PPCR CHAIRE SUP : une procédure honteuse

PPCR CHAIRE SUP : une procédure honteuse

Une procédure honteuse

…mais qui n’aura sans doute qu’un temps

Dans le cadre du PPCR, le ministère du précédent gouvernement a procédé à la création d’une classe exceptionnelle pour quasiment tous les corps d’enseignants. Tous, sauf… les professeurs de chaire supérieure. Victimes une nouvelle fois de la vindicte de l’ancienne ministre de l’Éducation, ils n’avaient d’autre choix pour accéder à l’échelle-lettre B que de réintégrer le corps des Agrégés.

Cette procédure, inédite dans la fonction publique, consistant à régresser de corps pour voir progresser son traitement fixe, était ressentie à juste titre comme une mesure vexatoire par de nombreux Collègues. Fiers d’avoir accédé par leurs mérites au corps des professeurs de chaire supérieure, ils ne comprenaient pas la nécessité de le quitter.

Le SNALC partageait cet avis, largement exprimé par les responsables des associations de professeurs de CPGE, et s’est opposé dès l’origine avec vigueur à une mesure qu’il a qualifiée d’inacceptable, scandaleuse, ubuesque, mesquine, irresponsable. Elle créait en effet un monstre réglementaire que le SNALC n'a cessé de combattre.

Outre ces aspects moraux et réglementaires, le point de vue financier est loin d’être négligeable : le retour au corps des Agrégés s’accompagne d’une diminution de 18% des heures supplémentaires et des heures d’interrogation, de sorte que le gain financier est réduit d’autant, et le professeur peut même subir une perte nette de revenu.

Certes, l’augmentation de la part fixe du salaire implique en principe une augmentation de même taux de la retraite : encore faut-il que le professeur ait pu accéder à temps à la classe exceptionnelle, que le temps passé à l’échelle-lettre B soit suffisant, et que le mode de calcul de la pension ne soit pas modifié.

Mais l’argent n’est pas tout. Renoncer à être professeur de chaire supérieure, c’est abandonner un corps de professeurs dont la vocation est d’enseigner en classes préparatoires pour un corps ouvrant la possibilité d’une affectation dans l’enseignement secondaire, notamment en cas de fermeture de la classe d’exercice.

Contrairement au SNALC, qui a voté en CTMEN contre la revalorisation en trompe-l’œil que constitue le PPCR, d’autres syndicats l’ont approuvé, y compris dans les dispositions concernant les professeurs de chaire supérieure : ils portent ainsi la lourde responsabilité d’avoir laissé se créer une situation dans laquelle ceux-ci peuvent, mais au prix fort, accéder aux échelles-lettres B. Tandis qu’ils s’en contentaient, le SNALC réclamait sans relâche une classe exceptionnelle spécifique pour les professeurs de chaire supérieure, comme l’ont obtenue les médecins scolaires, autre corps de catégorie A+ et d’échelonnement indiciaire comparable.

C’est le SNALC qui avait raison : l’annonce faite hier par le ministère de la création d’un échelon contingenté atteignant l’échelle-lettre B pour les professeurs de chaire supérieure, sous réserve de l’accord de Bercy, est le résultat de son insistance et de son intransigeance, bien plus que celui de la complaisance et de la compromission d’autres syndicats.

Loïc BERTRAND
Commissaire paritaire national chaire supérieure
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