classe. Le directeur doit endosser ainsi bon nombre de casquettes qui lui confèrent des responsabilités de plus en plus importantes et doit faire face à des relations de plus en plus compliquées avec les parents, avec l’IEN et souvent avec ses adjoints. Le temps de décharge pour accomplir les diverses missions et les indemnités versées en contrepartie ne sont pas à la hauteur du travail demandé. Ainsi, la pénurie de directeurs d’école témoigne du manque d’attractivité du poste mais aussi du manque de reconnaissance qui leur est due. La situation actuelle ne peut durer. A minima, les missions du directeur d’école doivent être repensées et référencées dans une lettre de mission précise bien moins exigeante que le référentiel métier actuel, d’autant plus que les aides administratives ont été supprimées. Enfin, le métier a besoin d’être réorienté car le directeur a un rôle prépondérant dans l’organisation de l’école, dans les relations internes et externes. On doit le soulager des responsabilités supplémentaires, missions souvent chronophages pour lesquelles il n’a parfois aucune compétence.


LES CP/CE1 À DOUZE

Le SNALC a toujours défendu une approche non dogmatique du métier. Lors de la présentation du projet, le SNALC a salué le protocole d’évaluation qui était proposé dès la mise en place du dispositif. Le SNALC souhaite, de manière générale, que l’on expérimente et analyse avec objectivité les dispositifs et autres projets pour évaluer leur pertinence et leur efficacité. Alors, et alors seulement, on pourra juger de la pertinence de les développer davantage ou non. Fidèle à sa ligne, raison et réflexion plutôt qu’émotion et idéologie, le SNALC estime que le déploiement au CE1 de la mesure doit tenir compte du bilan de l’expérimentation en CP de cette année. En effet, si l’impact sur les résultats des élèves semble être positif, il ne faut pas pour autant sous-estimer les problèmes qui en ont découlé dans certaines écoles ou certaines régions. Rappelons d’ailleurs que le dispositif a induit des fermetures de classes en maternelle et dans le milieu rural, en contradiction avec certaines promesses ou annonces. Nous ne pouvons que déplorer ces mesures de carte et relever le paradoxe : puisque le nombre d’élèves par classe influe sur la réussite de ces mêmes élèves, pourquoi seules les classes de REP plus sont-elles concernées ?


PPCR ET HORS CLASSE

Le SNALC a voté contre le PPCR, dénonçant une fausse revalorisation et soulignant le manque d’équité de traitement. Certaines mesures (faussement) attractives sur le papier ont réussi à berner de nombreuses organisations syndicales. Mais, le SNALC avait, à juste titre, évoqué sa crainte d’un manque d’équité et d’objectivité dans le passage à la hors-classe ou à la classe exceptionnelle. Aujourd’hui, bon nombre de collègues se rendent compte à quel point la crainte était justifiée. Le SNALC dénonce donc fermement le système d’appréciation laissée à la liberté de l’IEN qui permet de donner un jugement de valeur basé sur des critères aléatoires qui n’ont de fait rien à voir avec le mérite et la reconnaissance de la qualité du travail accompli. Cet avis pénalise certains enseignants ainsi privés de l’avancement qui leur est dû et permet à d’autres plus « chanceux » d’obtenir leur passage en hors classe. Où est l’équité dans une telle façon de procéder ?

L’appréciation, en plus d’être subjective, dépend de quotas d’attribution et, cerise sur le gâteau, elle est définitive ! Autrement dit, l’appréciation finale correspond ni plus ni moins à un tirage de dés. Inadmissible. Si l’on pouvait se réjouir avec le PPCR de la fin des inspections aléatoires, de la fin des pressions sur les collègues que certains inspecteurs utilisaient par la même occasion, de la fin de l’influence de la note sur l’avancement, nous sommes retombés dans un système pire encore. Ce procédé est la porte ouverte à toute sorte de passe-droits, de chantages, et de discriminations en tout genre que le SNALC condamne fermement.




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