DN MADE (DIPLOME NATIONAL DES METIERS D’ART ET DU DESIGN) : LA CATASTROPHE SE CONFIRME !

DN MADE (DIPLOME NATIONAL DES METIERS D’ART ET DU DESIGN) : LA CATASTROPHE SE CONFIRME !

Publié le 31-01-2018

DN MADE (DIPLOME NATIONAL DES METIERS D’ART ET DU DESIGN) :
LA CATASTROPHE SE CONFIRME !


Comme nous vous l’annoncions dans notre précédent numéro, nous avons été reçus le 8 décembre au ministère de l’éducation nationale et le 11 janvier au ministère de l’enseignement supérieur. Si la première audience nous a laissé un peu d’espoir, la seconde nous a fait perdre toute illusion.

De maigres éclaircies qui sont loin de compenser les pertes :

  • le mouvement spécifique devrait demeurer et les professeurs en poste n’auront pas à faire acte de candidature à nouveau.

  • la direction générale des ressources humaines s’engage à inclure dans le statut des PLP la possibilité d’enseigner en DN MADE

  • la pondération à 1,25 est maintenue (nous avons demandé qu’elle passe à 1,5 comme en classe préparatoire puisqu’il s’agit de préparer un diplôme universitaire).


Les demandes du Snalc :

Nous avions fait part le 8 décembre de nos souhaits :

  • Réintroduction des noms de métiers

  • Maintien du choix entre un cursus en deux ans et un cursus en trois ans

  • Maintien des PLP en post-bac

  • Maintien du mouvement spécifique sur postes désignés et pas de mouvement général en 2018 ou 2019

Et nous avions annoncé les lignes rouges qui entraineraient notre opposition au DN MADE :

  • changement de spécialité des enseignants (un joaillier est un joaillier et pas un « spécialiste objet ») : nous ne voulons pas de suicides comme en STI2D

  • dissociation entre design et métiers d’art

  • pertes d’heures de spécialité (atelier et art) et de disciplines générales au profit d’enseignements transversaux assurés par des contractuels du supérieur.

La réponse de l’enseignement supérieur : du trompe l’œil !
Or, les modifications présentées n’ont qu’une valeur d’affichage mais ne changent absolument rien sur le fond ! La date de disparition des diplômes des métiers d’art ne figure plus dans le décret, contrairement aux BTS du design qui sont abrogés à partir de 2019, mais c’est seulement pour faire « passer la pilule » car il y aura bel et bien substitution du DN MADE aux DMA au fur et à mesure du basculement par académie.

Perte de 15% de postes à prévoir à terme :

Les horaires initialement annoncés sont maintenus, soit approximativement un semestre de moins sur trois ans (dans l’hypothèse favorable où les jeunes passaient par une mise à niveau) en enseignement professionnel (prétendument compensé par l’allongement des stages). Pour les étudiants en design, perte d’environ un tiers des heures d’histoire de l’art et d’enseignement artistique fondamental dès la première année ! Et remplacement d’une partie (variable d’un établissement à l’autre en fonction des accords locaux avec des établissements du supérieur) des heures assurées par les professeurs des disciplines générales par des enseignements « transversaux » dispensés par des professeurs du supérieur fussent-ils contractuels ; il y a en effet fort à parier que les professeurs d’Université et les maîtres de conférence répugneront à enseigner à un public méconnu, non universitaire et surtout éloigné de leur lieu de travail habituel. Les postes supprimés par cette réforme entraineront la mise en place de mesure de cartes scolaires. Ces mesures viseront probablement davantage les professeurs de disciplines générales.

Les noms de métiers ne figurent même pas sur le complément au diplôme,
or « ce qu’on ne nomme pas n’existe pas ». Motif : on a repris les dénominations des DMA. Mais les DMA faisaient suite aux BMA (brevets des métiers d’art) dont les intitulés sont explicites. Et le DN MADE tel qu’il est conçu barre la route aux élèves issus de BMA.

Les ateliers deviennent de simples plateaux techniques où les professeurs de métiers d’art sont réduits au rang de dépanneurs.

Perte de lieux de stage prévisible
: l’allongement de la durée des périodes en entreprise (désormais douze semaines) va imposer une rémunération des étudiants rigoureusement impossible chez les artisans/TPE dont la trésorerie est trop faible. Il entraînera donc des pertes de lieux de stages ou des stratégies de contournement pour ne pas atteindre le seuil des 8 semaines (qui impose une rémunération). Cette augmentation va aussi imposer des stages pendant les congés incompatibles avec les dispositions réglementaires en matière de permanence en établissement et incompatibles en matière d’évaluation en entreprises. Et elle fait fi des fermetures estivales mordant ainsi sur l’année scolaire.

En résumé, en dehors des mesures de bon sens et d’équité concernant la gestion des professeurs, le ministère de l’enseignement supérieur persiste et signe au mépris de la cohésion des territoires pourtant mise à l’honneur dans les intitulés ministériels et au mépris de l’égalité républicaine. Il signe l’arrêt de mort des établissements ne disposant pas aujourd’hui de classes de mise à niveau et rejette ainsi les élèves de familles modestes et en zones rurales vers les chambres des métiers.


Anne-Marie LE GALLO-PITEAU
secrétaire nationale à l’enseignement professionnel et technologique
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