Analyse détaillée du rapport Mathiot

Analyse détaillée du rapport Mathiot

Publié le 30-01-2018

Dernière modification le 13-07-2018

Analyse détaillée du rapport Mathiot




Par Jean-Rémi GIRARD
Vice-président du SNALC





Introduction (p.4 à 6)

Bilan de la situation actuelle et périmètre de la réflexion : le point d'entrée est « la réforme du baccalauréat général et du baccalauréat technologique », mais la mission s'est également posée la question de l'organisation du lycée. Une autre mission travaille sur la voie professionnelle.
Analyse des fragilités actuelles : bac « complexe, lourd, peu lisible ». Résultats non pris en compte dans le système d'affectation.


L'avis du SNALC

Le SNALC partage la majorité des constats, d'autant plus qu'il les a lui-même établis depuis de nombreuses années.




Baccalauréat (p.9 à 21)


Constats et principes (p.9 à 12)

4 constats : manque de crédibilité (taux de réussite, pourcentage de mentions), bac 1er grade du supérieur, « bachotage » et bac « monstre organisationnel ».

15 principes pour un nouveau bac. Les principaux sont :
- mêmes modalités pour les voies générale et technologique (principe 2)
- prise en compte du maximum de choses dans Parcoursup (principe 3)
- épreuves terminales (poids majoritaire) et contrôle continu (principes 4 et 5)
- remplacement des oraux de rattrapage par une étude du dossier (principe 11)
- mise en place d'un supplément au diplôme, i.e. d'un portefeuille compétences probablement tenu à jour sous l'application Folios (principe 13)
- organisation moins chronophage, par exemple via des copies numérisées (principe 14)

L'avis du SNALC

Le SNALC rejoint le rapport quant au problème posé par les taux de réussite du bac au regard des taux d'échec en L1. Il constate lui aussi la lourdeur de l'organisation de l'ensemble : beaucoup de collègues ont l'impression de travailler pour rien, ou pour vraiment pas grand chose. Le SNALC ne parle pas de bachotage, mais de travail personnel de l'élève, et considère qu'il est important de se préparer à des échéances.

Le SNALC ne tient pas particulièrement à calquer bac général et bac technologique sur le même modèle : les deux voies ont chacune leurs spécificités.
La prise en compte des résultats du maximum d'épreuves dans Parcoursup est une demande du SNALC, pour redonner de la valeur à l'examen, aujourd'hui simple laisser-passer dès que l'on obtient n'importe quel bac avec n'importe quels résultats.
Le SNALC n'est pas favorable à un bac obtenu « à la tête du client », et est donc réservé sur l'étude du dossier (qui existe en fait déjà, et pose déjà problème).
Le SNALC est opposé au « supplément au diplôme ». On ne peut prétendre que le bac actuel est trop complexe, et le rentre plus complexe encore en lui adjoignant un énième avatar du livret de compétences.
D'après les retours des collègues, la dématérialisation des copies — effectives depuis plusieurs années en BTS — pose d'importants problèmes en matière de corrections. Elle ne constitue en rien un gain de temps, bien au contraire : c’est une lourde charge pour des personnels administratifs qui ne perçoivent aucune rémunération supplémentaire pour une tâche qui ne fait pas partie de leurs attributions. Le SNALC n'y est pas favorable hors de cas concernant certaines situations géographiques ou certains handicaps.



Épreuves terminales et anticipées (p.13 à 16)

Les épreuves compteraient pour 60% du total.

En fin de première, une épreuve anticipée de français écrite et orale, sur le modèle actuel. Réflexion à conduire sur la nature des exercices demandés. 10% du total.

Deux épreuves d'approfondissement disciplinaire, a priori écrites, correspondant aux deux discipline (« majeures ») choisies par l'élève. Résultats intégrés à Parcoursup, donc passation au retour des vacances de printemps. 25% du total (pour l'ensemble des deux)

Deux épreuves communes en fin d'année. Une épreuve écrite de philosophie : 10% du total. Une épreuve orale (« Grand oral ») de 30 minutes concernant deux disciplines (dont une des majeures) préparée dès la classe de première. Présentation individuelle, mais travail en groupe en amont possible. 15% du total.


L'avis du SNALC

Le SNALC trouve le schéma général des épreuves intéressant, mais est opposé au « Grand oral » dans la forme sous laquelle le rapport le présente. Le SNALC demande un oral disciplinaire et individuel, pourquoi pas sur une troisième discipline correspondant au cursus de l'élève. Notre enquête le prouve : les collègues sont majoritairement mécontents des TPE actuels. Pourquoi leur donner une place encore plus importante ?
Le SNALC approuve la prise en compte d'épreuves terminales dans Parcoursup, ce qui est conforme à ses demandes pour redonner de la valeur au diplôme.
Le SNALC est favorable à l'évolution de l'épreuve écrite de français à partir du moment où il s'agit d'agir sur la question initiale très artificielle et le sujet d'invention.

