RELATIONS ÉCOLE-PARENTS

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DE L’OBJECTIVITÉ S’IL VOUS PLAIT !





Article publié dans la QUINZAINE UNIVERSITAIRE - #1414 - MARS 2018




Un rapport a été remis le 31 janvier dernier à l’assemblée nationale par les députées Aurore BERGER et Béatrice DESCAMPS sur une mission relative aux relations école-parents. Le point de départ était d’assurer un suivi des 25 préconisations formulées par la mission d’information de 2014 sur le même thème.


Le début du rapport soulève de façon cohérente la non pertinence de propositions du rapport de 2014, telles que confier la présidence du conseil d’administration d’un lycée à une personne extérieure. Néanmoins, l’essentiel du rapport va au-delà d’un simple point d’étape, proposant de nouvelles pistes d’actions « pour une relation de confiance entre les parents et l’école », notamment « en direction des parents empêchés » (entendez « parents les plus éloignés de l’école »).

LA CONFIANCE, OUI MAIS LAQUELLE ?

Si la confiance était déjà un sujet important du rapport de 2014, elle est davantage encore mise en avant dans celui de 2018 (une des deux parties lui est intégralement consacrée). Cela pourrait être pertinent dans le cadre d’une réflexion menée à partir des points de vue des différents acteurs sur les potentielles dérives entamant cette confiance. Néanmoins, les auteurs ont essentiellement étudié les choses du point de vue des parents, en veillant à rencontrer en premier et individuellement les associations et fédérations de parents d’élèves. Ainsi, restaurer cette confiance passerait majoritairement par des actions à la charge de l’École, en occultant presque toutes les difficultés rencontrées par les personnels d’enseignement, d’éducation et de direction sur le terrain. On ne parlera même pas des propositions prouvant la méconnaissance du fonctionnement d’une école ou d’un établissement scolaire.

Pour le SNALC, il n’est pas question d’opposer parents et professionnels de l’École, mais de poser un regard éclairé sur une situation complexe dans un contexte où l’on peine de plus en plus à exercer nos métiers sereinement et où l’on n’arrive plus à recruter suffisamment. La question de la confiance passe pour nous par le respect des rôles et responsabilités de chacun des acteurs.

Le rapport développe l’idée que certains sujets peuvent « nourrir des incompréhensions entre les parents et l’école, essentiellement autour de trois questions : la discipline, l’évaluation, l’orientation ». Si, dans l’orientation, les parents ont une part active à tenir, pour ce qui est de l’évaluation et de la discipline, les élèves sont dans l’Institution, sous sa responsabilité – et dépendent donc de son cadre. De fait, l’intervention des parents sur ces deux questions constitue une forme d’ingérence qui ne peut que saper l’autorité et la confiance des personnels.

Paradoxalement, le principe du respect de la part des parents de l’autorité et de la liberté pédagogique des enseignants n’apparaît que dans une seule phrase.

SOCIOLOGIE À LA PETITE SEMAINE

Nous laisserons les lecteurs juger par eux-mêmes des propositions suivantes : les professeurs devraient connaitre la sociologie du quartier dans lequel ils vont enseigner ; la « masterisation » aurait conduit à un éloignement sociologique croissant entre les familles modestes et les professeurs ; il faudrait avoir recours à des personnes ayant « les mêmes codes sociaux » que les parents.

Plutôt qu’une vision objective de la situation, ce rapport est ressenti comme une énième charge contre l’École et ses acteurs.




COMMUNIQUÉ DE PRESSE

LE SNALC A PRIS CONNAISSANCE DU RAPPORT DE LA MISSION « FLASH » SUR LES RELATIONS ÉCOLE-PARENTS DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES ET DE L’ÉDUCATION

Le SNALC note tout d’abord que si de nombreux acteurs ont été entendus, ils n’ont visiblement pas tous la même considération : les représentants de parents et les associations ont été reçus individuellement et en premier là où les représentants des personnels de l’Éducation nationale ont été entendus le plus souvent en auditions communes.

Le SNALC regrette le parti pris, clair, de reporter la quasi totalité de la responsabilité des difficultés parents-école sur les professeurs. Il est impensable, alors que quotidiennement, des professeurs et personnels d’éducation sont pris à parti, parfois violemment, par des parents, qu’aucune information sur le mal-être des personnels n’y figure.

Pour le SNALC, un certain nombre d’idées développées démontrent une méconnaissance du champ des possibles de l’École. Notre institution n’est pas omnipotente et ne peut ni ne doit remplacer l’éducation parentale.




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