ORIENTATION : LE PARCOURSUP DU COMBATTANT ?

ORIENTATION : LE PARCOURSUP DU COMBATTANT ?

ORIENTATION

LE PARCOURSUP DU COMBATTANT ?





Par Jean-Rémi GIRARD, vice-président du SNALC
Article publié dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE - #1415 - AVRIL 2018



Le décret sur la plate-forme Parcoursup, qui remplace APB (Admission Post-Bac), a été examiné par le Conseil Supérieur de l’Éducation, lundi 5 mars. Récit d’une séance mouvementée.


LE TEMPS QUI COURT

Il faut bien le dire : nous travaillons ces temps-ci à un rythme effréné. Les concertations, consultations, rapports, projets de réformes se succèdent, dans tous les domaines. Tout cela se traduit par des délais beaucoup plus courts que d’habitude au niveau de la réception des projets de textes. Si le dialogue social est toujours maintenu avec sérieux, l’administration rédige néanmoins ses réformes dans un calendrier très contraint, et les organisations syndicales sérieuses, comme la nôtre, disposent de très peu de temps pour analyser en détails tout ce qui nous tombe dessus. Ainsi, il n’est pas étonnant qu’on se retrouve avec des problèmes sérieux qui n’ont pas été anticipés, et qui éclatent soudainement. C’est ce qui s’est produit au CSE du 5 mars : le décret mettant en oeuvre Parcoursup contenait une disposition pour le moins problématique : la radiation automatique d’un élève qui répondrait hors-délai à une proposition d’admission (« OUI » ou « OUI SI »).


PARCOURSUP N’EST PAS APB

Le Ministère de l’Enseignement supérieur ne semble pas s’être rendu compte qu’il avait lui-même changé la logique de son système. Sous APB, les voeux étaient classés par ordre de préférence, ce qui fait que le choix de l’élève était inscrit dans la façon dont il avait classé ses demandes. Ce n’est pas le cas avec Parcoursup, dans lequel les voeux ne sont pas classés. Un élève peut donc recevoir très régulièrement des réponses, et doit y répondre de façon dynamique. Une réponse positive est accompagnée d’un délai de réponse, dont la durée va en décroissant au fur et à mesure qu’on avance dans le calendrier. Ce qui suppose pour l’élève d’être toujours sur le qui-vive, et davantage encore vers la fin, i.e. pendant les grandes vacances. Partant de là, il apparaissait extrêmement dangereux de radier l’élève de l’ensemble du dispositif pour une unique réponse non fournie. Pour le SNALC, dans un tel système, une non-réponse ne doit entraîner la perte que du voeu concerné, et non de tous les autres voeux en attente.


RÉACTIVITÉ

C’est pourquoi nous avons déposé (dans des temps records) un amendement visant à remédier à ce qui promettait d’être une véritable bombe dans les mois à venir. Las ! Malgré un front commun de l’intégralité du CSE (deux autres organisations avaient repéré le dysfonctionnement), le Ministère de l’Enseignement Supérieur n’a pas bougé d’un iota ce jour-là. Pour la peine, il a donc reçu un vote du texte avec 0 voix pour (le SNALC refusant de prendre part à un tel vote). Fort heureusement, la nuit porte conseil, et le lendemain, il nous a fait savoir qu’il avait « bougé ». Il a toutefois fallu attendre la parution officielle du décret le 9 mars pour savoir la façon exacte dont il avait rédigé la chose. À l’arrivée, c’est mieux, mais cela demeure mal fichu : l’élève ne perd que la proposition à laquelle il ne répond pas, mais doit néanmoins entreprendre une démarche pour signaler qu’il est toujours « actif » sur Parcoursup, avec un délai de 5 jours supplémentaires pour ce faire. Il semble que le Supérieur n’a toujours pas compris la logique de Parcoursup, alors qu’il en est le maître d’oeuvre.



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RADIATION DE PARCOURSUP :

QUELQUES MOTS PEUVENT TOUT CHANGER



VERSION INITIALE DU TEXTE, PROPOSÉE AU CSE DU 5 MARS

Citation:
« Lorsqu’un candidat a reçu plusieurs propositions d’admission, […] il indique […] la proposition qu’il accepte ou son refus de l’ensemble des propositions, dans un délai précisé dans le calendrier prévu […]. A défaut de réponse de sa part dans ce délai, il perd le bénéfice de toutes les propositions d’admission qui lui ont été faites, ainsi que de l’ensemble de ses demandes d’inscription en attente de proposition d’un établissement.»


PROPOSITION D’AMENDEMENT DU SNALC

Citation:
« Lorsqu’un candidat a reçu une proposition d’admission […]. A défaut de réponse de sa part dans ce délai, il perd le bénéfice de cette proposition d’admission. »


VERSION PUBLIÉE LE 9 MARS

Citation:
« Lorsqu’un candidat reçoit une proposition d’admission, […] A défaut de réponse dans ce délai, le candidat perd le bénéfice de la proposition d’admission qui lui a été faite. Si, à l’issue d’un nouveau délai précisé par le même calendrier, le candidat n’a pas confirmé, via la plateforme, le maintien des autres voeux d’inscription qu’il a formulés dans le cadre de la procédure nationale de préinscription et des placements sur liste d’attente dont il bénéficie en application du II, il est réputé y avoir renoncé. »




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