Le rapport mentionne un grand oral au croisement du TPE et de l’épreuve de la voie technologique : le SNALC veut que la voie technologique garde sa spécificité dans la soutenance orale d’un dossier construit par l’élève en rapport avec sa spécialité.



Contrôle continu (p.16 à 21)

40% du total.

Une part du bac actuel est déjà évaluée en cours de formation (LV, EPS, une partie des sciences expérimentales). Problèmes du CCF.
Volonté que ce contrôle continu corresponde à des standards nationaux. Nécessité de ne pas complexifier l'organisation de l'année scolaire.

Trois scénarios proposés :

- épreuves ponctuelles organisées en première et en terminale,
- mélange épreuves ponctuelles et moyenne des bulletins du cycle terminal,
- moyennes des bulletins du cycle terminal uniquement (cadrage national des coefficients).

Le rapport développe les conditions et exigences permettant une prise en compte de l'évaluation en cours de cursus (questions d'organisation, respect de l'équité, barèmes, anonymisation, certification en LV, options traitées comme les autres disciplines…)


L'avis du SNALC

Le SNALC trouve le poids du contrôle continu trop important.

Si contrôle continu il doit y avoir, le SNALC est favorable à l'organisation d'épreuves ponctuelles cadrées nationalement et anonymes. La prise en compte des bulletins entraînerait de fait des pressions sur nos collègues. Le SNALC insiste sur la nécessité d'avoir des épreuves terminales de qualité et non biaisées. Il en va de même pour d'éventuelles épreuves ponctuelles passées lors d'une semaine banalisée.

Le SNALC est très intéressé par la possible création de certifications nationales en langues vivantes, qui permettrait d'éviter le recours à de (coûteux) organismes extérieurs.

Le SNALC est satisfait de constater qu’un observateur extérieur comprenne enfin que le modèle d’évaluation de la voie professionnelle — à savoir le CCF — est à proscrire !



Lycée général et lycée technologique (p.22 à 43)


Introduction (p.22 à 23)

Réforme du lycée ne doit pas être rendue caduque par sa complexité intrinsèque ou son illisibilité.

5 objectifs généraux :
1. construction d'une culture commune à tous les lycéens,
2. approfondissement disciplinaire, mais dans le cadre d'un « droit à l'hésitation et à l'erreur »,
3. volume horaire progressivement marqué dans quelques matières,
4. accompagnement continu et ambitieux des élèves,
5. supplément au diplôme qui apporte des informations complémentaires.

L'avis du SNALC

Le SNALC salue la volonté de simplicité et de lisibilité, mais la suite du rapport montre que cette volonté n'a pas été suivie d'effets.

Les objectifs affichés ne conviennent pas au SNALC. Par « culture commune », nous entendons suppression de la spécificité de la voie technologique (et en plus, ça nous rappelle le socle). Dans le « droit à l'hésitation », nous voyons le refus d'aboutir à une réelle spécialisation des élèves. L'accompagnement mentionné nous rappelle l'AP, dont l'organisation n'est actuellement pas toujours simple. Enfin, notre position sur le supplément au diplôme n'a pas varié depuis la page 12.

Le rapport souligne la nécessité pour le jeune d’acquérir de la maturité au travers d’une définition progressive de son projet d’études : à ce titre le SNALC considère que le droit à l’erreur pourrait parfaitement s’exercer au travers d’un redoublement assorti d’un nouveau choix de disciplines, mieux réfléchi car fait après un essai-erreur.



Architecture générale et organisation

Onze principes et objectifs sont affichés, dont les principaux sont :
- repenser le temps de travail du lycéen, par exemple via des heures de 45 minutes, du travail en petits groupes ou des volumes horaires annuels pour certaines activités (point 1)
- davantage d'autonomie de l'établissement (point 2)
- disparition de la « distinction pratique et nominative entre baccalauréat général et baccalauréat technologique ». Culture commune aboutissant à des enseignements généraux qui seraient « globalement les mêmes » (point 3)
- mise en place « réelle et avérée d'enseignements pluridisciplinaires » (point 6)
- proposer davantage les options, notamment dans les établissements difficiles ou à faible densité urbaine (point 7)
- « systématiser la contribution de l'enseignement supérieur » et des « mondes professionnels », par exemple via des cours de découverte de disciplines nouvelles (point 9)

Le rapport affirme dans cette section s'inspirer d'éléments qui fonctionnent ailleurs : les semestres dans les lycées professionnels, ou bien encore l'oral du DNB.


