ÉDUCATION PRIORITAIRE: LE SNALC A DE VRAIES PROPOSITIONS

ÉDUCATION PRIORITAIRE: LE SNALC A DE VRAIES PROPOSITIONS

ÉDUCATION PRIORITAIRE

LE SNALC A DE VRAIES PROPOSITIONS




Par Sébastien VIEILLE, secrétaire national à la pédagogie et Angélique ADAMIK, commissaire paritaire du SNALC de Versailles
Article publié dans la Quinzaine universitaire n°1419 de juillet/août 2018




Même si le SNALC ne peut que dresser un relatif constat d’échec des politiques de l’Éducation Prioritaire, il sait aussi que, sans moyens supplémentaires, le fossé entre établissements en EP et hors EP se serait creusé d’une manière plus rapide et plus cruelle.


En 2017, le taux d’accès en 2nde GT en sortant d’EP était inférieur de plus de 10 points par rapport aux collégiens hors EP. La différence entre le pourcentage d’élèves obtenant plus de 10 aux épreuves du Brevet était de 30 points entre hors EP et REP+ et de 20 points entre hors EP et REP.

Dans de nombreuses académies, les effectifs en REP peuvent aujourd’hui monter jusqu’à 29 élèves par classe avec une hétérogénéité immense – entre UPE2A, SEGPA, élèves en grande difficulté cognitive, élèves avec des difficultés comportementales, élèves qui ont envie d’apprendre – qui nuit à la progression de tous les élèves. Au final, à la sortie du collège, les élèves en difficulté deviennent vite des « décrocheurs » et les élèves qui pourraient intégrer des filières d’excellences accusent un retard important.

Pour tenter de réellement améliorer cette situation, le SNALC considère qu’il existe des solutions.


DES POLITIQUES À CONSERVER, VOIRE À RENFORCER

Les effectifs réduits doivent être la norme absolue, comme le veut la loi. Il ne peut y avoir d’exceptions comme il en existe notamment à Versailles. Dans le même souci de pouvoir aider chaque élève, les dédoublements en primaire peuvent être une force dans l’acquisition des fondamentaux.

Le doublement des professeurs principaux doit aussi être maintenu afin d’assurer le suivi le plus individualisé possible notamment dans l’épineuse question de l’orientation. C’est aussi une aide face à la difficulté de travailler, voire simplement de communiquer, avec les parents d’élèves Ils devraient pourtant être un appui permettant au travail réalisé entre les murs de l’établissement d’être poursuivi dans le milieu familial.

Les primes, points, pondérations dégageant du temps pour se réunir, l’accès favorisé à la classe exceptionnelle doivent aussi être conservés. Ces dispositifs semblent fonctionner. Dans des académies comme celle de Besançon, il est désormais nécessaire de remplir un dossier de candidature pour enseigner en REP+. Le SNALC sera toujours favorable à ces incitations. Il faut en effet stabiliser les équipes pédagogiques pour que les projets soient suivis, menés jusqu’à leur terme et pour avoir des enseignants qui ont le temps de développer des techniques qui fonctionnent en EP. L’institution doit valoriser ces collègues en place depuis des années et en faire des tuteurs pour les plus jeunes collègues. Il faut enfin que les enseignants qui sont en EP le soient par choix et qu’ils y soient le plus sereins possible.


DES CHOIX FORTS DOIVENT ÊTRE FAITS

Pour le SNALC, un réel effort doit être fait sur la formation. Il faut sortir des réunions-groupes de parole qui n’apportent rien ou des groupes de formatage pour qu’enfin ces moments importants soient adaptés aux besoins des collègues. Appuyer sur la gestion de classe en milieu difficile serait pertinent.

Afin de réduire l’hétérogénéité des classes, il faut redonner sa place à la SEGPA, redorer son blason tout en trouvant un réel espace aux UPE2A. En EP, on atteint les limites de l’inclusion car on mélange des publics ayant des difficultés très différentes. Tendre vers un collège modulaire nous semble une solution évidente face à la multiplicité des publics.

Rechercher l’excellence et avoir une vraie ambition pour les REP et les REP+ en feraient moins des repoussoirs. Cela peut passer par l’implantation de pôles d’excellence comme les classes CHAM, les sections sportives ou les sections internationales. Mais cela passe aussi nécessairement par les options menant à l’excellence telles les LCA et les Sections Européennes. Il s’agirait d’assurer une plus grande mixité sociale, condition du bon fonctionnement de l’École Républicaine, tout en élargissant la culture de tous les élèves.

Enfin, et c’est un premier pas essentiel pour le SNALC, il faut revenir sur la réforme du collège qui est mortifère en EP. La 6ème est devenue un inutile CM2 bis dans un cycle 3 clairement bancal. De plus, face aux difficultés spécifiques des élèves de REP ou de REP+, on ne peut se contenter, en 6ème, de 3h30 de Français avec une heure d’AP qui n’est rien de plus qu’une variable d’ajustement.

Le ministère dit vouloir mettre l’accent sur les fondamentaux. Nous lui disons : « Chiche ! ».



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