VOIE PROFESSIONNELLE : LE SNALC ANNONCE SES CHOIX AU MINISTRE

VOIE PROFESSIONNELLE : LE SNALC ANNONCE SES CHOIX AU MINISTRE

VOIE PROFESSIONNELLE

LE SNALC ANNONCE SES CHOIX AU MINISTRE





Article publié dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE - #1415 - AVRIL 2018



Le SNALC a été reçu en audience par le Ministre le 13 mars. Jean-Michel BLANQUER était entouré de ses conseillers directs, Isabelle BOURHIS et Xavier TURION, et des chefs de la mission sur la rénovation de la voie professionnelle, Céline CALVEZ et Régis MARCON. C’est manifestement l’aspect pragmatique des demandes du SNALC qui a retenu l’attention, loin des positions dogmatiques de certains.



CE QUE NOUS VOULONS

Une réelle revalorisation de la voie professionnelle passe d’abord la reconnaissance de la difficulté du métier, l’amélioration de son image et l’amélioration des conditions de travail des PLP. Ces améliorations ne peuvent aller sans un revenu accru via des pondérations identiques à celles des lycées et de la prime REP+. Parallèlement, il est impératif que soit valorisé, comme nous le demandons depuis longtemps, l’engagement des tuteurs et maîtres d’apprentissage.

L’enseignement professionnel doit rester national et nous avons besoin que cesse la prise en otage de la voie professionnelle entre État, Régions et branches professionnelles (quand elles existent).

Nous voulons la possibilité de parcours en 4 ans vers le baccalauréat professionnel, soit via le CAP, soit via une année de préparation au bac pro comprenant des stages d’observation variés (voir tableau).

Nous demandons le retour à la vraie bienveillance dans l’enseignement professionnel avec des CCF remplacés par des partiels avec des sujets nationaux reposant sur des programmes annuels. Programmes annuels qui facilitent les changements d’orientation ou de lycée en cas de déménagement.

La valorisation rétablie du baccalauréat professionnel comme porte d’accès à l’emploi préconisée par la mission CALVEZ-MARCON nous paraît essentielle, assortie d’un accès raisonné au Supérieur : nous voulons qu’on cesse d’imposer aux élèves de faire des voeux de poursuite d’études. Enfin, nous considérons que le CAP doit faire l’objet d’un réel redéploiement sur l’ensemble du territoire pour offrir aux élèves ordinaires des formations courtes débouchant rapidement vers l’emploi, tout en créant un enseignement adapté avec des CAP, dont la durée sera modulée en fonction des possibilités des élèves. Il va de soi que les classes de CAP ne sauraient mélanger des élèves ordinaires et des élèves ayant des besoins particuliers.

Nous appelons de nos voeux la reconstruction des filières tertiaires sans fusions de diplômes : il est crucial de redonner accès à l’emploi au flux majoritaire de nos élèves.


CE QUE NOUS REFUSONS CATÉGORIQUEMENT

Nous refusons que soient substitués aux acteurs institutionnels et légitimes de l’enseignement des représentants de la « société civile ». La complexité de la voie professionnelle les dépasse et les amène, rapport après rapport, aux mêmes recommandations, dont certaines atteignent le paroxysme de l’ineptie, comme l’« ETAP » (enseignement de transition vers l’activité professionnelle) du rapport sur l’apprentissage.

Plus sérieusement, nous considérons que la mixité des publics dans les classes est ingérable : élèves et apprentis ont des besoins différents, et le mélange entre jeunes salariés et jeunes ne disposant pas de revenu peut être explosif.

La réduction des horaires d’enseignement au profit d’une présence accrue en entreprise ne peut s’envisager. Ainsi, nous refusons les stages d’observation dans une seconde quasiment indifférenciée, préconisée par la mission CALVEZ-MARCON. En effet, elle imposerait un rattrapage de l’expérience nécessaire en entreprise au détriment des cours en première et terminale.

Or, nos élèves en ont un besoin absolu : la meilleure préparation au travail en entreprise des élèves des lycées professionnels est d’ailleurs soulignée dans le rapport BRUNET sur l’apprentissage. Une année de choix ne s’entend que si elle précède le cursus du bac en trois ans (voir tableau).

Imposer en fin de seconde un choix entre la voie scolaire et l’apprentissage risque de créer des frustrations sévères : on aboutira à un non-choix. Il y aura les spécialités où l’apprentissage constitue une tradition, où les entreprises ont une taille telle qu’elles peuvent salarier un apprenti sans mettre en jeu leur équilibre financier et les autres.

Délivrer des « attestations de blocs de compétences » est encore une demande intéressée des employeurs qui va à l’encontre des intérêts des élèves et de la tradition française en matière de diplômes. Si de telles attestations ont un sens pour des adultes en formation continue, elles mettent en danger les jeunes, apprentis ou élèves, car elles créent la tentation d’abandonner la formation sans la garantie que le diplôme constitue en matière de salaire (reconnaissance dans les conventions collectives). Et ces attestations sont inutiles puisque les notes sont conservées 5 ans.

Quant à l’alternance par filière, c’est une hérésie qui crée des difficultés de réorientation et une rupture d’égalité. Enfin, nous rejetons toutes les injonctions bien pensantes et autres incantations sur l’innovation pédagogique : qu’on laisse les professeurs innover en paix ! La liberté pédagogique et les innovations pédagogiques ne se décrètent pas : elles sont le travail d’individus ou d’équipes en fonction du contexte et de leur sensibilité. Qu’on respecte le savoir-faire précieux des professeurs de lycées professionnels.


CE QUI PEUT SE DISCUTER


Outre l’année de choix avec des stages d’observation, nous pouvons envisager que des jeunes suivent au sein des lycées professionnels des parcours mixtes en commençant par être élève puis en continuant en étant apprenti. Nous refuserons néanmoins toujours la mixité des publics dans les classes.

Si aucune réponse ne nous a été apportée lors de cette audience, soyez assurés que nous ne lâcherons rien en matière de défense de l’enseignement professionnel public et que nous vous informerons au fur et à mesure des avancées des négociations.




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