L'avis du SNALC

Pour le SNALC, presque tout est à jeter dans cette partie (même si le renforcement des options nous irait bien. La suite du rapport sur ce point est hélas décevante). La philosophie du projet proposé est contradictoire avec celle que le SNALC porte et défend, et vise à déconstruire la voie technologique, le cadre national et même les heures de cours.


L'organisation du nouveau lycée, cadre général (p. 26 à 30)

Trois unités d'enseignement et de formation proposées tout au long des 3 années :
1. l'unité générale, qui correspond au tronc commun (avec des variations possibles entre les 3 ans) ;
2. l'unité d'approfondissement et de complément, qui correspondent aux choix des élèves → Majeure, mineure et mineure optionnelle ;
3. l'unité d'accompagnement, qui correspond en gros à l'AP actuel, avec un volant d'heures annualisées.


Un nouveau rythme : le semestre. 6 semestres sur l'ensemble du cursus, permettant une « relative continuité » et d'avoir davantage d'évaluations dans les bulletins. Certains enseignements pourraient changer d'un semestre à l'autre (donc en cours d'année), impliquant d' « agir sur le rythme de travail des enseignants ». Le rapport envisage que les élèves fassent leurs choix à l'année N-1 pour les 2 semestres du l'année N, permettant d'anticiper les horaires des enseignants (avec des variations possibles entre les deux semestre) et la constitution des emplois du temps

Le tout s'appuie sur une « autonomie régulée » par le conseil pédagogique, qui inviterait plus souvent les parents et les élèves à participer aux réunions. Le rapport ne propose pas de grilles horaires.

Enfin, une partie de l'offre de formation pourrait être organisée en réseaux d'établissements, et même via des moyens numériques. Des groupes de compétences pourraient être envisagés dans certaines disciplines (LV…).


L'avis du SNALC

Le projet du SNALC comporte lui aussi un tronc commun et des disciplines choisies et approfondies par l'élèves, donc le schéma général ne nous pose pas de souci. En revanche, l'organisation de semestres différenciés est une monstrueuse usine à gaz et aurait de graves conséquences sur les conditions de travail des professeurs (annualisation), des personnels de direction (deux emplois du temps très complexes à construire par année) et des personnels de vie scolaire (difficulté à identifier quel élève est où à quel moment).

Le SNALC s'oppose donc à cette organisation en semestres différenciés qui implique d'annualiser les services des professeurs, à l'accroissement de l'autonomie de l'établissement dans l'organisation des enseignements, au rôle que l'on veut faire jouer au conseil pédagogique et à la proposition d'y faire siéger régulièrement des parents et des élèves. Quand à l'utilisation du numérique pour offrir certains enseignements dans un lycée… est-on bien sérieux ?


La classe de seconde (p.31 à 33)

Tests de positionnement à l'entrée en seconde. 1er semestre de tronc commun et spécialisation au second semestre pour « colorer » le parcours. Des passerelles dans tous les sens au milieu de l'année, donc réorientations possibles entre janvier et février, y compris avec la voie professionnelle.

SEMESTRE 1 (27h obligatoires)
Tronc commun (25h) : Français, HG, EMC, Anglais, LV (comprendre qu'il y a 2 LV dont forcément l'anglais), SES, Maths-Info, Sciences (P-C + SVT), EPS
Option (horaire actuel) : 1 seule option peut être choisie. La section européenne est une option.
Accompagnement (2h)

SEMESTRE 2 (28h obligatoires)
Tronc commun (19h) : Français, HG, EMC, Maths-Info, Anglais, LV, EPS
Spécialisation (7h + option éventuelle) : 2 majeures parmi SES, PC, SVT, SI, Littérature. 1 mineure parmi les majeures non choisies + PFEG, sciences de labo, MPS, CIT, ISN, Arts appliqués… Poursuite de l'option du semestre 1.
Accompagnement (2h)

Proposition de renommer les SVT en SVTE (Environnement).

L'avis du SNALC

L'horaire annuel global proposé (27,5h hors option) est inférieur à l'horaire actuel (28,5h). Le SNALC s'oppose à toute perte horaire, qui dissimule en réalité des suppressions de postes.
Pour le SNALC, les deux semestres différenciés sont trop compliqués, et les choix de l'élève faits en fin de 3e devraient avoir un impact dès le début de l'année de seconde, et non au milieu.
Le SNALC refuse le rejet des enseignements technologiques sur une seule moitié de l'année, ainsi que la potentielle globalisation de l'horaire de P-C et SVT (dont le nom est très bien comme ça). Le SNALC s'interroge sur la non présence des LCA dans la partie « majeures/mineure » du semestre 2.
Le SNALC demande qu'un élève puisse prendre deux options avec un maximum de 6h pour l'ensemble. Il refuse que la section européenne bloque le choix d'une « autre » option.


