RAPPORT CALVEZ-MARCON DE BONNES INTENTIONS

RAPPORT CALVEZ-MARCON DE BONNES INTENTIONS

RAPPORT CALVEZ-MARCON

DE BONNES INTENTIONS…





Article publié dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE - #1415 - AVRIL 2018



Madame CALVEZ et Monsieur MARCON ont oeuvré avec sincérité et conviction, et abouti à une liste de recommandations notoirement plus courte que Madame BRUNET sur l’apprentissage. Ils se sont fixés des objectifs pour le moins ambitieux dépassant très largement la question de la voie professionnelle.



Toutefois, les missions d’étude confiées à de sympathiques « représentants de la société civile » dûment encadrés par des inspecteurs généraux pédagogistes d’origines diverses ont la grande vertu de ne jamais surprendre : on y retrouve d’année en année les mêmes antiennes sur la rigidité et la lenteur de l’Éducation nationale. Cela s’explique évidemment par la complexité du sujet mais surtout par le choix des interlocuteurs. La priorité a été donnée aux entreprises et autres acteurs hors Éducation. Et pour l’Éducation, deux fois plus de chefs d’établissement, responsables de campus des métiers et des qualifications que de professeurs de lycées professionnels, pourtant au coeur du sujet.

Nous présentons dans notre compte rendu de l’audience avec le ministre ce que nous pouvons retenir de ce rapport. Nous illustrerons donc ici ce que la naïveté peut produire de dangereux sans intention de nuire.


L’ORIENTATION PROGRESSIVE COMMENÇANT AU COLLÈGE

En collège, on nous propose de faire intervenir les professeurs de lycées professionnels pour améliorer la découverte des métiers dans le cadre de « Parcours Avenir » : pourquoi pas. Il est vrai que les professeurs des disciplines professionnelles sont les plus à même de présenter les métiers auxquels ils forment leurs élèves. Mais attention aux questions pratiques (éloignement, horaires, rémunération,…) comme aux illusions du numérique.

LES PROPOSITIONS UTOPISTES ET LES PONCIFS : FATIGANTS !

La révision des diplômes serait trop lente et éloignée des besoins des entreprises : les lenteurs comme les noms impossibles des diplômes sont le plus souvent le fait des luttes intestines d’organisations patronales par ailleurs bien peu représentatives.

La plateforme numérique pour informer les familles et améliorer l’image genrée des métiers : si cela devait fonctionner, on le saurait depuis longtemps. Quant à l’utilisation des réseaux sociaux, elle nécessite des moyens tels qu’un personnel dédié trop coûteux.


UN MANQUE CRIANT : L’ABSENCE DE PRISE EN COMPTE DES CONDITIONS DE TRAVAIL DES PROFESSEURS ET DES ÉLÈVES

On ne revalorise pas une filière sans offrir à ceux qui la font vivre des conditions décentes d’activité. Aujourd’hui, avec les modes d’évaluation pervers des élèves (CCF), bien des PLP perdent le sens de leur métier. Quant à attirer des professionnels comme le recommande la mission, c’est aussi une utopie, sans quoi ils auraient intégré l’enseignement d’eux-mêmes.


NOTRE CONCLUSION : LE DÉFAUT MAJEUR DU RAPPORT TIENT À L’ABSENCE TOTALE DE REMISE EN CAUSE DES ÉLÈVES ET DE LEUR COMPORTEMENT !

On nous invite à impliquer l’élève et sa famille dans le choix d’orientation. Mais à un aucun moment il n’est évoqué les capacités de l’élève ou son comportement. Or, c’est bien sur cette base que l’orientation a un sens. Encore une fois, les professeurs et l’institution se trouvent implicitement incriminés pour leur « manque de bienveillance » à l’égard des jeunes et de leurs familles. Nous ne pouvons l’accepter. Tant que les « attendus » ne seront pas mis en place aussi au lycée et qu’on donnera la priorité à la culture de l’excuse, les professeurs de lycées professionnels resteront en souffrance, les élèves de bonne volonté aussi, et leur ministre aura échoué dans son projet de revaloriser la voie professionnelle.




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