ÉPREUVES LOCALES DU BAC: UN FONCTIONNEMENT À ANALYSER D’URGENCE

ÉPREUVES LOCALES DU BAC: UN FONCTIONNEMENT À ANALYSER D’URGENCE

ÉPREUVES LOCALES DU BAC

UN FONCTIONNEMENT À ANALYSER D’URGENCE




Par Jean-Rémi GIRARD, président du SNALC, et Florence COSTA-CHOPINEAU, référente SVT pour le SNALC
Article publié dans la Quinzaine universitaire n°1419 de juillet/août 2018




Alors que davantage d’épreuves organisées localement se profilent avec la réforme du bac en 2021, il conviendrait de faire le bilan des épreuves locales actuelles et de leurs dysfonctionnements. Dernier exemple en date : les évaluations des capacités expérimentales de SVT en série S.

LES MODALITÉS DE PASSATION

En décembre 2017, les règles ont été changées pour cette épreuve de 1h, notée sur 20 par les examinateurs, mais que le rectorat recalcule sur 4 (le professeur de S.V.T n’en serait pas capable sans doute).

Une banque de 80 sujets est disponible sur le site Eduscol, de laquelle sont extraits en temps utile 20 sujets choisis par les I.P.R de chaque académie (chaque liste académique est donc différente). Une partie des sujets de cette banque doit être renouvelée chaque année.

La date de passation est dans un intervalle commun d’une semaine pour toutes les académies, et tous les établissements d’une même académie passent les mêmes jours.

LES MODALITÉS DE L’ÉPREUVE

Le sujet, préalablement en 4 étapes séparées et évaluées séparément, est un peu modifié. Dans l’étape 1 où l’élève doit « élaborer une stratégie réaliste permet tant » de répondre au problème posé, la question limite plus qu’avant le type de manipulations possibles pour répondre au problème posé. Cette étape, qui doit se réaliser à l’oral (sachant qu’un examinateur doit s’occuper pendant 1 h de 4 élèves), et dont la durée était au maximum de 10 min, change : l’élève peut avoir plus de temps et éventuellement se corriger et rectifier ce qui aurait manqué lors de l’étape 1 lors de la partie pratique (étape 2). Auparavant, l’élève expliquait sa stratégie sans que le professeur intervienne ; maintenant, le professeur doit intervenir pour lui faire préciser, si nécessaire, ce qu’il a dit.

En échange, l’étape 2 laisse plus d’autonomie à l’élève et le protocole est moins détaillé.

Ajoutons enfin qu’un système abracadabrantesque de notation est toujours imposé à l’examinateur. Il dispose d’un tableau dans lequel il met des lettres A, B, C, D pour chaque étape et le logiciel lui calcule la note globale sur 20.

Remarquons au passage qu’on revient permettant une situation antérieure : la banque de sujets a existé par le passé, et les professeurs en informaient leurs élèves. Puis la banque a disparu et il a fallu détruire toute trace des sujets. Faire et défaire, c’est toujours travailler…

RÉFLEXIONS APRÈS LES ÉPREUVES

Pour le SNALC, nos récriminations portent sur les sujets et non sur les modalités de passation. Il y a de moins en moins de sujets nécessitant vraiment une habileté pratique, à moins que cliquer avec une souris sur un ordinateur en soit une. Pour les véritables sujets de travaux pratiques, on ne peut se fier à ce qui est indiqué sur la fiche « laboratoire » et nous devons nous partager les sujets entre collègues afin de tester et le plus souvent, de modifier ce qui est indiqué (par exemple, une valeur liée à une concentration). On se demande si les sujets proposés sont testés en amont ! Tout cela nécessite donc un travail supplémentaire, contraint en matière de temps puisque les sujets possibles ne sont proposés que quelques jours avant les épreuves et qui, comme la passation d’épreuves, n’est pas rétribué. Le SNALC espère que ce n’est pas un fonctionnement qui servira de modèle pour le nouveau bac.

DE GRANDES DISPARITÉS ENTRE LES SUJETS

Certains sont d’un niveau affligeant et nécessitent peu de capacités pratiques et peu de réflexion lors de l’étape 1, alors que d’autres sont très longs et nécessitent de lire 4 ou 5 pages différentes (épreuve d’une heure, rappelons-le).

Certains sujets noient les élèves car ils nécessitent plusieurs manipulations techniques à l’ordinateur ou autre, sans réel intérêt formateur. L’élève risque de perdre de vue l’objectif qui est la résolution du problème.

UNE DIFFICULTÉ POUR LAISSER UNE HEURE À CHACUN

Un élève doit appeler l’examinateur à l’issue de l’étape 1 pour lui présenter ce qu’il va faire. Mais, il se peut que pendant que le professeur écoute cet élève, d’autres lèvent le doigt et comme le professeur doit dialoguer avec le premier, ces élèves doivent attendre. Il est donc difficile de respecter pour tous la durée d’une heure de travail réel.

Si le SNALC salue l’idée d’une banque de sujets nationale, il invite le ministère à tirer les enseignements de toutes les épreuves locales actuelles (en sciences expérimentales, en langues vivantes) pour ne surtout pas reproduire les mêmes erreurs.



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