L'organisation du cycle terminal (p.33 à 43)

Un tronc commun (unité générale) organisé autour de 5 « domaines de compétences (en fait 6 : ancrage historique et territorial, sciences, langue, international, corps, réflexion sur le monde). Horaire qui diminue entre la première et la terminale. On pourrait regrouper les élèves suivant qu'ils suivent ou non des majeures scientifiques.

Une spécialisation (unité d'approfondissement et de complément) dont l'horaire augmente entre la première et la terminale. Deux disciplines « majeures », deux disciplines « mineures » différentes des majeures ou identiques à elles → on peut prendre majeure « HG/SES » et prendre HG et SES en mineure pour renforcer l'horaire de chaque discipline). Toujours 1 option possible en +.

Il est possible de changer ses mineures chaque semestre, et changer une des deux majeures entre la première et la terminale. Des « périodes de rattrapage » seraient organisées dans le lycée pour permettre à l'élève de se mettre à niveau dans la nouvelle discipline.
15 à 17 couples de disciplines majeures seraient proposés au niveau national : 7 « technologiques » (correspondant grosso modo aux séries actuelles), 4 « sciences et ingénierie » (Maths/PC, SI/Maths, SVTE/PC, Informatique/Maths), 5 « lettres-humanités-société » (Maths/SES, SES/HG, Littérature/arts, littérature/LCA, Littérature étrangère/LVA ou LV2). La liste n'est pas arrêtée : le rapport propose quelques autres possibilités.
D'autres couples pourraient être proposés localement, en associant deux disciplines non associées nationalement, y compris des couples discipline générale/discipline technologique.
Toutes les disciplines pourraient être prises en « mineures », y compris les disciplines technologiques pour tous les élèves.
On pourrait toujours suivre une unique option en +.

De l'accompagnement (3h/semaine). Il ne pourrait plus être le lieu de « cours classiques ». Il s'appuierait sur les ressources numériques (Mooc, visio-conférence, skype…), entre autres pour y permettre la « présence régulière de l'enseignement supérieur ». Proposition de s'appuyer sur les cordées de la réussite et de « proposer aux élèves de réfléchir à la place qu'ils souhaitent occuper dans la société de demain ».

PREMIÈRE — SEMESTRES 3 et 4 (28h ? 30h?)
Tronc commun (15h) : Français, HG, Anglais, LV, Maths-Info, EPS
Spécialisation (horaire non indiqué + option éventuelle) : un couple de deux disciplines majeures + 2 disciplines mineures identiques ou différentes des majeures + une option éventuelle.
Accompagnement (3h)

TERMINALE — SEMESTRES 5 et 6 (30h)
Tronc commun (12h ?) : Philosophie, HG, Anglais, LV, Culture et démarche scientifique, EPS
Spécialisation (15h + option éventuelle) : un couple de deux disciplines majeures + 2 disciplines mineures identiques ou différentes des majeures + une option éventuelle.
Accompagnement (3h)


L'avis du SNALC

Le SNALC juge ce projet incroyablement complexe. Le papillonnage dans les mineures à chaque semestre (et même dans les majeures entre première et terminale) n'est pas acceptable si l'on veut réellement spécialiser davantage les élèves pour leur éviter l'échec à l'entrée dans le supérieur. Le SNALC ne voit pas comment on va pouvoir établir des programmes et des emplois du temps qui n'explosent pas en vol.

Pour le SNALC, les horaires proposés semblent peu cohérents : comment faire tenir les 6 disciplines du tronc commun de terminale dans 12h seulement ? Comme le dit le rapport lui-même : « il pose sans doute un problème de volume horaire d'ampleur suffisante par discipline » (sic).

Si le SNALC est intéressé par des filières plus variées, il trouve l'ensemble trop stéréotypé (pourquoi les arts n'iraient-ils pas avec d'autres disciplines, par exemple ?). Finalement, on retrouve S/ES/L (avec la voie technologique qui peut s'y mélanger on ne sait trop comment), et donc on retrouvera immanquablement les problèmes d'affectation actuels.

Le SNALC redoute la disparition à terme de la voie technologique, englobée dans le schéma général et « modularisée » dans les mineures et même dans les majeures.

Le SNALC rappelle que son projet de lycée de tous les savoirs est beaucoup plus simple, spécialise davantage les élèves pour l'entrée dans le supérieur et préserve la voie technologique, très malmenée ces derniers temps.

Enfin, le SNALC se demande ce qu'on va bien pouvoir faire 3h par semaine en accompagnement, surtout s'il est désormais interdit d'y faire cours.



Recommandations complémentaires (p.44 à 48)

Le rapport propose 8 recommandations annexes, telles que « modifier les rythmes des enseignants et de l'administration », faire du numérique une priorité majeure via un « Plan Marshall » (davantage de points dans les programmes des autres disciplines, création d'une agrégation d'informatique…), proposer des formations spécifiques ou encore développer les lycées polyvalents.

L'avis du SNALC

Tout n'est pas à jeter dans cette partie (préserver les sections binationales, poser la question de qui enseigne l'informatique), mais la plupart des propositions sont à l'opposé de ce que défend le SNALC. Très clairement, on y retrouve l'annualisation, les formations formatages (« classe inversée, classe renversée ») et le développement de passerelles dans des LPO (« enseignement secondaire inclusif ») qui se transformera vite, si l'on n'y prend garde, en lycée unique.

En conclusion, si le SNALC pense que ce rapport fournit une base de négociations pour le bac (mais il va falloir faire sérieusement évoluer certains points), il affirme clairement que le projet de lycée proposé ne lui convient pas, dans sa philosophie et son organisation générale comme dans de très nombreux détails.







Le rapport Mathiot : fossoyeur de la voie technologique !


Par Anne-Marie Le Gallo-Piteau, secrétaire nationale à l'enseignement professionnel et technologique


Pierre Mathiot, brillant et sympathique universitaire, est le premier à convenir qu’il connaît mal la voie technologique. Et dans son rapport, il le prouve.

Déjà réduits à la portion congrue en seconde actuellement avec des enseignements d’exploration qui constituent du saupoudrage, les disciplines technologiques disparaissent purement et simplement du « fameux » premier semestre de « maturation » en seconde. Elles sont ensuite évoquées comme mettant en œuvre une « pédagogie adaptée », mais on précise qu’il est « utile, voire nécessaire, de faire disparaître la distinction pratique entre baccalauréat général et baccalauréat technologique »… Le baccalauréat doit être repensé pour une meilleure préparation au Supérieur, mais Les seuls débouchés envisagés tout au long du rapport sont universitaires : aucune mention des BTS et DUT, pourtant poursuites classiques et majoritairement couronnées de succès pour les élèves de la voie technologique, qu’elles relèvent des « sciences dures » ou des « sciences molles ».

Nous ne méconnaissons pas les difficultés que connaissent les STMG avec des orientations massives d’élèves non motivés. Mais il ne faut pas pour autant oublier les réussites tant en BTS qu’aux concours après une prépa : le bac STMG constitue une véritable chance pour des élèves motivés et travailleurs auxquels cette pédagogie convient. Nous sommes donc favorables à des associations de majeures et mineures atypiques visant à valoriser la filière technologique tertiaire, telles que économie-gestion et art.

Pour les STI2D, il nous paraît impératif de ne pas ajouter de nouveaux bouleversements, mais d’offrir des associations originales avec des disciplines littéraires ou des langues vivantes notamment.

Quant aux autres spécialités technologiques, elles ont une personnalité tellement marquée qu’il semble parfaitement aberrant de les diluer dans un bac devenu banal : laissons les élèves choisir des options nouvelles en plus de ce qui les identifient sans détruire le système.

Aucune grille horaire ni schéma de structuration des parcours pour se repérer dans un projet dont la complexité n’a d’égal que l’optimisme et l’irréalisme. On nous intime depuis longtemps l’ordre de faire faire aux élèves des travaux de groupes pluridisciplinaires au motif que le monde du travail va l’imposer à nos élèves quand ils deviendront salariés, particulièrement dans la voie technologique. On omet par là-même un fait majeur : aucun salarié n’est évalué en groupe sur aucun projet. Pourquoi devrions-nous le faire pour nos élèves ? C’est pourtant ce que la recommandation qui définit trois temps de travail pour l’élève dont un consacré au travail en groupe exige de nous.

Bref, nous invitons Monsieur le Ministre à la plus extrême prudence devant des propositions qui se veulent « disruptives » et négligent dangereusement le fait que la voie technologique a déjà subi des bouleversements spectaculaires dont les cicatrices sont à peine refermées et surtout qu’elle constitue une voie de réussite pour une majorité : le SNALC défendra avec sa pugnacité habituelle les trois voies du lycée, la voie technologique comme les deux autres. Comptez sur nous !




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